YAOUNDE 1972: les Diables rouges champions pour l’éternité

«Qui l’aurait cru, qui l’aurait cru la république populaire du Congo est championne de la coupe d’Afrique des nations de football» disait l’incontournable journaliste Ghislain Joseph Gabio, aux cotés du talentueux et complice Germain Bisset, avec une voix éraillée par la joie d’une victoire historique. Que venait de signer l’étonnante et géniale équipe Congolaise menée par le brillant entraîneur Adolphe Bibandzoulou Amoyen et ses acolytes Oba, Mayala. Et sous l’œil clairvoyant de l’excellent président de CSSA Jean-Claude Nganga et sous l’empire magique du Président de la Fecofoot Gilbert Thomas Manckoundia. Cette figure mythique qui a su par sa force serpentine et pouvoir envoutant dénouer le football congolais des lianes de l’insuccès pour le culminer au pinacle de la gloire continentale. Le sacre est venu après une disette et un long silence qu’a connu notre football d’alors. Malgré les talents notoires et toute la génération dorée d’hier remarquable: (Jadot, Moulélé, Bikoudi Bistouri, Ndé, Foutika, Tchikaya, Elastique, Lipopo, Akouala, Essengo, Marcel Koko«Labeth», Piantoni, Jean-Pierre Elouma, Ombélé, Germain Gavaud«Moteur», Hervé-Fortuné Mayanda, Gilbert Makouana «Bolida», Habib Tall, Désiré Mayala«Larbi», Armand-Bérulle Ambara, Omer Péna, Mamboma, Ibouili «Vickas», Ossenguet, Makosso«Pazur», Jean-Claude Nzaou«Jonquet», Félix Foutou, François Yamba «taille-basse», François Poaty «Dolido», Gilbert Poaty«Hidalgo», Raphaël Bibakoudi«Gelvins» et Maurice Ondzola «Fontaine»…)

Les Diables rouges, champions d’Afrique des nations 1972 1er rang: Amoyen, Matsima, Mboungou, Tandou, Oba et Mayala 2ème rang: Ndoulé Ryno, François Mpélé, Mbono, Mbemba Thorey, Moukila, Mayanda, Bahamboula Tostao et Matongo Soucous. 3ème rang:Poaty Hidalgo, Minga Pépé, Baleckita, Mfoutou et Ongagna. 4ème rang: Samba, Boukaka, Niangou, Dengaki, Ndolou et Ngassaki.

De la CAN 1972 à CAN 2012, il y a exactement quarante ans. A l’heure de la commémoration des festivités de ces quarante d’ans d’anniversaire, il m’est loisible de revenir à cette victoire monumentale qui est resté à tout jamais graver dans la mémoire collective. Une opportunité pour saluer et remercier encore davantage tous les artistes-joueurs d’autrefois, ces héros de l’épopée qui ont largement contribué à cette œuvre gigantesque.


