Une escroquerie dénommée « démocratie »

« En Afrique, ce sont les dictateurs qui empêchent le développement. L’Afrique ne se développe pas parce qu’il n’y a pas la démocratie. Lorsque les pays africains auront l’alternance au pouvoir, alors on verra le vrai décollage du développement ». Voilà un ensemble de refrains de mensonges qu’on entend depuis les années 90 venant de la part des Occidentaux. L’objectif affiché est celui de détourner l’attention des Africains des vrais enjeux de la souveraineté effective des pays africains. Et de continuer de rester dans la position de subalternité de receveur de leçon qui devra donc se prosterner pour savoir comment fonctionne cette prétendue démocratie et surtout, comment réussir à s’y conformer.

Au lieu de s’engouffrer dans une telle tromperie comme une baguette magique qui viendrait résoudre tous les problèmes, les Africains auraient dû d’abord se demander qu’est-ce que la démocratie dont on leur parle tant ? Pourquoi ceux qui l’invoquent tant ne l’ont pas appliquée durant leurs 77 ans d’occupation du continent africain? Est-elle cette baguette magique dans les pays de ceux qui veulent l’enseigner aux Africains? Un simple tour averti dans les pays concernés aurait très vite révélé aux Africains que cette démocratie n’est en fait qu’un bluff pour esclavagiser leurs propres populations. Nous allons voir comment sous 3 angles différents : l’étymologie, la confusion public/privé et la crédibilité des institutions :

DÉFINITION:

La démocratie n’est pas un système politique, ni un modèle de constitution. La démocratie n’est rien, tout simplement parce qu’elle n’existe pas. Et que dire des pays qui se sont autoproclamés « pays démocratiques » ? C’est du pur bluff. Pour le vérifier, il suffit de leur demander ce qu’est la démocratie. On est surpris de constater qu’ils vont donner autant de réponses que de pays, autant de réponses que de personnes à qui l’on pose la question. Il n’existe aucun consensus pour fixer la ligne directrice de ce que devrait être une démocratie; on se contente donc des définitions que chaque personnalité forte a pu émettre au cours des siècles. Ainsi, le dictionnaire définit la démocratie comme « le Gouvernement où le peuple exerce sa souveraineté ». Mais, ironie du sort, un pays comme l’Italie où la dette publique détenue par les fonds dénommés « souverains » étrangers représente 120% de la richesse nationale jouit-elle d’une quelconque souveraineté ? On peut tout aussi constater que dans leur définition officielle, la démocratie est une affaire de Gouvernement et non de pays. Ce n’est pas un détail anodin, puisque un gouvernement change, un état non. La démocratie n’est donc pas une fin et par conséquent on ne peut nullement parler d’un état « démocratique ».


– pour l’ancien président américain Lincoln, « la démocratie serait le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ».

– Roosevelt répond à cette question dans son livre « Combats pour demain », où il définit la démocratie comme étant le fait de maintenir les balances de la justice égales pour tout le monde. Vu sous cet angle, c’et raté pour Roosevelt, parce que le système de fonctionnement de la très coûteuse justice américaine donne un grand pouvoir aux avocats de la défense et comme ce sont en effet les riches qui peuvent se permettre de bons avocats, ce sont donc eux qui gagnent les procès et ce sont par, conséquent, les pauvres qui se retrouvent en prison.

– Henry Ford dans son livre autobiographique « Ma vie et mon œuvre », définit la démocratie comme étant « un système politique qui donne à tous les mêmes chances de réussite » mais l’industriel américain n’oublie pas d’ajouter un petit détail qui change tout le sens de sa phrase : « selon les capacités de chacun ». Et il ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Il va compléter sa pensée en mettant les jalons de la démocratie américaine lorsqu’il nous explique ce qui est, selon lui, le contraire de la démocratie : tout système où l’état partage à tous les citoyens, les richesses qu’on aurait dû réserver uniquement à ceux qui peuvent prouver de les mériter, à ceux qui peuvent les arracher par leur mérite. Pour Ford, l’autorité, le commandement politique ne peut pas être laissé au nombre, à la masse, mais exclusivement au mérite.

Dans la première partie des déclarations de l’industriel, sur l’égalité des chances, il s’agit bien évidemment d’un bluff, d’un mensonge portant à criminaliser et culpabiliser les pauvres en disant que s’ils sont pauvres, c’est bien leur faute, c’est à cause d’eux mêmes, c’est parce qu’ils sont stupides. La vérité est qu’on ne peut pas parler de mérite sans au préalable se demander si tous les citoyens partent dans les mêmes conditions. Ce n’est pas parce qu’on prétend que la course est de 100 mètres et qu’on décerne des médailles pour officialiser les résultats que cela va nous faire perdre de vue le fait de savoir si tout le monde était parti de zéro et au même moment. Sans cela, il s’agit d’un mérite purement de propagande, d’une course où certains partiraient en cachette à 50 mètres, d’autres à 90 mètres pour arriver au même point final de 100 mètres. La conséquence de tout ceci est que ce modèle démocratique offre aux États-Unis d’Amérique un triste record du nombre de citoyens américains en prison. Dans le monde, un prisonnier sur 4 est américain. Le vrai paradoxe de cette démocratie est qu’il s’agisse d’une valeur absolue et non d’une valeur relative, et à titre d’exemple, il existe plus d’Américains privés de liberté que de Chinois: selon les Nations Unies en 2010, dans le pays de la démocratie du mérite, (USA) il y avait 750 prisonniers sur 100.000 habitants, contre 110 prisonniers chinois sur 100.000 habitants, soit environ 7 fois plus.

Quant à l’autorité politique elle est en parfaite contradiction avec Lincoln, car ici le gouvernement du peuple ne peut être exercé par le peuple, mais par une minorité de privilégiés.

Au delà de la façon folklorique du président américain de sauver l’Afrique avec des bombes, il me plait de me poser une question : est-il souhaitable d’importer le modèle de la société américaine en Afrique? La réponse sans équivoque est 100 fois NON. Et nous verrons pourquoi.
  ÉTATS-UNIS D’AMERIQUE

S’il existait une démocratie dite occidentale, celle-là proviendrait tout droit des Etats Unis d’Amérique, non seulement parce que l’indépendance américaine est un moment crucial dans la vie des nations, mais aussi parce que, c’est le premier cas dans l’histoire moderne où le colonisé réussit à son tour à coloniser ses anciens colonisateurs et leur imposer son modèle de société. C’est la Seconde Guerre Mondiale qui donne aux Etats-Unis d’Amérique l’occasion de prendre sa revanche sur l’Europe, d’abord par son intervention militaire et ensuite par son financement de la reconstruction de la partie occidentale de l’Europe avec le fameux plan Marshall. Pour parler de la démocratie européenne, il faut d’abord comprendre l’esprit de son patron.

Le modèle de société aux États-Unis est un système de bluff démocratique, où on donne l’illusion au peuple de compter. Ceci permet d’instaurer une véritable dictature des oligopoles, des grands groupes dont la maximisation du profit est le seul objectif. Les États-Unis d’Amérique incarnent à la perfection la modernisation du modèle d’économie basée sur la déportation et l’asservissement des africains. Le système a inventé un mot magique qui s’appelle la RENTABILITÉ, qui réussit aujourd’hui à pousser le peuple vers la peur de la misère et donc prêt à accepter tout le diktat du système. C’est un modèle qui atteint le maximum de l’immoralité lorsque ce sont les mêmes profiteurs qui ordonnent à l’état la privation des citoyens de leur liberté, pour remplir leurs prisons privées et les rendre encore plus riches. C’est ce qui explique la première place non enviable décrite plus haut du pays fait d’un peuple de prisonniers, où une élève de 10 ans vient d’ailleurs d’aller en prison dans l’état du Texas pour avoir désobéi à son enseignant à l’école. Qu’importe son passage en prison ait enrichi encore plus le propriétaire de la prison qui l’a accueillie. Il y a pire. Les lois sur l’immigration clandestine ont été durcies par les propriétaires de prisons, afin d’avoir plus de clients, plus de reclus venant des pays convaincus d’être pauvres et donc plus de profit.

GRECE
La Grèce, berceau de la démocratie, a voté le 17/06/2012 pour la deuxième fois en un mois, parce que la première n’avait pas pu départager les partis: le peuple confus et empêtré dans une crise économique qui n’en finit pas n’a pas été suffisamment lucide pour choisir les partis devant gérer sa faillite, comme on le ferait pour une entreprise en train de déposer le bilan.

La descente aux enfers de la Grèce démarre le jour où ce pays accepte de rester sous le contrôle américain. L’économie grecque était florissante jusqu’au jour où elle accepte la prétendue aide des Etats-Unis, qui, comme toute aide américaine, ne sert jamais à libérer un peuple, mais à le mettre dans le modèle de servitude américaine. C’est en effet l’argent du plan Marshall qui a transformé la Grèce après 60 ans en un pays avec une économie complètement en lambeaux. Comment en est-on arrivé là ?

L’économiste américain Tiler Cawen, auteur de la rubrique « Economic Scene » dans le journal The New York Time, établit clairement le lien entre « la conditionnalité » de l’aide du plan Marshal et la fragilité économique européenne de nos jours, plan qui a donné l’illusion de développer les pays européens, mais qui au bout n’a servi qu’à dynamiser l’économie américaine et casser la probable concurrence qui aurait pu venir de l’Europe. Comment ne pas lui donner raison, lorsqu’on constate une vérité des plus troublantes :

la Grèce qui exportait 17.000 tonnes de tabac par an vers l’Europe jusqu’en 1947, année du plan Marshall, voit ce chiffre divisé par 7 l’année d’après pour passer à 2.500 tonnes dès 1948, réduisant à néant le potentiel agroindustriel grec pour laisser la place à l’hégémonie des entreprises concurrentes américaines. Les experts de Washington sont venus expliquer aux Grecs que leur pays était si beau qu’il était dommage de le gaspiller avec des usines, et qu’ils pouvaient gagner beaucoup d’argent sans rien faire, juste en construisant des hôtels pour attendre les touristes. Ajoutées à cela deux familles qui ont fait la pluie et le beau temps en s’alternant au pouvoir dans ce cirque bien orchestré appelé ELECTIONS, on arrive à la situation de la tragédie grecque de nos jours. Lorsque le 14/06/2012, le président américain Obama dit qu’il a un plan pour l’Afrique, c’est en chœur que le continent doit refuser son aide. Si on s’en est sorti jusqu’ici sans son aide, on peut continuer.

FRANCE
La France est l’une des colonies américaines en Europe les plus assidues. Cette colonisation démarre avec une tache, une zone d’ombre sur la période de la Seconde Guerre Mondiale, A savoir, comme pour les Italiens, l’impossibilité pour les français de répondre à la question : la France a-t-elle gagné ou perdu la guerre ? La réponse aurait dû être qu’elle a perdu la guerre, car cela aurait permis à toute une société de se remettre en question, de remettre en cause tous ses fondements, sa très voire trop facile mise sous tutelle par l’Allemagne nazie et tout le réseau de collaboration et de sympathie dont cette dernière a bénéficié sur le sol français.

Mais comme la réponse officielle à cette question a été la victoire, cela a signifié l’acceptation psychologique pour la France de cesser d’être elle-même pour devenir américaine. Car il est évident que si le pays libéré qu’était la France pouvait s’asseoir non pas à la table des victimes ou des perdants, mais des vainqueurs, au point même de bénéficier d’un poste de membre permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies, il est effarant de constater à quel point l’amnésie de tout un peuple les a poussés à ne jamais se poser la question POURQUOI ? Pourquoi toute cette magnanimité américaine ? En échange de quoi, les Américains, qui ne font jamais rien pour rien, ont-ils fait cela pour un pays qui sorti affaibli de la guerre, n’avait aucune force pour revendiquer quoi que ce soit ? Les États-Unis d’Amérique étaient tout simplement intéressés par la mise sous tutelle de la France et de la Grande Bretagne afin d’en contrôler indirectement tout leur empire colonial mondial.

Mais ce que les Américains n’ont pas considéré, c’est qu’ils ne soient pas les seuls à vouloir profiter de la faiblesse de la France et du Royaume Uni mis à nu par les 6 ans de guerre, puisque l’explosion de mouvements d’émancipation et d’indépendance ici et là, du Cameroun au Vietnam, en passant par Madagascar, l’Algérie et l’Inde va compromettre leurs plans. Les Français vont vite comprendre au Vietnam qu’ils ne sont devenus que l’ombre d’eux-mêmes, véritables épouvantails agités par les États-Unis dans les pays sous tutelle française.

C’est ce qui va expliquer que les États-Unis prennent le relais de la France humiliée à la bataille de Dien Bien Phu en 1954 et contrainte à mettre fin à son occupation coloniale du Vietnam en signant malgré elle les accords de Genève. Les Américains qui n’acceptent pas de voir leur protégée, la France, humiliée de cette façon, et qui accessoirement veulent empêcher une montée du communisme en Asie, vont déclencher une guerre qui durera 20 ans avec un bilan catastrophique de 52.000 soldats américains tués, 400.000 morts pour leurs alliés Sud-Vietnamiens et 900.000 morts Nord-Vietnamiens, mais qui sont victorieux sur les Américains, contraints à la signature à leur tour des accords de paix de Paris le 27 janvier 1973. Ils vont partir finalement du Vietnam, mais sans leurs armes qu’avec malignité, ils laissent à leurs alliés Sud-Vietnamiens qui vont continuer de se battre avec l’aide des instructeurs militaires Français qui ne seront complètement défaits qu’avec la capitulation de Saigon le 30 Avril 1975.

Cet événement tragique va sceller définitivement le sort de la société française à une américanisation forcée. Les 52.000 soldats américains, tombés sur le sol Vietnamien pour le compte de la France va coûter très cher à ce pays. C’est le début de la culture de l’illusion selon laquelle on peut s’enrichir sans rien faire, sans transpirer. C’est la financiarisation de tout ce qui bouge. Même le premier gouvernement socialiste en 1981 va suivre la vague: la politique doit d’abord être un spectacle télévisuel où l’on vend les promesses comme on vendrait la lessive. Les socialistes au pouvoir vont privatiser dans cette lignée la toute première chaîne de télévision (TF1), encenser le magnat sulfureux Berlusconi pour en créer une autre privée : La 5.

Et la politique-spectacle à l’américaine peut démarrer : la classe politique s’organise en castes, très fermées. Les lois électorales à double tour et sans la proportionnelle et la garantie que personne ne viendra troubler le pactole des électeurs qui doivent, comme des moutons de panurge se limiter à aller mettre leur bulletin dans l’urne et attendre 5 ans pour avoir encore l’illusion qu’ils choisissent leurs dirigeants.

L’escroquerie est vérifiable dans la constitution de la classe politique française. En France, il existe une école pour former les politiciens qui est l’Ecole Nationale d’Administration (ENA). Quelle belle idée que d’avoir une école pour former les dirigeants politiques d’un pays. Mais lorsqu’on regarde de très près, on se rend compte et très vite que sur les nombreuses facultés de sciences politiques de toute la France, l’ENA recrute 80% de ses étudiants dans une seule de ces facultés, et c’est Sciences-Po, Paris.

Soit la France fait exprès de former les cancres dans toutes les autres universités françaises avec une faculté de sciences politiques et de réserver la crème seulement à Sciences-po Paris, ou alors, il s’agit d’une manœuvre bien pensée pour écarter le peuple de l’accès à la caste. La réponse à ce doute vient lorsqu’on épluche les salaires des recteurs. Ce secret jalousement gardé par la caste parisienne a été finalement trahi par le journal LIBERATION du 31 Janvier 2012, lorsqu’il communique le salaire de monsieur Richard Descoings de 27.000 Euros mensuels. C’est je journal LE FIGARO du même jour qui va plus loin en comparant ce salaire exorbitant d’un fonctionnaire à celui de ses collègues exerçant la même charge dans les autres universités partout en France, de 4.000 à 6.000 Euros par mois. Monsieur Descoings est récompensé pour avoir joué à fond la carte de l’américanisation de son université où il a fait exploser les frais de scolarité allant jusqu’à 9800 €/an pour la Licence et jusqu’à 13.000 €/an pour le Master, pour l’année académique 2012-2013.

Ces incohérences sur la constitution du vivier de la classe politique française sont complétées par un fait non moins marginal qui montre que le peuple dans tout ça, n’est que le mouton qu’on va tondre toujours et toujours pour se sucrer au pouvoir, sucrer les cousins, les amants, les neveux, les Ex etc. Et c’est le record mondial d’élus détenu par la France : 620.000 Élus sur une population de 65.000.000 d’habitants. C’est-à-dire qu’en moyenne, un français sur 100 est un élu. Dans cette moyenne, sont comptés les enfants, les nouveaux nés. S’il faut prendre en considération seulement la population active selon l’INSEE de 28,345 millions en 2010, on arrive à ce chiffre incroyable de 2 Français Actifs sur 100 qui sont des élus politiques. Tout ce beau petit monde à la charge du contribuable. C’est ainsi qu’un député coûte au contribuable la somme de 978.000 Euros par an. Ils ont réussi à en faire 577 députés + 343 sénateurs, là où leur patron États-Unis d’Amérique avec 300 millions d’habitants se contentent de 435 députés et 100 sénateurs, c’est-à-dire 400 parlementaires en moins pour les États-Unis d’Amérique, où un député représente 566.000 habitants, contre 71.000 en France.

S’il faut ajouter à cela le fait que 85% de ces élus cumulent plusieurs mandats électifs, plusieurs autres fonctions étatiques, afin de toucher toujours plus d’argent, on comprend dès lors leur très grande inefficacité, puisqu’il est impossible de faire convenablement son travail à la Mairie de Bordeaux, d’être député au parlement français et d’être en même temps Ministre des Affaires Étrangères.

A tout cela, il faut ajouter une autre escroquerie démocratique à la française et c’est celui du nombre des partis politiques secrets. Lorsqu’on pose la question aux Français de combien de partis politique il y a dans leur pays? Ils répondent sans hésiter : une dizaine. Ce qui est faux. Ce qu’ils ne savent pas c’est que la France compte 230 partis politiques, donc les 90% sont des partis complètement clandestins sur le plan de l’éthique et de la morale politique parce qu’ils sont crées par les deux principaux partis politiques: le Parti Socialiste et l’UMP pour contourner la loi qu’ils ont créée sur le financement des partis politiques pour tromper le peuple et pour continuer à s’octroyer la licence de « donneur de leçon » sur le plan international en matière de « démocratie ».

Comment ça marche ? Il existe une loi votée par ces politiciens dont le principe est très louable de limiter la corruption des entreprises privées pour ensuite prétendre aux marchés publics, de limiter les dons à 150 € par candidat et 7500 € par parti politique. C’est ainsi que les principaux partis politiques français vont se transformer en délinquants, c’est-à-dire en violant grossièrement les lois de la République Française qu’eux même ont votées, pour tranquilliser la population, qui ainsi peut elle aussi répéter une aberration selon laquelle la démocratie française serait la meilleure au monde.

Ces partis répondent qu’ils ne violent pas la loi, ils la contournent, ce qui à leurs yeux serait moins grave, donc, plus acceptable. Ils ont ainsi trouvé un stratagème pour continuer de se sucrer. Il y a d’abord eu une loi pour défiscaliser les dons aux partis politiques, ce qui encourage le privé à donner toujours d’avantage. Et puisque c’est défiscalisé, il s’agit donc indirectement d’une partie de l’argent du peuple. Ce sont des partis politiques sans personnel, sans militant, sans élu, des partis clandestins. C’est ainsi qu’en épluchant le rapport de la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques, publié le 29 décembre 2009 et repris par le journal en ligne Médiapart du 6 Janvier 2011, on constate que pour la seule année 2009, la Ministre de L’enseignement Supérieur, Valérie Pécresse, a encaissé la bagatelle somme de 400.000 € (262 millions de FCFA) pour le financement de son micro parti politique dénommé « Changer c’est Possible », créé à peine un an avant, en décembre 2008.

Pour comprendre la gravité d’un tel financement privé, il faut comparer ce chiffre avec celui du grand Parti Socialiste dont les dons et les adhésions de ses centaines de milliers de militants en un an, ont donné presque la même somme : 446.773 € (293 millions de FCFA). Voilà comment autour des 10 partis traditionnels qui ne se contentent pas de l’argent du financement public, il y a les 230 partis satellites, qui n’ont aucun idéal politique ou sociétal, sinon celui de se faire les poches aux dépends des citoyens.

LA COMPLICITÉ DE L’ARMÉE

Pour être sûr que l’armée ne sera jamais du côté du peuple en se rebellant des agissements prédateurs de ses politiciens, ces derniers ont aussi sucré à sa juste valeur l’armée.

Lorsqu’en Mai 2007, Nicolas Sarkozy arrive au pouvoir, son premier grand dossier est la réforme du régime spécial de retraites des cheminots. Mais il oublie celui des militaires, deux fois plus juteux. Dans son édition du 10 Octobre 2007, le journal satirique « Le Canard enchaîné » publie un article intitulé : « Le régime très spécial des retraites militaires » où on découvre que, pire que la scandaleuse retraite de 5 milliards d’Euros par an à partager entre 1,1 million de retraités cheminots ayant cotisé 37 ans décriée par Sarkozy, il y a les 8,2 milliards d’Euros que se partagent chaque année 550.000 retraités militaires après seulement 25 ans de cotisation. Les militaires se défendent d’une quelconque connivence avec les politiciens invoquant le fait qu’ils pratiquent un métier à risque. Seulement voilà, la moitié des militaires sont des fonctionnaires qui n’ont touché une arme de leur vie que durant leur formation.

