UNE PENSEE POUR LE POETE Jean Baptiste KHUONG, Par Yves Nkodia

La vie est une école temporaire où l’homme pensant laisse une œuvre pour l’éternité. Une expression bien illustrative et éclairante de la vie résumée de mon ami et frère Jean Baptiste KHUONG(JBK) qui nous a quittés depuis bientôt quatre ans. Ce pharmacien de profession était un poète dans  l’âme et a fait de la poésie sa deuxième passion dans ce monde terrestre. Avec lui l’art poétique était avant tout une musicalité et un rythme des mots où le son à la lumière des rimes symbolisaient le parfait. Adorateur de la rime parfaite, il visait toujours l’excellence dans toutes recherches de la symétrie propre au classicisme pur. Il m’a insufflé cette dévorante passion et montré le chemin de ce sublime art de l’esprit dans la conquête de la beauté. Cette lumineuse argile avec laquelle, il façonnait les femmes pour en faire des images idéalisées. Ces miroirs qu’il contemplait sans fin pour être la symbolique beauté qu’apporte les muses aux poètes.

Un poète de la beauté

Au sujet de son magnifique poème intitulé «Sérénité», la présidente du Jury disait de cette œuvre accomplie destinée aux femmes: «Je vais peindre ce poème»!Un beau compliment venu d’un artiste dans cet art de charme et de séduction par le sens des mots que chantent la musique intérieure de l’âme de ce poète sublimé.   

Oui, JBK fut unique et incomparable dans la race indélébile des écrivains remarquables.Aux talents coruscants et éphémères. Elégant, il portait cette élégance dans son cœur qui respirait au plaisir la touchante gentillesse de ses illustres hommes éteints…et oubliés de ce siècle, si tourmenté par les multiples dictatures de ce temps de la rouille. Il symbolisait ainsi dans sa sagesse éclairée le véritable mentor. Qui a transmis son virus comme l’antique semence dans mes vers colorés… et qui s’apparentent au paysage de son monde natal asiatique.

Un chemin d’école partagé dans cette contrée Niçoise de retrouvailles où les âmes acheminées vers les mêmes prairies poétiques comme jadis. Une communion artistique où l’échange nous a aidés à retrouver les sèves antérieures que nos arbres avaient gardées depuis la nuit des temps. Une fraternité ressoudée sur les racines enfouies qui nous rappelaient les liens familiaux que nos aïeux communs ont tissés pour l’éternité. C’est cette indescriptible liaison d’amour fraternel né dans la poésie que son esprit encore vivant chante dans mon cœur et dicte ses écrits pour évoquer sa mémoire et parler de l’unité indivisible qui guide les âmes ici bas et le prolonge dans l’au-delà. Tout en le raffermissant et amplifiant davantage.  Cet irrépressible lien qui unit les esprits depuis les siècles des siècles.    

Chantre de la beauté, il était le poète de cette richesse intérieure. Et prince charmant des poètes comme son maître VERLAINE qu’il exaltait au quotidien en récitant ses œuvres les plus célèbres par cœur. Mais hormis ce  talent de cœur auquel il s’identifiait dans la pensée, il aimait par-dessus tout De NERVAL comme le géant. Disait-il sans fin. Selon lui, il incarnait le génie dans ses créations qui touchaient l’âme et l’infinie beauté de la connaissance du monde inconnu. Chez ce créateur né le symbolisme éclairait l’art de la poésie et celle-ci devenait le visible dans l’invisible du monde archétypal. Il aimait cet écrivain par ses connaissances astrologiques. Car mon ami français d’origine Vietnamienne était aussi astrologue et savait lire le destin par le signe des astres. Une deuxième passion envoutante qui illuminait sa vie et gouvernait ses pas dans cette vie où ses yeux étaient rivés vers l’horizon dentelé des éclats de lumière opale….cette fabuleuse couleur qu’il admirait et adorait à l’infini. 

Sur les traces des anciens 

Mais le choix intellectuel De NERVAL était aussi dû à la lecture de son parcours de poète révolutionnaire. Car disait-il que cet écrivain avait secoué le joug de Victor HUGO et avait préparé le terrain pour BAUDELAIRE, MALLARME et RIMBAUD. Donc un vrai précurseur dans sa vision poétique hermétique mais bien transcendantale dans l’acception du métaphysique ou spirituelle dans cet art lyrique. Ainsi, il a fait de ces deux auteurs français les maitres de pensée qui l’on suivi et accompagné dans ses recherches et créations littéraires. Ce faisant, ses travaux laissés, inspirés d’eux portent leur sceau tout en se démarquant de l’emprise ou empreinte.

C’est pourquoi à la relecture de ces quelques poèmes primés par le concours de NICE et de la ville d’AGEN,  il en découle que l’élève est devenu un maitre absolu dans son propre chemin de vie. Les nombreux prix reçus de son vivant témoignent fort de la singularité de celui que j’appelais le poète de l’amour. Car tous ses écrits  se résument à ce mot et ce concept a orienté sa vie artistique. Une dominance bien réelle et visible dans ses écrits où la beauté féminine réside dans la finalité de sa pensée.Un amour en perpétuel  quête de savoir et connaissance.

Il a été absorbé par cette lumière du monde et cette puissance indomptée que le feu éternelle n’arrive guère à consumer. Comme tous les écrivains, poètes et philosophes, l’amour comme finalité de la vie, il reste après notre bref passage une fin qu’on n’atteint jamais. Une éternité qui jamais n’achève. Malgré les maintes quête de ce graal… qui devient finalement inaccessible. C’est cette inaccessibilité que le poète parti de l’autre coté nous enseigne et lègue comme message. Un message à méditer en ce jour de quatrième anniversaire de sa mort. Comme toutes  ces âmes qui ont quitté ce monde leur esprit continue de nous parler dans leur œuvre de rénovation rédemptrice. 

Au tréfonds de mon cœur, son souffle poétique devient au jour le jour un souffle prophétique qui montre ô combien seul l’amour sauvera le monde.  Et le monde trouvera la voie de sortie par cette valeur millénaire qui ouvre les portes du bonheur. Et de l’éternité qui nous attend tous….fils de celui qui est. Au lointain se rentrouvrons tous ceux pour qui l’amour est le rayon d’une coïncidence mystérieuse.Eternel repos à toi. Mon cher ami et poète énigmatique.

 Voici le poème primé 

                «Sérénité»

Un ange voulait souligner la paix du soir, 

Au pays natal emmuré dans le silence 

Qu’elle était douce la brise amenant l’espoir! 

Inaltérable parfum de votre présence. 

Votre regard reflétait un monde enchanté, 

Mystique beauté d’un songe qui ne s’achève 

En vos yeux a persisté l’éclat de l’été, 

Un grand amour existe à l’aube d’un grand rêve. 

Aimeriez-vous voir Venise quand vient la neige? 

La chanson des saisons sous son manteau d’hiver

Remerciant le destin pour son privilège 

Mon cœur près de vous ne connaît de jour amer. 

Les clartés de la vie aux chemins solitaires 

Sereinement devant le ciel et l’océan, 

Révèlent dans l’enchaînement des millénaires 

L’immensité d’amour au loin des flots de sang.

Source:ynkodia.unblog

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