VIVES TENSIONS APRÈS LA PUBLICATION DES CARICATURES SUR LE PROPHÈTE (QSSSL)

L’extrême droite se frotte les mains face à cette aubaine pour disqualifier l’Arabe, le musulman et l’immigré.

La publication hier, par l’hebdomadaire satirique français, Charlie Hebdo, de caricatures du Prophète Mohammed (Qsssl), a fait vibrer la France et exacerbé une situation de violence. Une situation provoquée par la sortie sur des sites Internet d’un film islamophobe intitulé «L’Innocence des musulmans» qui a entraîné des manifestations meurtrières dans plusieurs pays musulmans.

Hier, la France, pays des droits de l’homme, était tenaillée entre défense de la liberté d’expression et condamnation d’un tel excès. Ce serait de la lâcheté intellectuelle que de regarder en concédant charitablement qu’il s’agit d’un débat interne à la France. Non seulement parce qu’il s’agit de l’Islam, religion de plus 1,5 milliard d’êtres humains, mais parce qu’en France réside une très forte communauté algérienne dont le nombre dépasserait les 5 millions d’individus. Les regards seront braqués sur cette communauté. Sur son comportement et comment réagira-t-elle à cette provocation? Alors que cette affaire est déjà un sujet de tiraillements entre la droite et la gauche françaises, l’extrême droite se frotte les mains face à cette aubaine pour disqualifier l’Arabe, le musulman et l’immigré.

Une frange de la société que le Front national prédestine à la violence. Or si vendredi dernier, la rue algérienne a déçu les tenants de ces clichés, il en sera de même pour la communauté algérienne en France nourrie du droit et du respect de l’autre. Les appels à la retenue ont fusé dès la publication du numéro de Charlie Hebdo, jugé de «provocatrice». En filigrane, au moins deux idées centrales s’affrontent dans cette question. La liberté d’expression d’une part, et le blasphème d’autre part. Or, le monde musulman est face à une société occidentale où le blasphème est assumé comme une des formes de la liberté d’expression.

Quelle attitude adopter alors en pareille circonstance si ce n’est de se soustraire intelligemment de ce tourbillon abyssal? Il ne peut être autrement puisque de toute façon, ce genre de «provocation» ne cessera jamais. Mais à travers cette attitude de sagesse, il ne s’agit nullement d’accepter des provocations sous couvert de la liberté d’expression et de se taire face à des comportements violents qui remettent en cause les fondements même des relations internationales. Assassiner un ambassadeur d’un pays étranger est un acte injustifiable et il faut avoir le courage de le condamner haut et fort. L’agression des symboles de l’Islam ne date pas d’aujourd’hui. Depuis, le temps que le drapeau américain est brûlé dans les rues arabes, la fumée a fini par atteindre la lune, voire même la planète Mars, par «Curiosity».

A la seule différence que cette fois-ci, le tourbillon des nouvelles technologies de communication et des réseaux sociaux. Encore un autre tourbillon médiatique qui happe le monde musulman à la manière des révolutions qui quelques mois auparavant ont emporté leurs régimes. Dans ces incontrôlables violences, peu importe le prétexte, les observateurs le décryptent d’une fort belle manière. Ils y voient, en effet, l’expression d’un demi-siècle de frustration démocratique, de censure et de désinformation imposées par les régimes arabo-musulmans. «Ils sont aujourd’hui face à leur semence» affirme un homme politique algérien averti.

Par Brahim TAKHEROUBT

Source: lexpressiondz

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