Tony Blair : « Donnez-moi un levier (l’Europe) et je contrôlerai le monde ! »

Invité le 28 novembre comme orateur dans l’antre du pouvoir impérial britannique, Chatham House (Royal Institute of International Affairs), l’ex Premier ministre britannique Tony Blair, l’un des principaux contrôleurs de Barack Obama, a sorti le chat du sac en insistant que si la Grande-Bretagne devait rester une puissance mondiale, il lui faudrait contrôler l’Europe pour obtenir le levier nécessaire.

Ce serait une « erreur monumentale » pour la Grande-Bretagne que de tourner le dos à l’Europe, a dit Blair, prévenant que la sortie du Royaume Uni de l’UE comme l’envisage David Cameron (BRIXIT) serait néfaste pour les intérêts du pays.

Quitter l’UE serait « invalidant d’un point de vue politique, dommageable économiquement, et énormément destructeur pour les véritables intérêts à long terme du Royaume », a-t-il clamé. « L’Europe est une destinée que nous n’embrasserons jamais aisément. Mais c’est un élément absolument essentiel pour que nous demeurions une puissance mondiale et économique. Ce serait une erreur monumentale que d’y tourner notre dos et se retrouver loin d’une position de pouvoir et d’influence cruciale pour le XXIe siècle. »

Blair a dit que pour faire valoir la cause des Britanniques, le Royaume Uni doit se positionner au cœur de l’aventure européenne. Car, en dépit de la crise qui frappe la zone euro, Blair estime que « la nécessité de l’Europe est aujourd’hui plus forte, et non pas plus faible, qu’elle ne l’était il y a 66 ans lorsqu’on l’a imaginé ». Cependant :

Aujourd’hui c’est différent. A l’époque, la raison d’être [de l’Europe] était la paix. Aujourd’hui, c’est le pouvoir. Il s’agissait alors d’un continent ravagé par la guerre, dans laquelle l’Allemagne avait été l’agresseur et la Grande-Bretagne le vainqueur. Aujourd’hui il s’agit d’un monde où la géopolitique subit ses plus grands changements depuis des siècles.

Le pouvoir se déplace de l’Ouest vers l’Est. La Chine a émergé, avec son économie qui s’ouvre sur le monde, une économie qui va croître pour devenir éventuellement la plus grande du monde. Sa population est trois fois celle de l’ensemble de l’Europe. L’Inde a plus d’un milliard d’habitants. Le Brésil est deux fois plus grand que le plus grand pays européen, l’Indonésie, trois fois, et plusieurs autres pays, incluant la Russie, la Turquie, le Mexique, le Vietnam, les Philippines et l’Égypte, sont plus grands aujourd’hui que la plus peuplée des nations européennes… Dans ce nouveau monde, nous avons besoin, comme levier de puissance, du poids de l’UE. Ceci est vrai dans les domaines de l’économie, du commerce, de la défense, de la politique étrangère et face aux défis globaux comme le réchauffement climatique. Ceci nous confère un poids collectif que nous n’avons pas par nous-mêmes.

Ce n’est pas compliqué, c’est aussi simple que cela. J’aurais préféré l’idéalisme des fondateurs de l’Europe. Mais la situation actuelle n’a rien à voir avec l’idéalisme. C’est de la realpolitik brutale.

Dans un monde où la Chine et l’Inde auront toutes deux des populations 20 fois plus importantes que celle du Royaume-Uni, nous avons besoin de l’UE pour nous aider à poursuivre notre intérêt national. Avec elle, nous comptons plus. Sans elle, nous comptons moins.

 

Source: solidariteetprogres

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