Sénégal – Macky Sall, le Nouveau Type de Cow-Boy

Rendez-Vous 
à Ok Corral


Macky Sall qui se veut justicier d’une société en compote ne s’est pas seulement donné les moyens juridiques pour lutter contre la prévarication. Il a également adopté le profil de l’emploi, au physique. Son surpoids pondéral lui donne en effet la démarche de ce cow-boy prêt à dégainer et à tirer sur tout ce qui bouge, les bras écartés le long de la cuisse.

La Radiotélévision sénégalaise a innové jeudi dernier, 7 février, lors de la lecture du communiqué du conseil des ministres : elle a présenté Macky Sall au moment où il entrait dans la salle et a donc coupé près d’une minute du plan originel où l’on voyait une équipe réduite accompagner le président qu’elle était allée chercher au palais pour aller ensemble à la présidence.

L’événement est important, en matière de communication : il épargne une vision ubuesque d’un homme gêné par son embonpoint empruntant un talus semi-abrupte sur lequel on se demandait toujours quand s’il allait tomber ou pas, emporté par son poids et la géographie du terrain,  avant de se dandiner dans un ensemble où les pans s’éloignaient l’un de l’autre pendant une éternité durant laquelle on semblait percevoir un sourire moqueur de celui qui a triomphé de la nature…et des hommes. Un premier moment d’une nouvelle forme de communication semble donc posé depuis jeudi, peut-être avant de retomber dans le train-train quotidien caractéristique de la communication d’État où il n’est as possible de communiquer en allant au-delà de l’information. Dans les temps actuels en effet, les populations ne se retrouvent pas dans un système d’échanges connu de Mathusalem : « Pile, je gagne, face tu perds ! ». Autrement dit, il faut à l’Etat tuer le « je » haïssable pour un « nous » plus inclusif comprenant les populations sénégalaises, au sens sociologique du terme.

Car il n’est plus question que de communication et des failles entrevues dans la cartographie des intervenants dans ce secteur et des rénovations qu’il faudrait y apporter du côté du gouvernement. Apparemment sans succès ; il faudrait peut-être alors, inverser les termes du débat et remonter la chaine heuristique à rebrousse poil, du récepteur à l’émetteur, au sens de Mac Luhan. Le problème semble reposer en effet plus sur le locataire du palais de la République lui-même que sur la réceptivité des populations, moins sur le discours que sur la nature du discours et les prédispositions du récepteur, l’émetteur et le médium.

Il semble en effet, accessoirement, que  le récepteur ne veuille plus légitimer la source. Car la communication est d’autant plus acceptée qu’elle trouve une légitimité entre les deux points à relier ; apparemment, le charme paraît rompu entre le sommet et la base.

La communication d’État ne passe pas ? 

Il ne faut incriminer ni El Hadji Kassé, ni Latif Coulibaly, ni Alioune Fall (Sall) ni le porte parole Abou Abel Thiam : le premier promoteur de Macky Sall est le président de la République lui-même qui pose problème dans sa posture. Comment en effet promettre un « Yokkuté » que le peuple ne voit pas alors que le chef de l’État étouffe dans des costumes mal taillés ? Comment suivre le logos du président quand le récepteur fantasme plus sur les bajoues et la lippe de l’émetteur ? Pourquoi imposer un régime « weightwatchers » à un peuple qui ne se nourrit pas, alors qu’en face, on croule sous un surplus de poids pondéral ?

Double U Jr le Texan avait été formaté selon la logique de l’époque et d’origine du cow-boy, justicier, défenseur de la veuve et de l’orphelin ; sa démarche était calquée sur le cow-boy, ce qui donnait à George Bush l’air un peu niais que se complaisait à faire ressortir l’émission « Les Guignols de l’Info« . Inconsciemment et sous l’effet du poids, Macky Sall a la même démarche du cow-boy prêt à dégainer et à tirer. : le voir dans son costume cintré, les épaules dégagées, les bras ballants le long des cuisses renvoie à ce justicier caractéristique de la Conquête de l’Ouest ; son programme à date, limité dans la recherche de moyens pour assurer la dépense quotidienne des populations sénégalaise, repose en effet sur cette vision du cow-boy justicier.Mais les choses trainent, à quelques encablures de l’anniversaire du 25 mars et la mayonnaise tarde à prendre.

 La cure générale s’impose à tous. Surtout au moment où l’attelage politique majoritaire semble à hue et à dia et renforce ce sentiment d’abandon de populations qui voient la classe politique se soucier plus d’elle-même que du reste.
Le docteur Malick Diop est apparemment le dernier mohican de l’Alliance des Forces de Progrès
: il sillonne les rédactions (SenTv et 2sTv) à s’égosiller sur la force de la formation de Moustapha Niass qui s’étiole pourtant. Au point de nécessiter un recadrage avec la rencontre de cette fin de semaine (9 février). Les deux représentants dans le gouvernement migrent vers le parti de Macky Sall qu’ils veulent renforcer malgré un embonpoint qui commence à inquiéter (quotidien « L’As » du vendredi 30 novembre 2012) ; le porte parole du gouvernement et le ministre du Commerce veulent en effet effacer l’Afp du gouvernement en décidant de migrer, la fusion étant préférable à la transhumance négativement chargée depuis Wade en ce qu’elle sert de refuge pour éviter les foudres d’un pouvoir nouveau à la recherche de prévaricateurs. C’est à se demander d’ailleurs quelles seraient les fautes commises pour les deux prétendants, au point de se chercher un parapluie doré. Idrissa Seck et son Rewmi gênent aux entournures un pouvoir rappelé à l’ordre dans la recherche de moyens pour soulager les populations et précipitent la fin d’une cohabitation impossible.

Ces velléités se déclenchent au moment où Niass serait décrié au Parlement pour la manière dont il gérerait ses collègues députés. Mais si l’on sait qu’il est le dauphin désigné, on comprend que  beaucoup veuillent sa mort. L’Apr de Macky Sall n’en veut pas comme dauphin et sa propre coalition va à vau-l’eau (EnQuête N° 442 du 30 novembre 2012, page 3).

Comment, dans ce  contexte, trouver le bon tempo pour le bon cep et la bonne communication ?

Pathé Mbodje, journaliste

Source:koccbarmafall

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