SIDA: le venin d’abeille pourrait permettre de détruire le VIH

une-toxine-presente-dans-le-venin-d-abeille-serait-capable-de-detruire-le-vih_58195_w250Par Emmanuel Perrin

Des chercheurs américains seraient parvenus à utiliser une toxine naturellement présente dans le venin des abeilles pour détruire le VIH, le virus responsable du SIDA.

Si l’on prêtait déjà de nombreuses vertus au venin d’abeille, c’est une découverte inattendue qu’ont faite des chercheurs de l’École de médecine de la Washington University aux Etats-Unis. Cette substance pourrait aussi permettre de détruire le VIH, et ce, sans affecter les cellules saines. Comme ils l’expliquent dans leur étude, c’est plus précisément une toxine présente dans le venin de ces demoiselles et appelée « mélittine » qui posséderait un tel pouvoir.

Concrètement, la toxine serait en fait capable de percer des trous dans l’enveloppe protectrice qui entoure le VIH, mais aussi d’autres virus. Une propriété déjà connue mais qui n’avait pas été utilisée que contre certains micro-organismes. Néanmoins, selon le Dr Samuel Wickline qui a dirigé les travaux parus dans la revue Antiviral Therapy, de grandes quantités de mélittine circulant librement peuvent provoquer d’importants dégâts dans l’organisme. C’est pourquoi les chercheurs ont utilisé une technique bien particulière au cours de leurs expériences : ils ont utilisé des nanoparticules infusées à la melittine.

Détruire le VIH sans toucher les cellules

Ces nanoparticules sont plus petites que les cellules normales mais plus grandes que le VIH qui est lui particulièrement petit. Par ailleurs, outre la mélittine, les scientifiques ont également ajouté de petites protections supplémentaires à la surface des nanoparticules pour les empêcher de s’attaquer aux cellules normales. Ainsi, lorsque les nanoparticules entrent en contact avec les cellules saines, ces dernières ne font que rebondir dessus et leur membre reste totalement intacte.

En revanche, le VIH qui est lui bien plus petit est capable de se faufiler entre les protections et d’entrer en contact avec la surface de la nanoparticule, où l’attend la toxine du venin d’abeille. Ainsi, « la mélittine sur les nanoparticules fusionne avec l’enveloppe virale. La mélittine forme des pointes poreuses qui rompent l’enveloppe, l’enlevant du virus« , explique Joshua L. Hood, principal auteur de l’étude cité dans un communiqué de l’université.

Le principal intérêt de cette approche est de s’attaquer à « une propriété physique inhérente du VIH« , à une partie importante de sa structure, ajoute M. Hood. « Théoriquement, le virus est incapable de s’y adapter. Le virus doit avoir une enveloppe protectrice, une double couche qui recouvre le virus« . Détruire cette couche conduit donc irrémédiablement à sa mort.

Un gel vaginal pour empêcher la contamination

D’après les scientifiques, cette découverte représente une importante avancée dans le développement potentiel d’un gel vaginal qui pourrait permettre d’éviter la contamination par le VIH. « Nous espérons que dans les endroits où le VIH est largement répandu, les gens puissent utiliser ce gel comme une mesure préventive pour stopper l’infection initiale« , précise encore le scientifique. Mais ces travaux pourraient également conduire à la mise au point d’un traitement pour les malades déjà contaminés, en particulier ceux qui montrent une résistance aux autres thérapies.

Pour cela, les nanoparticules pourraient être injectées en intraveineuse et pourraient être capables, en théorie, de faire disparaitre le VIH de la circulation sanguine. « Les particules basiques que nous utilisons ont été développées il y a plusieurs années en tant que produit de sang artificiel. Ça n’a pas très bien marché pour délivrer de l’oxygène mais elles ont circulé en toute sécurité dans le corps et nous ont donné une bonne plateforme à adapter pour combattre différents types d’infections« , commente Hood.

Sans le détruire complètement, cette technique pourrait permettre de fournir tout du moins une protection, comme le souligne le scientifique. « Nous l’étudions aussi pour des couples dont un seul des partenaires a le VIH et qui veulent avoir un bébé. Ces particules sont d’elles-mêmes très sûres pour les spermatozoïdes pour la même raison qu’elles le sont pour les cellules vaginales« . Les scientifiques comptent donc bien poursuivre leurs travaux qui pourraient d’ailleurs aussi être utiles contre d’autres types de virus comme ceux de l’hépatite.

Emmanuel Perrin

Source:maxisciences

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *