Suite à la publication de l’article de Jean-Paul Pougala au sujet d’Abdou Diouf de l’OIF (ancien président du Sénégal), Aly D. Diop a demandé que son texte y soit intégré…

"voilà le genre d'Africain qu'aime l'Occident"

"voilà le genre d'Africain qu'aime l'Occident"

Aly D. Diop - Je me permets de demander que ma réponse à la  publication de J. P. Pougala soit intégrée à votre « article » aussi clairement que mon nom figurant sur le titre. […]J’ose espérer que vous donnerez une suite favorable à ma requête pour lever toute équivoque que pourrait entraîner votre publication.  Cordialement.

1) Mr Jean-Paul Pougala, c’est avec un intérêt que j’ai toujours suivi vos publications. Je pense que vous faîtes partie des rares intellectuels africains qui posent de vrais débats engagés et « caustiques » à souhait. Malheureusement, en publiant cette photo et en la commentant de la sorte, sans réels arguments, vous ouvrez la boîte de Pandore. Beaucoup parmi ceux qui ont commenté se sont permis d’insulter un homme qui a été plus utile à son pays qu’eux pour le leurs. Il fut président du Sénégal sous la période des ajustements structurels essentiellement. Il s’est opposé le plus possible aux mesures draconiennes prises par les institutions de Bretton Woods afin d’amoindrir les impacts sociaux des mesures politiques si bien qu’il a été taxé de mauvais élève.

Il a quitté avec honneur le pouvoir en 2000 bien qu’ayant la possibilité de créer le chaos à l’instar de beaucoup de pays. Il est l’architecte de cette alternance qui a renforcé l’image du Sénégal comme « îlot » d’une démocratie dans un espace déchiré par des troubles politiques et des atteintes aux droits de l’Homme (Mauritanie, Guinées, Gambie). On est en science et je vous donne au moins une référence: Momar Coumba DIOP et Mamadou Diouf qui sont deux intellectuels respectés: Le Sénégal sous Abdou Diouf.
Je ne dis pas qu’il n’est qu’un ange car il y’a des parties non reluisantes de sa politique, c’est sûr. Seulement, sachons raisons garder et ne limitons pas l’oeuvre de l’Homme à son magistère à l’Organisation Internationale de la Francophonie et à cette arrêt sur image pour se permettre de le juger.
Mon intention n’est nullement de m’ériger en donneur de leçons. Je veux juste restaurer humblement, par ma participation, ce pourquoi je respecte la qualité de vos idées: l’objectivité. Merci encore.

2) Woulala! :) Je demanderai à tous de se calmer en retour. J’ai réagi de la sorte car pour qui suit la ligne directrice des idées de mr Pougala, il (elle) saura que « Voila le genre d’africain que l’occident aiment » n’est nullement un compliment pour Mr Diouf. Loin de là @Seyra Chouchye!
@Imhotep Honore: si vous prenez la peine de lire tout mon post (je dis bien TOUT), vous auriez vu que j’ai relativisé ma position dans mes dernières lignes. Je suis conscient qu’aucun chef d’Etat n’est en mesure d’avoir un bilan positif surtout dans un pays africain. J’ai donné une référence au moins qui pourrait vous édifier sur des limites du bilan politique de Abdou Diouf. Je ne suis pas un politicien pour prétendre défendre le leg de quiconque. Je me suis juste limité à une analyse POLITIQUE en me souciant de la scientificité des choses. Je n’ai nullement un quelconque souvenir idyllique de l’ère Abdou Diouf. Je dis juste qu’il a fait montre d’un courage politique dans beaucoup de domaines qu’il faut reconnaître avec référence à l’appui.

3) C’est justement pour ne pas laisser de place aux supputations et autres ambiguïtés qu’il faut qu’il argumente mieux la photo. Mon souci s’en limite là, très chère!