HAUSSE CACHÉE DU SALAIRE DES MILITAIRES

Comme si les privilèges d’une retraite dorée ne suffisaient pas, grâce à un arrêté secret en date du 29 juillet 2011 et rendu public par le « Canard Enchaîné » du 30 novembre 2011, en pleine crise économique, le Ministre Français de la Défense a accordé une forte augmentation du salaire à ses 126 généraux de l’armée entre 320 et 560 € par mois (393.540 FCFA/mois d’augmentation de salaire). Et pour ne pas fâcher les subalternes, un second décret a suivi le premier, le 4 octobre 2011, cette fois-ci pour les colonels, lieutenants-colonels, commandants, capitaine et lieutenants, qui ont ainsi bénéficier d’une augmentation de 80 à 404 € (265.000 FCFA/mois d’augmentation) selon le grade.

Il faut aussi ajouter qu’on aurait pu imaginer un tel traitement de faveur pour une armée à peine victorieuse, mais tout cela se passe au moment où l’armée française subit ses pires humiliations depuis le fiasco di Dien Bien Fur, avec la guerre en cours en Libye où des avions français ont atterri trois fois sur l’Ile de Malte pour panne sèche et n’arrive pas à plier la résistance d’une armée libyenne inexistante qu’on avait prévu de battre en 3 jours. Ce qui fait donner à Brigitte Rossigneux le titre très ironique de son article à la page 3 du « Canard Enchaîné » n° 4753 du 30 novembre 2011 : « Enfin une victoire pour nos généraux »

Ceci se passait au même moment où le gouvernement ne remplaçait pas un fonctionnaire sur deux, où il sacrifiait l’école pour former le futur de la nation. Et le peuple qu’on prétend décider en démocratie, a-t-il eu son mot à dire sur ces décisions corporatives des politiciens qu’ils ont voté? Pour Clément Attlee, la démocratie est un système politique dans lequel, « la loi de la majorité respecte le droit de la minorité ». On peut bien constater que dans la réalité, après ce que nous venons de voir, la démocratie est un système dans lequel l’arrogance et l’avarice d’une minorité ne respectent en rien le droit à une vie décente de la majorité du peuple. Ce peuple qu’on a manipulé au point où il accepte sans s’indigner les pires traitements que lui infligent ses dirigeants politiques. Et Montesquieu dans « Considérations » de conclure : « Si à l’intérieur d’un État vous n’entendez le bruit d’aucun conflit, vous pouvez être sûr que la liberté n’y est pas »

Pour Georges Clémenceau, la démocratie serait « une création continue ».

ITALIE

Durant mes 20 années passées en Italie, je me suis souvent amusé à poser et reposer la même question aux politiciens, professeurs d’université, économistes, médecins etc. à savoir : l’Italie a gagné ou perdu la Seconde Guerre Mondiale? Tous répondent sans hésiter : l’Italie a gagné avec les Alliés contre l’Allemagne qui est la seule perdante.

Cette réponse bien sûr fausse qui peut à première vue faire déduire une ignorance profonde des intellectuels italiens, n’est au fond que l’exemple typique de la construction subjective et très souvent biaisée qu’on peut faire de l’histoire, en fonction des objectifs à atteindre.

Oui, ces intellectuels n’ont pas tort. Ce sont les Américains qui ont installés dans leurs têtes qu’ils pouvaient se considérer comme les vainqueurs de la Deuxième Guerre Mondiale, aux côtés de leurs amis Américains. Si cette orientation a fait éviter à l’Italie le traumatisme du perdant, elle a par contre empêché au pays de s’interroger sur lui-même et surtout de comprendre que dans cette guerre, non seulement ils avaient perdu avec leur allié, l’Allemagne (et non les USA), mais aussi qu’ils avaient perdu dans la guerre leur souveraineté dès lors que c’est l’ami américain qui les avait libérés des dirigeants politiques de l’époque.

La falsification de l’histoire par les Américains a permis de créer une sorte d’amnésie collective en Italie, pour un peuple pressé de tourner la douloureuse page de cette histoire. Et en 2012, 67 ans après la fin de cette guerre, le peuple italien dans son ensemble, ne comprend toujours pas que c’est tout le pays qui est devenu une colonie américaine, un pays sous occupation militaire américaine, un pays qui doit renoncer à l’humanisme de sa création pour se mettre à l’individualisme forcené des américains.

Prenons l’exemple des bases militaires américaines. A la question combien sont-elles ? Le 25 avril 2008 une émission de télévision dénommée Matrix sur CANAL5, la chaîne de télévision privée appartenant au Président du Conseil Italien Silvio Berlusconi, a tenté de donner la réponse : 7. Pour fournir ce chiffre, son présentateur Mentana a tout simplement interrogé le Ministre Italien de la Défense. Et c’est ce chiffre que le peuple italien retient depuis 67 ans. Là où l’escroquerie politique devient grossière est lorsqu’on constate qu’il aurait fallu au journaliste italien faire une recherche élémentaire sur le site du Pentagone, le Ministère de la Défense Américaine pour lire le chiffre de 89 bases américaines en Italie.

Le Président du Mouvement politique Cinque Stelle, Beppe Grillo, l’anti-politique (20% à sa première participation aux élections administratives de Mai 2012), a ajouté à ce chiffre des bases officielles, les bases secrètes pour arriver à un total de 113 bases militaires américaines sur le sol italien. Et de conclure à l’occasion de la fête nationale du 25 Avril 2008 célébrant la fin de la Seconde Guerre Mondiale, que l’Italie devait encore se battre pour avoir son indépendance, bradée aux Américains en 1945 pour chasser un dictateur, Mussolini et a eu à sa place les USA comme dictature. Le sujet est encore plus insupportable lorsqu’on va dans les détails de cette militarisation à outrance d’un petit pays de 300.000 km² avec 90 ogives nucléaires disséminées sur l’ensemble du territoire, ce que les Américains ne font pas chez eux-mêmes. Lorsqu’on va encore plus loin, on constate par exemple que sur l’île de Sardaigne qui n’a jamais pu décoller économiquement, de Capo Teulada, non loin de Cagliari, à Capo Frasca à côté de Oristano, ce sont 100 km de Côtes, 7.200 hectares de terrain et 70.000 hectares de zone dite Off-Limits qui sont destinés à l’entraînement de la Sixième flotte américaine, sur un total de 24.090 km2 de l’île la plus pauvre d’Italie où les nombreux paysans survivent encore en 2012 grâce à un élevage nomade rudimentaire et à l’agriculture non mécanisée.

Déjà en 1957, dans un rapport d’inspection des bases américaines en Europe, Frank Nash, alors Conseiller du Ministre Américain de la Défense (1955-1963) s’étonnait du fait que contrairement à d’autres pays comme l’Allemagne, l’Espagne, le Japon où les bases militaires américaines suscitaient une irritation de la part des politiciens, en Italie, ce sont ces derniers qui demandaient plus de militaires américains. En 2012, rien n’a changé, constate le quotidien italien La Repubblica. Les politiciens italiens, selon le journal ont tout simplement renoncé à défendre la souveraineté du pays. Pour eux, l’argent que dépensent les Américains pour vivre en Italie, est plus important. On a envie de leur poser la question de savoir comment ne comprennent-ils pas qu’il y a une corrélation entre cette massive présence américaine en Italie et la colossale dette publique qui est de 1.950 milliards d’Euro.

Après les États-Unis avec ses 14.000 milliards de dollars de dette publique, seul un autre pays avec toujours une forte présence militaire américaine bat l’Italie dans ce triste record et c’est le Japon. Et c’est cette fragilité politique d’abord et économique ensuite de chaque pays européen sous l’ombrelle américain qui fait que sur le plan de la politique internationale, l’Europe reste et restera un nain, complètement inaudible, avec une Ministre des Affaires étrangères qui a moins de pouvoir qu’un greffier dans un tribunal de campagne. C’est toujours la Repubblica de se demander à quand sera rendu public à la connaissance du peuple, le contrat secret stipulé à la fin de la deuxième guerre mondiale pour autoriser l’occupation militaire de tout le pays par les USA.

Le député Italien est celui qui coûte le plus au contribuable dans le monde. Selon l’hebdomadaire italien l’Espresso, chacun des 630 députés et 315 Sénateurs italien coûte à la collectivité la bagatelle somme de 1,8 million d’Euros par an. Pas parce qu’ils font un travail exceptionnel. Non, rien de cela. C’est juste parce que l’activité la plus récurrente au parlement italien est de voter pour empêcher la justice d’arrêter un délinquant assis sur les bancs de l’assemblée nationale italienne (112 députés sur 630 ont déjà séjourné en prison, ou ont des problèmes avec la justice italienne). Et après c’est de voter à l’unanimité et en cachette des lois pour s’augmenter leurs propres salaires.

C’est Rita Bernadini députée du parti Radical qui a fait le macabre calcul du coût du parlement italien de 2.215 Euros par minute au contribuable.

Salaire net: euro 19.150 / mois.

Salaire de base : euro 9.980 /mois.

Assistant : euro 4.030 /mois (habituellement les parents et les familiers).

Remboursement du logement : euro 2.900 / mois.

Honoraire de travail : de euro 335 a euro 6.455 (net).

C’est toujours elle qui a trahit le fait que les députés italiens, en pleine crise économique, en 2011, à l’unanimité ont voté dans la nuit profonde une loi pour s’augmenter le salaire de 1.300 Euros net et ils ont inventé un faux rapport pour cacher aux journalistes l’objet même du vote.

La loi électorale, en vigueur en Italie, comme dans plusieurs autres pays Européens notamment l’Allemagne et l’Espagne comporte ce qu’on désigne par le nom de « Liste Bloquée ». C’est–dire qu’aux élections législatives, chaque parti présente une liste de nom et le candidat ne doit se limiter qu’à choisir les listes. C’est ensuite au parti politique d’envoyer qui il veut au parlement. En d’autres termes, on n’a même plus la pudeur de cacher au peuple qu’il n’a pas de choix ou que son choix compte peu.

ALLEMAGNE

L’Allemagneest le bluff des bluffs. Le bras de fer entre les pays méditerranéens membres de la monnaie commune européenne et l’Allemagne a crédité une thèse mensongère selon laquelle l’Allemagne n’a pas de dettes, n’a pas de problèmes financiers, a une économie florissante. A force de le répéter en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Italie, pour l’accuser de sa non solidarité aux autres au bord du gouffre financier, l’Allemagne elle-même a fini par croire que c’était vrai et qu’elle était immunisée des problèmes que les autres traînent. L’Ancien président français Nicolas Sarkozy avait même cru futé de se lier à l’Allemagne et de créer un directoire à deux, même en froissant les autres partenaires européens, l’objectif étant de se tirer d’affaire en se liant au plus fort. Et c’est ainsi que le système allemand a été vendu en France comme le meilleur système du monde.

La réalité est malheureusement plus amère et c’est que l’Allemagne a exactement le même système rentier des autres pays de l’Occident. Et donc, la différence temporaire entre sa balance commerciale et celle de ses voisins est en somme marginale. Lorsqu’on observe de près les détails des chiffres, on se rend compte que l’Allemagne est une grande machine qui tourne et tourne, mais à vide.

