Sénégal : Macky risque de passer de Sall temps avec les alliances

Macky Sall (à droite) et Moustapha Niasse (AfriScoop).

Macky Sall (à droite) et Moustapha Niasse (AfriScoop).

Elle est donc passée l’heure des fins calculs ; Macky Sall sera le quatrième président post-indépendance du Sénégal. Une victoire qu’il doit surtout au soutien invétéré que lui a apporté la dizaine de recalés du premier tour. Le côté fâcheux de cette forme d’alliance, c’est qu’il faut s’efforcer de satisfaire tout le monde, une fois la victoire électorale acquise.

Un pari loin d’être gagné car un mandat présidentiel (qu’il soit un quinquennat ou un septennat) passe très vite. Me Wade lui-même en a fait l’amère expérience entre 2000 et 2007.

Il avait à titre d’exemple « promis de solutionner la crise casamançaise » en moins de trois mois ; il n’est jamais arrivé à tenir cette promesse électorale. Plutôt, très vite, l’architecte du Pds plongera dans de profondes divergences de points de vue d’avec des acteurs phares de sa victoire de l’an 2000 comme Moustapha Niasse -l’un de ses nombreux anciens Premiers ministres-.

Contrairement à Me Wade, Macky Sall semble avoir bénéficié d’une part d’un référendum anti-Pds qui n’aura jamais permis aux Sénégalais de voter pour le candidat dont le programme répond le plus à leurs attentes. D’autre part, jamais, dans l’histoire politique récente sénégalaise, la société civile ne s’était autant mobilisée pour crier haro sur les faits et gestes d’un président sortant. Durant l’exercice de son premier mandat, l’ancien Premier ministre Sall devra donc jouer aux équilibristes pour satisfaire tout ce beau monde sus-indiqué !

Quid de sa propre marque qu’il voudra imprimer à la gestion des affaires publiques dans son pays ? C’est seulement à partir de cet instant que verront jour les choix cornéliens qui s’imposeront au quatrième président du Sénégal indépendant, même s’il arrive à mettre des mots sur les multiples maux qui rendent la vie chère aux Sénégalais depuis plusieurs mois.

Par ailleurs, dans un contexte sénégalais dans lequel tous les leaders politiques qui ont soutenu M. Sall n’ont jamais su taire leur ego dans une candidature unique, la bourrasque qui a emporté le Pds peut rapidement se retourner contre le camp Sall et même l’empêcher de faire un second mandat !! A ce politique qui a exigé les comptes de « l’Anoci » de faire preuve de la clairvoyance et de l’habileté que lui prêtent ses partisans. Une pléthore d’ingrédients qui devront être manipulés avec parcimonie pour que le premier mandat de l’ancien Premier ministre de Wade ne se mue en « un sale maquis » politique.

Bellino CHRISTIAN

Un commentaire de Bellino CHRISTIAN — La Rédaction AfriSCOOP.

Source:afriscoop.net

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