‎4) @Noubessi Le Bantou: Je prends la peine de vous répondre même si… :) En réalité, je sais que ce qui fait le charme des publications de cette page est la rigueur de l’argumentaire. Je ne suis pas aussi jeune certes mais l’amour que je voue à la science et le respect que j’ai pour les lecteurs de cette page m’obligent à ne pas avoir de réactions épidermiques. Les bons géostratèges, politistes et ceux qui suivent l’actualité connaissent l’impact des PAS dans l’Afrique d’aujourd’hui. Retournez à l’Histoire et réarmez-vous de science, de connaissance pour nous proposer mieux que cela. Je ne fréquenterai pas ces pages si elles ne me servaient pas à apprendre quelque chose de nouveau sur le monde.
Donc, merci d’être plus courtois dans vos interventions. Mon respect s’acquiert par la rigueur des arguments.

5) « Mr Pougala, je me félicite de votre réponse. Je n’en attendais pas moins de votre part. En réalité, je n’ai pas réagi parce que je n’étais pas content. J’ai juste commenté votre post parce que je le trouvais très ambigu. Je cherchais à vous faire préciser votre pensée car tel que vous aviez commenté la photo de Abdou DIOUF, vous laissiez libre cours à des individus à la connaissance « diversifiée » se permettre de se prononcer pour ne pas dire insulter quelqu’un qu’ils ne connaissent sans doute que de nom. Votre page est riche et c’est ce qui fait qu’elle est courue par beaucoup qui ne prennent pas la peine de réellement peser les enjeux que vous posez. Donc, mon intervention aura été très instructive pour moi et pour vos nombreux fans parmi lesquels vous comptez quelques « illuminés » (lol! That’s just a joke). Mais quand même, je ne veux pas que certains développent la même attitude « imbécile »( dans son sens le plus français, je précise), contre cette forme de racisme qui est développée dans le monde à l’encontre de l’Afrique. Merci de toujours nous gratifier de votre sens profond de la maîtrise des défis africains à travers vos publications exhaustivement commentées.
Par ailleurs, j’ai une formation en socio-anthropologie du développement. Pour vous dire que je partage entièrement votre idée comme quoi le premier défi de l’Afrique reste l’appropriation de la langue. Car c’est dans la manière de nommer les choses que se trouve la vision du monde. Et c’est cette vision du monde qui module les rapports des individus d’une culture par rapport à une autre culture. Elle permet aussi à l’individu de se projeter dans l’avenir à travers une vision prospective, se définir dans son présent, par rapport à son passé. D’ailleurs, la thématique des représentations sociales qui apparaît en trame est une thématique pas assez développée en sciences sociales en Afrique. Peut-être c’est parce qu’elle est provocatrice à souhait ou privilégie une déconstruction d’une réalité en oeuvre en Afrique qui peut paraître subversive. Le tout est que j’ai entamé la réflexion dans le cadre des pratiques économiques et qu’on aura l’occasion d’y revenir.
Je termine par dire que le défi en Afrique c’est une formation solide. Malheureusement, les sciences sociales n’ont pas bonne presse en Afrique, mais elle servirait grandement à une attitude panafricaniste plus éclairée. La volonté de changer les choses est un grand pas. Mais, il est encore mieux de définir quelles sont les modalités concrètes d’effectuer ce changement. A mon humble avis, il y’a un fossé entre le VOULOIR et le POUVOIR que seule la maîtrise d’une science avec conscience peut aider à surmonter. J. Ki-Zerbo et Cheikh Anta DIOP n’ont cessé de nous le rappeler. »

Aly D. Diop

Source:facebook.com/

Réponse de Jean-Paul Pougala - Diop, pour moi, la fonction de Chef d’Etat est sacrée. C’est pour cela que je prétends qu’on respecte nos chefs d’Etat (quoi qu’ils aient fait) exactement comme on le fait ailleurs en Europe, aux Etats-Unis, en Russie, en Chine etc… Mais en revanche, ce sont nos chefs d’Etats qui doivent arrêter de nous humilier en acceptant de présider des associations et institutions bidon. De la même manière que je dis que la place d’un chef d’Etat Africain n’est pas à la Haye et me bats même contre les Africains qui acceptent d’y siéger comme procureurs ou juges, de la même manière je dis que la place d’un chef d’Etat africain n’est pas à défendre les intérêts de la France à travers une institution à saveur coloniale qu’est la Francophonie dont j’ai demandé l’abolition à travers ma lettre ouverte au chef d’Etat français et au peuple français (voir la copie sur mon blog : www.pougala.org ).