Analysons l’économie allemande avant la crise de 2008, c’est-à-dire hors de toute distorsion liée à la crise économique qu’on dit pompeusement mondiale, mais qui en réalité n’est qu’occidentale. Examinons donc la richesse allemande avant la crise. Ainsi, la croissance du PIB allemand, c’est à dire que la richesse que l’Allemagne a produite entre 2000 et 2007 est de 381 milliards €. Lorsqu’on partage ce montant aux 82 million d’Allemands, en moyenne, chaque allemand s’est enrichi 7 ans avant la crise de 4646€. Voilà l’information sur laquelle travaillent les experts économiques à Paris, à Rome, à Madrid, à Lisbonne et à Athènes. Ce qui est d’une insuffisance élémentaire, car si ce petit beau monde avait pris le temps de comparer ce chiffre à un autre :

la croissance du déficit de l’état allemand dans la même période, de 2000 à 2007, ils auraient très vite constaté qu’elle est de 381 milliards d’Euros, c’est-à-dire exactement le même montant de ce qu’on a cru être une richesse produite. En d’autres termes, pour produire 381 milliards d’euros de richesses, l’état allemand s’est endetté du même montant, Lorsque la Chancelière Allemande Angela Merkel dit son NEIN partout; c’est parce que ses économistes lui disent la vérité, sur le fait que le pays n’est pas sorti d’affaire et qu’il ne semble vertueux que parce que tous les autres sont complètement dans le rouge.

L’économiste allemand Wolfgang Uchatus dans le journal Die Zeit du 10 novembre 2011, parle de « croissance imaginaire ». Il va plus loin en soutenant que l’Occident c’est fini, que le système est kaput. Il cite l’économiste autrichien Joseph Schumpeter qui en 1942 avait imaginé le système comme étant une machine qui produit continuellement des articles pour équiper chaque citoyen. Uchatus nous explique que le problème de l’Allemagne et par ricochet de l’Occident, c’est qu’en 2012, chaque Allemand a en moyenne 10.000 articles entre téléviseur, voiture, réfrigérateur, livre, dvd, meuble, téléphone portable, ordinateur etc…, produits par la machine du système, mais qui est le maximum que chacun peut avoir à la maison. Pour que la machine continue de produire, il faut demander aux gens de jeter à la poubelle une bonne partie de ces 10.000 produits.

L’arnaque démocratique vient du fait que dès les années 70, l’Allemand avait déjà les 6.000 produits qui font sa satiété. Le pouvoir politique s’est mis au service du système, qui pour continuer à tourner, avait besoin de convaincre et transformer sa propre population de citoyens en consommateurs à outrance. C’est ainsi que la prétendue démocratie n’a fonctionné à plein régime que pour atteindre un objectif : faire que les Allemands passent aux 10.000 produits qu’ils détiennent aujourd’hui, dont 4.000 complètement inutiles. Et lorsque le citoyen ne pouvait pas, c’est l’état qui s’est endetté pour lui. D’où le système d’endettement sur lequel se fonde tout l’Occident, sans exception.

Le problème c’est qu’en 2012, pris dans le marécage de la mondialisation, les stratèges occidentaux ne savent plus quel poisson prendre des eaux troubles d’un système malsain crée par eux, dès lors que le citoyen devenu simple consommateur continue d’acheter des produits inutiles, mais pour faire tourner cette fois-ci la machine chinoise, indienne, brésilienne et bientôt, africaine.

Et lorsque la Chancelière Allemande crie RIGUEUR, Rigueur, Rigueur, elle veut juste dire : arrêtons de nous endetter pour faire tourner les machines des autres. Mais ce qu’elle n’a pas le courage de faire, c’est de dire la vérité à ses citoyens, que le modèle dit démocratique les a utilisés pour les transformer en simples objets pour consommer les produits dont ils n’avaient pas besoin et contents de mettre leur bulletins dans l’urne tous les 4 ou 5 ans. On les a poussés à vivre au dessus de leurs moyens. Maintenant, il faut les faire descendre sur terre. Comment y parvenir sans passer par une guerre, surtout lorsque c’est l’état lui même à ne pas vouloir voir la réalité en face? La guerre au début se fait chez les autres, pour que ce soit eux qui consomment pour faire tourner la machine, mais quand cela ne suffira toujours pas, il faudra s’attendre à la guerre en Europe, comme l’a prédit en 2011 le ministre polonais des finances, pas dans 100 ans, mais pour les 10 ans à venir.
QUELLES LEÇONS POUR L’AFRIQUE ?

La démocratie n’existe pas parce que nulle part le peuple ne décide quoique ce soit. Le seul fait de mettre son bulletin dans l’urne ne peut pas signifier qu’on est dans le meilleur système possible. Le modèle d’organisation de la société à l’occidentale qu’on a désigné avec le terme de démocratie a démontré ses limites au 21ème siècle. Peut-être que sous l’impulsion des penseurs et des sages humanistes des 18ème et 19ème siècles ce modèle a été pour beaucoup dans la réduction des injustices sociales et d’une plus grande prise en compte du peuple dans les décisions politiques.

Mais le 20ème siècle avec les deux guerres au cœur de l’Europe a sonné la fin de la démocratie, complètement incapable de solutionner les problèmes humains sans recourir à la raison du plus fort. Ce siècle a enfin démontré que le peuple avait cessé d’exister, pour s’identifier à l’homme de la providence. Tant Mussolini qu’Hitler étaient bien au pouvoir par la volonté populaire. Et le 21ème siècle a donné un coup fatal à ce qui restait de respectable dans cette démocratie trébuchante, avec le pouvoir d’argent qui a installé au trône du pouvoir politique de véritables aventuriers sans foi ni loi capables de déclencher des guerres pour de simples conflits post électoraux et des mouvements de mécontentement dans d’autres pays.

