SENEGAL : Wade rattrapé par son Zèle et ses sorties hasardeuses

On se rappelle encore les propos incendiaires de l’actuel chef de l’Etat sénégalais contre le Président Laurent Gbagbo. Abdoulaye Wade avait, d’ailleurs, sans gêne, reçu l’opposant Alassane Dramane Ouattara, entre le 1er et le 2ème tour de l’élection présidentielle ivoirienne qui opposait Gbagbo à Ouattara.

Le président sénégalais avait, à cette occasion, affrété son avion personnel pour aller prendre Ouattara et un émissaire de Bédié afin de les recevoir à Dakar. Wade qui vouait une haine inexpliquée à Laurent Gbagbo avait royalement oublié la retenue exigée par la diplomatie. Son ingérence dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire était sans arrêt. Après le renversement de Gbagbo par l’armée française et l’installation de Ouattara, Wade s’est tourné vers la Libye.

Il fut l’un des premiers chefs d’Etat à reconnaître le Cnt, mouvement rebelle armé soutenu par l’Occident contre le colonel Kadhafi. Le président sénégalais était aussi le premier président africain à demander à son homologue libyen de quitter le pouvoir parce que, selon lui, il a perdu toute légitimité. Abdoulaye Wade se mêlait ainsi de façon inélégante des affaires intérieures d’un autre Etat.

Aujourd’hui, il a du mal à contenir sa colère contre les sorties des Etats-Unis et de la France qui lui demandent de passer le relais aux nouvelles générations au Sénégal. Tout furieux, il rétorque qu’il ne répondra ni au Sous secrétaire d’Etat américain chargé des affaires africaines, ni à Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères de la France. «Si c’est Sarkozy, je lui répondrai», soutient Wade. Qui, on le voit, se débat comme un « beau diable » pour briguer un 3è mandat à 86 ans.

Ça n’arrive pas qu’aux autres. La politique d’ingérence est une roue qui tourne pour les pays faibles. Wade trouve aujourd’hui refuge derrière le Conseil constitutionnel du Sénégal alors qu’il a toujours affiché un mépris pour cette institution quand il s’agit de ses homologues des autres pays africains. Il croyait se mettre à l’abri en encourageant aveuglement les interventions militaires de la France et des États-Unis qui déstabilisent des régimes africains.

Abdoulaye Wade a oublié qu’avec les occidentaux, un chef d’Etat africain est une proie en sursis. Maintenant que c’est son tour, il ne supporte plus la France et les États-Unis qu’il a toujours soutenus contre les autres. Wade est ainsi rattrapé par son zèle et ses sorties hasardeuses.

Benjamin  Koré

Source: jusquaubout.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *