Présidentielle au Sénégal : divergences de vues au sein de la confrérie mouride

Deux chefs religieux mourides ont lancé des consignes de vote en faveur d’Abdoulaye Wade, pour le second tour de la présidentielle, qui aura lieu probablement le 25 mars 2012.

Au Sénégal, le second tour de la présidentielle prévu le 25 mars se prépare. Si les démarches entreprises par Abdoulaye Wade et son équipe se font dans la discrétion, Macky Sall lui, poursuit sous l’œil des caméras sa tournée des candidats malheureux du premier tour. Les consignes de vote lancées en faveur de Wade par deux chefs religieux mourides créent par ailleurs de nombreux débats, notamment au sein de la confrérie. Certains intellectuels ou dignitaires mourides estiment en effet que ces deux « guides spirituels » sont sortis de leur rôle.

En lançant une consigne de vote, ce qu’on appelle en wolof un « ndigueul » en faveur d’Abdoulaye Wade, Cheikh Bethio Thioune et Cheikh Ndiguel Fall, qui sont deux guides religieux mourides sont-ils sortis de leur rôle ? Le débat agite à l’heure actuelle les intellectuels de la confrérie.

« Le Ndigueul est autorisé, estime ainsi Ibrahima Diagne, le chargé de la communication de Cheikh Bethio, joint par RFI. Les disciples du Cheikh, poursuit-il, sont liés à lui par un pacte d’allégeance. En tant que guide spirituel, il sait ce qui est bon pour eux et pour le pays ».

Installés dans un salon de Dakar, à même le sol sur un tapis ou dans des fauteuils en cuir, tous vêtus de boubou de bazin, plusieurs arrière-petits fils de Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur de la confrérie, marquent leur désapprobation. Les arguments fusent en wolof dans la pièce. « Il faut laisser à la population la liberté de choisir ses leaders. Ce n’est pas au chef religieux de décider pour elle », synthétise enfin l’un de ceux qui ont participé à la discussion.

Dans ce débat interne à la confrérie, certains craignent que les consignes de vote ne

créent des scissions entre croyants d’options politiques différentes.

D’autres intellectuels renvoient au chemin montré par l’actuel khalife, le chef suprême de la confrérie. « A partir du moment où le khalife a fait le choix de la neutralité, estime ainsi Abdoulaziz Mbacké Majalis, tous les guides religieux qui relèvent de son autorité devraient eux aussi suivre cette ligne ».

Source:rfi.fr

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