Des parlementaires dont le seul agenda est leur carrière personnelle, qui sont capables de s’octroyer une augmentation de salaire en catimini, en pleine crise économique, des parlementaires européens capables de mettre l’embargo sur les médicaments contre un pays africain, faisant renaître des maladies longtemps disparues comme la poliomyélite (selon l’OMS sur la Côte d’Ivoire), juste pour punir un homme qui a osé ne pas suivre la vague.

Selon Jacques Maritain, « La tragédie des démocraties modernes est qu’elles n’ont pas réussi à réaliser la démocratie ». L’afrique doit partir de la faillite du modèle européen et nord-américain pour inventer son propre modèle, capable d’aller au delà de tous les acquis de liberté humaine du modèle européen pour y ajouter la recherche du bien-vivre pour tous pour arriver à l’objectif de l’harmonie sociétale qui a toujours caractérisé les sociétés traditionnelles africaines où la liberté individuelle n’a jamais signifié la dictature de l’individu sur la communauté, mais l’accomplissement du bien-être de tout le village et non de quelques uns qui ensuite rendent esclaves le village comme c’est le cas en Occident et devant qui il faut se prosterner.

Le brevet d’une entreprise américaine pour couvrir tout le territoire américain lui coûte 1800 Euros. Le concurrent européen qui déposerait le même brevet devrait débourser 30.000 Euros pour couvrir tous les 27 pays européens. Le concurrent chinois, 1000. Cette différence de coût est essentiellement liée à la division politique de l’Europe qui pénalise ses entreprises et les empêche de tenir le pas de la concurrence mondiale. Malheureusement, le modèle politique en Afrique est le brouillon de deux modèles, français et britannique qui intègre cette division européenne, amplifiée en Afrique par une bureaucratie encore plus lente. Le modèle d’organisation sociétal doit être pensé au niveau du village, de la communauté, mais complètement ouvert sur une vision continentale africaine.

Après l’élection de François Hollande à la présidence de la République Française, j’ai refusé d’accorder l’interview à un journaliste africain qui m’avait posé la question « qu’est-ce que Hollande peut faire pour l’Afrique ? ». C’était une blague de très mauvais goût. Il faudrait déjà que Hollande réussisse à obtenir l’indépendance de la France des États-Unis, aujourd’hui solidement exercée par 3 agences de notation boursières : Fitch, Moody’s et Standard & Poors. Si Hollande tousse et le bruit est dissonant de ce qu’on attend de lui à Washington, il y en aura un des 3 toujours prêt à réagir et le rappeler à l’ordre. Comment dans ces conditions, un continent d’un milliard de personnes sur 30 millions de km² et le plus dynamique au monde, peut-il être réduit à attendre que son avenir soit défini par un pays surendetté de 640.000 km²?

Lorsqu’on sollicite l’aide d’un pays plus fort pour venir chasser un dirigeant politique du pouvoir, baptisé pour la circonstance dictateur, on confirme par là même qu’on est faible et qu’on n’est pas fait pour exercer le pouvoir, qui, par définition, est l’expression de la puissance. Ce message donné à qui est venu libérer est sa garantie qu’il peut et qu’il doit prendre la place du présumé « dictateur » qu’on veut chasser, même par personnes interposées.

L’Afrique a déjà été piétinée pendant trop longtemps, parce qu’elle était couchée par terre. Maintenant qu’elle arrive à se lever et se frayer son propre passage, la jeunesse doit vite prendre le relais, pour s’assurer que les vieux démons des inutiles guerres civiles, l’idiotie du tribalisme qui hantent le continent partent définitivement à la retraite avec les acteurs qui l’ont incarnés plus de cinq décennies déjà.

Le peuple africain dans son ensemble doit avoir le courage de constater la faillite du modèle politique qu’on veut lui imposer aujourd’hui en le lui vendant comme la poudre magique à tous les problèmes pour chercher et inventer sa propre voie. Et ne jamais oublier que si la prétendue démocratie était un arbre capable de donner tous les fruits qu’on lui promet et de rendre un pays plus puissant, est-ce que l’Occident se mettrait en quatre pour l’exporter en Chine, pour que cette dernière soit encore plus forte pour les mettre, non plus à genoux, mais ventre à terre ? La vérité est que la démocratie n’est qu’un bluff, une escroquerie visant à faire croire au peuple que sa douleur devient moindre dès lors que c’est elle même qui a fait le choix des solutions qui sont appliquées. Ce qui n’est pas vrai. Les élections fréquentes ont un coût, l’alternance au pouvoir a un coût qu’on cherche à sous-estimer et dont l’efficacité sur le plan pratique reste à prouver. En Afrique, on a des exemples de pays avec l’alternance au pouvoir comme au Sénégal, Bénin, Burundi, Ghana, sans que cela fasse de ces pays des champions de la croissance économique ou même de la stabilité politique du pays, devant d’autres comme l’Angola, l’Éthiopie, le Mozambique ou le tant décrié Zimbabwe.

Ma solution est un modèle qui s’approcherait plus du système déjà existant de compromis et du dialogue dans les villages africains, où il n’y a pas de gagnant ou de perdant. Tout le monde, à la fin des élections devrait participer à la gouvernance du pays, chacun avec son poids obtenu aux élections. Cela aurait le mérite de la transparence et de tenir le peuple constamment informé des activités des politiciens, qui cesseraient d’être de simples castes fermées pour mater le peuple. Aller au delà du modèle traditionnel de nos villages pour bâtir un état fort, pour tenir le coup face à la rude compétition de cerveaux au niveau international.

Jean-Paul Pougala est directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégiques et enseigne « Géostratégie Africaine » à l’Institut Supérieur de Management ISMA de Douala (Cameroun

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