Final CAN 1972 : Congo-Brazzaville vs Mali par nesga
Une équipe phénoménale
En effet, rien n’était destiné à cette équipe nouvelle que les détracteurs qualifiaient déjà des fantômes et des simples touristes. Car notre nation à l’époque traversait une sombre page footballistique. Malgré son passé élogieux il parcourait au seuil de l’année 72 un sinueux désert que les connaisseurs d’autrefois ne donnaient aucune chance de réussite. Ainsi, c’est avec cette étiquette d’un outsider que la nation Congolaise va fouler la terre camerounaise à la quête de gloire et de prestige.
Mais il était sans compter que cette jeune équipe va surprendre tout le monde par ses qualités tactiques que techniques que l’entraineur congolais va insuffler à cette composition rentrée dans les annales du Football : les onze mousquetaires ou la légende équipe des épopées des Diables rouges que toute l’Afrique nous envia jadis. Elle alignait au but Matsima maxime «Yachine», en défense Ndéngaki, Niangou, Ngassaki et le Capitaine Ndoulou; au milieu du terrain il y avait Minga Pépé et Baleckita«Claise-Zézé» et enfin en attaque, Mbemba Jonas Tostao, François Mpélé, Mbono le sorcier et Matongo Soucous,….une équipe brillante et solide qui va marquer de son empreinte une finale phénoménale que l’histoire même du continent gardera dans les archives en publiant un disque de vinyle pour la postérité et un CD récemment sorti par Joseph Gabio.
Cette équipe va bénéficier de l’apport de trois joueurs venus droit de l’Europe: Matsima pour les études, de Baleckita et de Mpélé en ligue II français. C’est ce mélange des nationaux et ceux de l’Europe notamment de l’hexagone que les poulains d’Amoyen vont renverser la pyramide footballistique de l’Afrique. A l’époque le championnat nation affichait une bonne santé et les nouveaux recrus d’horizons divers vont donner à cette mayonnaise sportive congolaise un gout exquis. A l’instar du jeune et talentueux Mbemba Tostao venu de Diable noir et de son complice ou alter égo Matongo Soucous. Qui vont d’emblée mener un duo d’enfer et donner à cette équipe une dose de nouveauté et de progrès. Une animation offensive sera née avec l’appui de l’expérience et du génie de François Mpélé épaulé par la vision lumineuse du jeu des deux milieux défensifs et baroudeurs qu’étaient Minga Noël Pépé et Baleckita Eusébio. Sans oublier l’imprévisible et l’inattaquable Mbono le sorcier. Un rideau défensif sera soudé par l’inamovible gardien Matsima et par ses deux arrières de champ que furent l’impassible Niangou qui deviendra à l’issue de cette victoire le dénommée Yaoundé et le vaillant Ndengaki. Comme stoppeur invincible Ngassaki ZEUS et le libéro serein Jacques Ndoulou. Mais cette équipe était composée des remplaçants de luxe comme: Moukila sayale le prodige qui sera couronné ballon d’or africain avec Cara, Tandou, Mfoutou, Ongagna Excellent, Samba, Boukaka, Mboungou, Ndouli Ryno, Mbemba Thorey, Mayanda…

Une finale inoubliable
Devant l’équipe Malienne d’anthologie amenée par l’incontournable Salif Kéita, les Diables rouges livraient un match fabuleux que le chroniqueur vanta héroïquement. Voir l’extrait: http://www.dailymotion.com/video/x36ug0_final-can-1972-congo-brazzaville-vs_news
A cette époque le football africain était à l’orée de la phase qu’intégrèrent les joueurs africains évoluant dans les championnats Européens. Notamment en France. A Yaoundé 72 les Diables rouges pilotés par François Mpélé créa la surprise du siècle. Lors de cette finale inoubliable les congolais développèrent un jeu impressionnant. D’entrée de jeu ils seront surpris par un tir lointain du Malien Diakité qui se logea une pleine lucarne et l’excellent Matsima sera battu par ce boulet de canot venu d’ailleurs. Mais les Diables rouges vont se ressaisir et égaliser par le génie Mbono le sorcier et augmenter la mise par ce même géant avant-centre. Avec les dribles déroutants de Tostao, le slalom de Matongo, l’intelligence de jeu du trio magique Baleckita, Minga et Mpélé, les congolais vont tripler le score par ce dernier…..Qui anéantissait ainsi les chances des Aigles du Mali et propulsant le Congo au somment du Football Africain. Cette consécration marquera une page indélébile pour le sport congolais. Avec le score étonnant de 3à2, les Diables rouges entreront dans l’histoire, dans la légende du sport Congolais pour l’éternité. Et écriront à tout jamais leur nom sur le marbre. Une victoire énorme qui hisse le Congo au zénith du plus prestigieux trophée Africain.
Voir le résumé de l’historie de cette 8ieme édition de la coupe d’Afrique des nations tenue au Cameroun en 1972 :

NB: pour y arriver le Congo a fait un match nul avec le Maroc (1-1), a perdu contre l’ex Zaïre (0-2), a battu le Soudan (4-2) au premier tour, le Cameroun (1-0) en demi-finale et le Mali (3-2) en finale.
Yves Fernand Mantséka

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