POURQUOI L’AFRIQUE A PEUR DES PAYS DITS DEMOCRATIQUES ?

La dictature et la démocratie sont les deux faces de la même médaille qui vise le seul et unique but d’organiser les citoyens dans l’ordre et la sécurité. La DEMOCRATIE a ceci de différent qu’elle est une sorte de servitude volontaire où le prince a l’intelligence de distraire ses sujets avec tellement de paillettes (les élections et la télévision) qu’ils payent leurs impôts en chantant et en dansant, tellement ils sont contents et convaincus d’avoir le meilleur système du monde.

Sur le plan international, le prince du mensonge démocratique semble le plus violent, arrogant, aigri parce qu’il n’a pas la même facilité de mettre le monde entier au pas comme ses citoyens. Alors, il sort le canon, c’est la guerre. C’est comme cela que les guerres et les fausses révolutions ne sont financées que par des pays qui se proclament démocratiques, trop habitués à la servilité ordonnée de leurs citoyens qui acceptent sans broncher d’être pris en otage par les banques avides, les politiciens incompétents et voraces et des entrepreneurs rentiers qui se sucrent encore une fois sur le dos des mêmes citoyens dociles, suffisamment abrutis par des dogmes d’une peur insensée d’un enfer après la mort, servi dans toutes les sauces de la vie quotidienne.

De la Libye à la RCA, en passant par l’Algérie, le Mali et le Tchad, toutes les rebellions armées sont avant tout financées par les pays dits « démocratiques » et leur quartier général se trouvent dans ces mêmes pays. Pourquoi, les rebelles tchadiens par exemple ne revendiquent leurs différentes incursions en territoire tchadien que depuis leur quartier général à Paris ? Avec la crise centrafricaine, comment ne pas se réjouir que finalement les pays africains aient compris qu’ils ne peuvent pas recourir à chaque fois au pyromane qui a mis le feu de venir l’éteindre et de se débrouiller tous seuls. C’est grâce à cette solution africaine que la Somalie est en train de redevenir une nation de droit. En Afrique Occidentale, il ya encore trop de YES-SIR et pour la crise malienne, il vaudrait mieux confier à l’Union Africaine la solution et non à une organisation fantoche comme la CEDEAO.

Sollicité par le président Bozizé pour l’application des accords militaires avec la France, François Hollande a déclaré : « L’armée française est en Centrafrique pour protéger les Français et non pour sauver un régime ». On est en droit donc de se poser une deux questions : 1- à quoi donc servent ces accords cinquantenaires que beaucoup de pays africains naïfs comme le Togo, le Bénin ou le Gabon ont récemment renouvelés ? Si pour protéger 1200 français de Centrafrique il faut 600 militaires français, le président français accorde-t-il la réciprocité que désormais en cas de problème des citoyens algériens en France, l’armée algérienne puisse se déployer rapidement pour mettre en sécurité ses citoyens résidant en France ? A chacun sa réponse, mais il y a encore quelqu’un en Europe qui croit que les africains vivent encore au 19ème siècle et il risque de se réveiller trop tard de son long sommeil.

Jean Paul Pougala

De notre ami, Bruno DRWESKI, Voici citations de Robert Cooper, dites lorsqu’il était Conseiller diplomatique du Premier ministre britannique Tony Blair, avant de devenir directeur des Affaires extérieures et militaires au Secrétariat général du Conseil de l’Union européenne :
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1- « Entre nous, nous opérons sur la base de lois et d’une coopération ouverte en matière de sécurité. Mais lorsque nous avons affaire à des types d’États plus désuets hors du continent européen postmoderne, nous devons en revenir aux méthodes plus rudes d’une autre époque – la force, l’attaque préemptive, la ruse, tout ce qui s’avère nécessaire face à ceux qui vivent encore dans le monde du XIXe siècle et du chacun pour soi. Entre nous, nous respectons la loi, mais lorsque nous opérons dans la jungle, nous devons aussi recourir à la loi de la jungle. »

2- « Ce qu’il faut donc c’est une nouvelle sorte d’impérialisme, acceptable aux yeux d’un monde de droits de l’homme et de valeurs cosmopolites. Nous pouvons déjà en discerner les contours : un impérialisme qui, comme tout impérialisme, vise à instaurer l’ordre et l’organisation, mais qui repose sur le principe du volontariat. »

Robert Cooper, « The New Liberal Imperialism », The London Observer, 7 avril 2002. Cité par Philip Golub dans Une autre histoire de la puissance américaine, Seuil, Paris, 2011, p. 229. Traduit de l’anglais par Claude Albert

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