Syrie: Une tornade de feu et de sang

Au moins 50 soldats ont péri hier dans un attentat-suicide en Syrie, lors d’une journée particulièrement meurtrière. En faisant exploser sa voiture, bourrée d’une tonne d’explosifs selon l’agence SANA, le kamikaze a porté l’un des coups les plus rudes à l’armée depuis le début de la révolte.

L’attaque a été menée dans la province de Hama par un membre du front al-Nosra, un groupe islamiste radical de plus en plus actif à travers le pays, a précisé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’attentat a eu lieu près d’un centre de développement rural tenu par l’armée. Un autre attentat a été perpétré à Damas, dans le quartier résidentiel de Mazzé qui abrite des ambassades et des sièges de la sécurité, faisant 11 morts, selon l’OSDH et la télévision d’État.

À Damas encore, l’armée a bombardé le quartier de Hajar al-Aswad, a rapporté l’OSDH, faisant état de combats entre rebelles et soldats dans ce quartier, ainsi qu’à Tadamoun. Selon l’OSDH, de nombreux habitants fuyaient ces deux quartiers situés dans le sud de la capitale pour se mettre à l’abri dans le camp de réfugiés palestiniens voisin de Yarmouk. Toutefois, plus de trente personnes ont été tuées en 24 heures dans ce camp en raison de combats opposant, à la lisière du camp, l’Armée syrienne libre aux forces gouvernementales, appuyées par des éléments du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG) d’Ahmad Jibril, un allié du régime. Toujours à Damas, les rebelles ont lancé des attaques coordonnées contre plusieurs barrages de l’armée à travers la ville.

Les rebelles ont également essuyé de lourdes pertes. Selon l’OSDH, 22 hommes ont été tués dans un raid aérien sur la localité de Harem, dans la province d’Idleb, où le régime semble décidé à mettre à profit son principal atout, son aviation. La journée a été particulièrement sanglante avec au moins 192 morts à travers la Syrie : 85 soldats, 54 rebelles et 53 civils, dont 15 ont péri sous les bombes de l’armée de l’air à Kafr Nabal. Une vidéo mise en ligne par des militants montre des civils transportant des blessés en sang, incapables de bouger. Autour d’eux, des arbres arrachés gisent au sol au milieu des rideaux de fer soufflés des magasins et de carcasses de voitures et de motos carbonisées. Certains blessés, choqués et couverts de poussière, sont assis par terre, tandis que les civils qui tentent d’en secourir d’autres ne peuvent s’approcher à cause d’incendies, notamment de voitures dont le carburant alimente les flammes. « Bachar (el-Assad), même si tu nous tue tous, nous resterons déterminés à obtenir ta chute ! » lance un homme.

À Alep, des combats ont fait rage près de l’aéroport international et dans le nord-ouest de la ville, où le principal entrepôt du Croissant-Rouge a été ravagé par un incendie, détruisant ses stocks de couvertures, de nourriture et de produits pour nourrissons. Selon Samir, un pharmacien de 37 ans, les combats n’avaient jamais atteint un tel niveau de violence dans la métropole. « Cela fait presque une semaine que nous passons nos nuits terrorisés par les tirs à l’arme automatique, les chars, les explosions », a-t-il dit. « Cette nuit, les combats ont été les pires depuis une semaine », avec seulement une heure ou deux d’interruption. À Homs, où la Croix-Rouge internationale a pu accéder pour la première fois depuis plusieurs mois à deux quartiers assiégés, l’OSDH faisait état de combats et de bombardements sur plusieurs quartiers.

En outre, un véhicule militaire israélien a été atteint sur le Golan occupé par des balles perdues tirées depuis le secteur syrien du plateau, a indiqué une porte-parole de l’armée israélienne. « L’incident s’est produit dans le secteur central du plateau du Golan près de la ligne de démarcation », a-t-elle ajouté, précisant que l’armée n’a adopté aucune disposition spéciale à la suite de ces tirs.

 

Source: lorientlejour

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