Sénégal – Nuit de violence inouïe à Dakar avec des scènes de guérillas

La capitale sénégalaise à feu et à sang, suite à la violente intervention de la police ! Bilan provisoire : un mort et de nombreux  blessés par balles, de sources hospitalières.

Le film des évènements

Des milliers de personnes s’étaient réunis dans la journée d’hier à la place de l’Obélisque pour manifester pacifiquement. Mais, la violence a fini par s’inviter in extremis à la manifestation pourtant pacifique, auparavant interdite, puis finalement autorisée avec apparemment la ferme volonté de l’État de la faire à tout prix dégénérer, au regard des péripéties. Personne ne comprend le fait qu’une voiture de police fonce sur la foule vers 18h30, suite à une série de déflagrations de grenades lacrymogènes. Bilan : un étudiant en Master écrasé par un véhicule de police et beaucoup de blessés secourus par la Croix rouge qui les a acheminés vers des hôpitaux de la capitale! C’est ce qui fait  au total cinq morts en l’espace de quelques jours, c’est-à-dire depuis la validation de la candidature du président Wade.

Le Sénégal sombre ainsi de plus belle dans la violence qui pourrait plonger dans le chaos un pays longtemps réputé stable et paisible, malgré les contingences de la vie. Et ce qui est inquiétant, c’est que le président Wade ne semble pas en mesurer l’ampleur, puisqu’il campe toujours sur ses positions en essayant d’infantiliser le M23 emporté par des futilités, selon ses propos. La preuve en est qu’il avait qualifié de « mouvement d’humeurs » la contestation de sa troisième candidature aux élections du 26 février 2012, dès la proclamation de la validation de sa candidature problématique. C’est évidemment une déclaration scandaleuse qui met à nu son manque  considérations vis-à-vis de ceux qui s’opposent catégoriquement à son troisième mandat illégal. Bref, le pays s’embrase mais Wade n’en a cure en réprimant dans le sang son propre peuple.

Aujourd’hui  la mort a encore fait irruption dans la manifestation à Dakar. Autrement dit, la tension persiste toujours, avec des scènes de violence inouïes. Les éléments de la croix rouge et leurs ambulances n’ont même pas été épargnés par les bévues policières. Où va le Sénégal ? Même en cas de guerre, les médecins ont le droit d’exercer librement leur métier en volant au secours des blessés !

La manifestation du 31 janvier marque un tournant décisif dans la lutte contre le coup d’État constitutionnel, dans la mesure où Dakar et presque l’ensemble du pays ont été le théâtre de violents affrontements entre forces de l’ordre et jeunes manifestants, plus que jamais déterminés à faire reculer le président Wade.

En tout cas, la Croix rouge, accourue sur les lieux  pour venir en aide aux blessés graves en leur administrant les premiers soins, est totalement débordée par la situation : ça brûle partout et l’explosion des grenades lacrymogènes ne cesse de retentir au-dessus de la mêlée.

Enfin, il est surprenant de constater l’absence notoire des leaders de l’opposition sur le champ d’honneur, à chaque fois que la situation dégénère. A quoi bon de réunir des jeunes pour prendre ensuite la poudre d’escampette au moindre accrochage avec les forces de l’ordre ? Malgré tout, la mobilisation ne faiblit pas et risque de continuer jusqu’au renoncement de Wade ou à sa chute, au vu de la détermination des jeunes manifestants, de plus en plus hantés par la marche sur le palais présidentiel, quitte à mourir tous afin de défendre leur Constitution.

Diop Dame

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