Syrie, Iran : l’Inde fait bloc avec la Chine et la Russie

Lors d’une réunion informelle à l’ONU le 22 février, le Représentant permanent de l’Inde à l’ONU, Hardeep Singh Puri, s’en est pris frontalement à la doctrine onusienne de la « responsabilité de protéger » (R2P en anglais), nouvelle mouture de l’ingérence humanitaire chère à Bernard Kouchner.

Dans ses remarques, M. Puri réagissait à l’attitude « hyper-enthousiaste » des membres de la communauté internationale pour intervenir en Libye et en Syrie, et à la façon dont ce principe a été invoqué de façon sélective dans le but de provoquer des changements de régime dans ces pays.

Dans le cas de la Libye, a noté M. Puri, la résolution 1973 des Nations Unies avait pour but : un cessez le feu, l’Union Africaine (UA) jouant le rôle de médiateur ; l’usage des tous les moyens nécessaires pour protéger les civils ; une zone d’exclusion aérienne ; un embargo sur les armes, et des sanctions ciblées. Cependant, a-t-il ajouté, aussitôt que la résolution a été adoptée, les « membres hyper-enthousiastes » de la communauté internationale ont cessé de parler des efforts de l’UA pour amener un cessez le feu, et les ont complètement ignorées.

« Le seul aspect de la résolution qui a retenu leur intérêt [de la communauté internationale] était l’usage de tous les moyens nécessaires pour bombarder la Libye a mort » a-t-il déclaré.

Puis, dans le cas de la Syrie, selon Puri, au lieu d’adopter la démarche habituelle consistant à faire tenir le gouvernement syrien à un calendrier de réformes politiques, une résolution a été tout de suite proposée pour infliger des sanctions. « On a déclaré que le Président Bachar El Assad avait perdu sa légitimité. On a découragé l’opposition de dialoguer avec le gouvernement, et on a commencé à apporter un soutien aux groupes armés, prétendument pour qu’ils se défendent ».

Devant l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 24 juin 2009, lors d’une discussion sur la R2P, Hardeep Singh Puri avait alors déclaré : « La souveraineté en tant que responsabilité a, cependant, toujours été un attribut déterminant des états-nations, où des garanties de protection des droits fondamentaux des citoyens sont prévues dans la constitution. Ces mesures [le R2P], M. le Président, doivent non seulement être utilisées en dernier ressort, mais doivent être en conformité avec les dispositions de la charte des Nations Unies. La responsabilité de protéger ne devrait en aucun cas fournir un prétexte à une intervention humanitaire ou à une action unilatérale…. »

Source: solidariteetprogres.org

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