A propos de la langue, c’est depuis 1975 que le Swahili a été reconnue à l’ONU est inscrit à l’UNICEF comme la langue officielle Africaine et c’est à ce titre qu’un autre ex-président : Konaré alors président de la Commission de l’UA (président l’institution juste à mes yeux) s’est battu afin que ce Swahili soit très vite adoptée comme la langue commune Africaine. Je me serais attendu que le Président Diouf lui donne un coup de main et non aller défendre une langue qui empêche l’émergence de la culture africaine. S’il contestait le Swahili, il aurait pu défendre le Wolof, pas le français.

Jean- Paul Pougala, professeur à l’Université de la Diplomatie de Genève en Suisse
Jean- Paul Pougala, professeur à l’Université de la Diplomatie de Genève en Suisse

Par ailleurs, l’Afrique est un si grand chantier pour réécrire notre histoire en formant nos jeunes que je me demande si le Président Diouf n’a pas trouvé l’utilité de donner lui aussi un coup de main à nos jeunes. Pour le faire, on n’a pas besoin d’être en poste ou d’être Ministre ou Président. Il a déjà un salaire d’ancien Chef d’Etat qui le protège du besoin, et lui laisse suffisamment d’espace pour qu’il fasse plein de choses au Sénégal, en Afrique. Au lieu de cela, il a préféré comme son prédécesseur de s’exiler en France. Au fond, à quoi sert cette francophonie? Si les étudiants africains, les chanteurs africains ne peuvent pas voyager librement vers la France, la Suisse, le canada ou la Belgique alors que les pays de l’Amérique du Sud qui ne sont pas dans la francophonie peuvent le faire ? Les Africains doivent copier l’exemple des pays Scandinaves où tous les jeunes doivent bien parler au moins 3 langues internationales et non s’engouffrer dans une seule langue qui limite leur vision du monde.

Le Président Diouf en présidant la Francophonie, n’a-t-il pas compris que S’exprimer uniquement dans la langue de l’autre est symbole de soumission ? Tous les dirigeants Nord-africains parlent français, mais aux Nations-Unies, ils ne prononcent jamais un discours en français, mais plutôt en Arabe. C’est aussi le cas des dirigeants Chinois qui même si c’est eux qui impriment tous les dictionnaires anglais, dès lors qu’ils sont aux Nations-Unies, font semblant de ne connaitre aucun mot d’anglais et se font traduire de leur chinois.

Le Président Diouf peut-il nous aider à faire que très bientôt, aux Nations-Unies, un président Africain se fasse traduire du Wolof, du Lingala ou du Malgache, en attendant que le Swahili remplace toutes ces langues ? PS: S’opposer au PAS est juste la fumée aux yeux, à mon avis; car ne pas mettre en cause le Franc CFA est la preuve d’un certain alignement récompensé justement par cette présidence de la Francophonie. « L’Europe, en proie à la crise de la dette, n’est plus un modèle à suivre pour le reste du monde et refuse de l’admettre » l’a déclaré le 9/12/2011 le président tchèque Vaclav Klaus. Les Présidents Africains et les anciens ont-ils compris que la page de la gloire européenne est en train d’être tournée? Voudront-ils faire partie du nouveau monde qui se redessine ou de l’ancien déjà obsolète ?

Jean-Paul Pougala

Source:facebook.com/

 

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