Syrie : Les signes avant-coureurs de la faillite de l’Occident

Les masques sont tombés… mais l’Occident n’est toujours pas décidé à renoncer à sa « Théorie du chaos constructif » née dans les cerveaux de « néoconservateurs » malades d’arrogance et de l’illusion qu’elle pourrait pérenniser sa suprématie et résoudre ses problèmes non seulement d’ordre matériel [énergétique et financier], mais aussi d’ordre politique, moral et spirituel.

Et pourtant, cette fameuse théorie se heurte à une autre théorie, celle inéluctable du « retour de manivelle », comme nous sommes malheureusement bien obligés de le constater partout où l’Occident a semé ce chaos soi-disant salvateur : Libye, Tunisie, Égypte… Drapés de leur souci prétendument humaniste et humanitaire nos dirigeants incapables d’inverser le cours des événements s’acharnent à nous démontrer le contraire.

Le déni de la réalité est désormais l’idée maîtresse pour nous endormir. L’association à des malfaiteurs, en l’occurrence les « terroristes takfiristes », est l’arme fatale censée faire le sale boulot pour ménager nos consciences et nos finances. Exactement comme cela se passe pour la Syrie… Mais, gardons espoir, car « la fin de l’espoir est le commencement de la mort » comme a dit un certain Général ! [NdT].

Lorsque l’Occident s’est lancé dans son agression contre la Syrie, il ne s’attendait pas à se retrouver dans une impasse plus dangereuse que toutes celles dans lesquelles il a dû s’engager depuis que le monde est devenu unipolaire et que les USA ont décidé de le dominer. Ayant choisi la Syrie pour mener une guerre qui le sauverait et le vengerait d’un « Axe de la Résistance » [Iran, Irak, Syrie, Liban, Palestine] qui a été le seul à lui tenir tête depuis la fin de la guerre froide et à refuser de se plier au diktat US, il ne s’attendait pas à ce que la résistance se poursuive et surtout pas à ce que la Syrie puisse en sortir victorieuse et annoncer un nouvel équilibre du monde.

L’Occident s’est imaginé qu’en traitant avec « ceux qui se réclament indûment de l’Islam », il pourrait mettre à mal la résistance et l’indépendance des vrais musulmans ; tandis que les USA les ont utilisés dans leur stratégie dite du « soft power » après avoir cherché à duper le monde musulman par le fameux discours du Caire [1] de leur Président fraichement élu et de racines africaine et musulmane. Discours qualifié d’historique, entrecoupé de références flatteuses, et destiné à gommer la méfiance installée depuis la croisade annoncée par Georges W. Bush et sa « Guerre contre le terrorisme » ! Terrorisme volontairement confondu avec l’Islam, exactement comme ils ont procédé en assimilant « l’Axe de la Résistance » libératoire au terrorisme destructeur ; la guerre contre la Syrie n’étant qu’une étape parmi d’autres.

Les USA ont donc utilisé les partis, organisations et pays qui se réclament de l’islam mais suivent des préceptes qui lui sont étrangers pour combattre le véritable Islam qui résiste, croit en l’Homme, en sa liberté et ses droits, part du principe que les hommes sont l’œuvre d’un même Créateur et frères par la foi, invite au respect et à la reconnaissance d’autrui, conseille le dialogue pour gérer les désaccords aussi importants soient-ils… Telle est la religion qu’ils ont défiguré et marginalisé pour favoriser le « takfirisme » qui ne sait que détruire, s’en prendre à la vie, aux biens et à l’honneur d’autrui, considérant tous ceux qui ne partagent pas son idéologie comme des apostats à éliminer et donc à assassiner ! Ils ont recruté ces déviants parce qu’ils ont trouvé en eux ce qu’ils cherchaient : l’arme fatale pour combattre l’Islam résistant !

Usant et abusant de cette idéologie ennemie de l’humanité, étrangère à l’Histoire et au Droit, les USA ont pensé pouvoir sortir victorieux d’une guerre universelle qui leur permettrait de disposer du monde. Et parce que le Moyen-Orient est la voie et le réservoir de l’énergie qui garantiraient leur perpétuelle hégémonie, ils ont envahi puis couvé les adeptes du takfirisme qui représentent à peine 2% des musulmans [les wahhabites ne dépassant pas les quarante millions sur un total d’environ un milliard et demi], mais qui leur ont permis de mettre la main sur une formidable richesse pétrolière ; richesse qui aurait dû profiter à l’ensemble des croyants censés se partager « l’eau, les pâturages et le feu »… Mais l’Occident a fait en sorte que les wahhabites en soient les seuls propriétaires [2] et la bénédiction s’est transformée en malédiction, puisque ses revenus ne servent plus qu’à tuer des Arabes et des Musulmans et à détruire leurs biens.

C’est donc cette stratégie très « soft » que l’Occident a choisi pour attaquer les Musulmans par des musulmans et les Arabes par des arabes pour tous les anéantir, et c’est dans cet esprit qu’il a mené sa guerre contre la Syrie en espérant atteindre ses objectifs dans la région. Il s’est servi des groupes wahhabites takfiristes riches et puissants pour mener sa transaction du siècle : « à nous occidentaux le pouvoir, à vous takfiristes l’autorité locale à condition que vous injectiez votre argent dans nos économies quitte à ce que nous vous reversions ce que le vassal peut attendre de son maître ! ». C’est ainsi que le bon peuple a été dupé et que certains régimes ont changé par les urnes, traduisant l’entente préalable entre les USA et les gouvernements occidentaux, d’une part ; les USA et les soi-disant musulmans, d’autre part.

Les mouvements takfiristes opérant sous diverses étiquettes, tout autant que les planificateurs US-Sionistes, ont cru que la Syrie ne pourra pas tenir face à leurs intimidations, leur démagogie et leur terrorisme, et que l’Occident fera tout le nécessaire pour la démolir quel qu’en soit le prix… Mais au bout de dix-huit mois de terreurs, de destructions et de crimes commis contre son peuple, la Syrie n’est pas tombée… En revanche les agresseurs ont subi tellement de pertes que désormais leurs slogans prêtent à rire et que l’Occident, après avoir longuement hésité, commence à exprimer ses doutes, sa déception, son impuissance, voire sa faillite dont les signes avant coureurs sont les suivants :

1. La certitude qu’il est désormais impossible de renverser le gouvernement syrien dirigé par le président Bachar al-Assad, après avoir joué toutes ses cartes contre lui ; une certitude exprimée par l’ambassadeur de France au Liban, lors d’un symposium qui s’est tenu la semaine dernière à Beyrouth [le 11/9/2012], quand il a dit en substance : « Nous ne savons pas vers où se dirige la Syrie. Nous ne pouvons rien offrir sur le terrain car il nous est impossible d’établir des zones de sécurité, des couloirs humanitaires ou d’exclusion aérienne. Nous sommes persuadés qu’Al-Assad doit quitter le pouvoir, mais nous ne savons pas comment ! ». Une déclaration qui témoigne clairement de l’impuissance et de l’échec de l’Occident en la circonstance. Ensuite, ce fut au tour de la conseillère de la Maison Blanche d’exposer les différents scénarios possibles pour finir par dire que le plus probable était que le Président Al-Assad reste au pouvoir… parce qu’il en a les moyens ! Autre déclaration qui traduit certainement la déception des USA qui, après avoir abusivement décrété sa soi-disant illégitimité et l’imminence de sa chute, sont obligés d’admettre cette forte probabilité !

2. L’appel vigoureux du Pape Benoît XVI [3], la plus haute autorité spirituelle chrétienne catholique et l’autorité morale par excellence, à mettre fin aux violences, au trafic d’armes, et de travailler à une solution pacifique en Syrie par le dialogue sincère entre toutes les composantes de la société syrienne et sans ingérence extérieure. Un appel que le Pape n’aurait jamais prononcé s’il n’avait pris connaissance de l’exacte situation en Syrie et s’il ne pensait qu’il avait de fortes chances d’être entendu, notamment par la France et l’Union Européenne qui déclarent « s’interdire, aujourd’hui, d’armer l’opposition syrienne » [4] !

3. L’empressement du nouvel émissaire de l’ONU, Mr Lakhdar Brahimi, à se déclarer libre des pressions exercées par les « ourbanes » wahhabites et sa volonté d’ébruiter ce qu’il a fait savoir à la direction qatari et à Hamad Ben Jassem, son ministre des Affaires étrangères, quant au fait qu’ils devaient désormais rester à l’écart de sa mission censée mettre en place les bases d’une solution pacifique que lui et sa Ligue n’ont cessé de torpiller. S’ajoute à cela le sentiment que l’Occident a besoin de lui pour tenter de sauver la face. Sans oublier ses prises de position suite à sa rencontre avec le Président syrien qui lui a permis de lever ses doutes quant à la solidité de la gouvernance syrienne, et d’avertir indirectement ceux qui souhaiteraient entraver sa mission que les retombées de la crise ne se limiteraient pas aux frontières syriennes, laquelle crise « représente une menace pour le peuple syrien, pour la région et pour le monde » ; ce qui laisse à penser que Mr Brahimi ne sera pas un Mr Annan bis !

4. La remise en question des stratégies occidentales soutenant le terrorisme par nombre d’intervenants qui déclarent publiquement que la poursuite d’une telle politique menace leurs propres intérêts, en Europe et plus particulièrement aux USA [6]. Ainsi que les réactions aux extraits du film blasphématoire [L’Innocence des musulmans, NdT] qui devraient pousser les USA à se départir de leur arrogance, à comprendre que le temps est venu de cesser de manipuler les peuples [7], et à prendre conscience que même les gouvernements nouvellement constitués suite à la transaction « pouvoir mondial contre autorité locale » ne sont pas nécessairement leurs alliés ! Ce n’est donc pas sans arrière pensée qu’Obama a déclaré que l’Égypte n’était « ni un allié, ni un ennemi » !

Certains diront que, sur le terrain, la réalité ne traduit pas cette faillite étant donné la quantité faramineuse d’armes en perpétuelle livraison aux terroristes en provenance du Liban ou de la Libye via la Turquie… la dernière livraison portant sur 400 tonnes [8] ! … Mais ceci ne contredit en rien le succès de l’Armée arabe syrienne qui par sa « stratégie d’encerclement avant nettoyage » a écrasé un grand nombre de ces terroristes et en a débarrassé les régions infestées l’une après l’autre…

Par conséquent, nous disons que la Syrie est entrée dans une nouvelle étape que nous pouvons résumer comme suit :

1. Le camp des agresseurs se cherche une voix de sortie et même si certains continuent à vouloir atteindre leurs objectifs premiers par les menaces et le terrorisme, ils sont obligés de tenir compte du fait qu’ils allument un incendie qui risque de les brûler et de nuire aux intérêts des pays occidentaux.

2. Le dialogue national pour une solution pacifique est seul capable de restaurer la stabilité. Il doit être garanti par les forces régionales et internationales impliquées dans la crise, sans oublier que la Syrie après avoir résisté à l’agression est capable d’une contre-offensive.

3. Les masques sont tombés : l’Occident ne peut plus tromper personne… l’idéologie takfiriste destructrice a révélé sa déviance et celle de ses adeptes !

Dr Amin Hoteit

Source: alterinfo

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