Pourquoi la volte-face d’Alioune Tine à quelques heures de la fin de son « ultimatum »? Le coordonnateur du M 23 a-t-il eu peur de l’indifférence et l’opiniâtreté d’un Wade psychologiquement « inébranlable » ?

Le coordonateur du M 23 avait refusé à Wade le droit de se raviser. Et pourtant, il vient de s’en servir lors d’un entretien publié par un journal de la place, ce 05 novembre 2011 sous un titre sans équivoque, contrairement au ton jadis comminatoire utilisé lors d’un meeting : « Le M 23, pour la Tabaski, rassure les Sénégalais … ». S’étant en effet rendu compte de la gravité de ses actes antirépublicains et antidémocratiques, le redoutable président de la « Rencontre africaine pour la Défense des Droits de l’Homme » (RADDHO) et actuel coordonnateur du M 23 adopte ainsi profil bas en nous servant un soi-disant crédo basé sur « la paix, la stabilité et la continuité des institutions de la République ».
Pourquoi avait-il alors librement proféré publiquement des menaces à l’endroit d’un président légalement élu ? A mon avis, M. Tine n’avait pas mesuré la dangerosité de ses propos tenus pendant ce meeting, sous les acclamations d’une assistance rêveuse et bercée par la mélodie du départ inéluctable de Wade fixé, au plus tard, le jour du sacrifice du mouton. L’assistance était sans doute très ravie d’apprendre une telle nouvelle symboliquement et idéologiquement significative, puisqu’elle ne s’est jamais reconnue dans les politiques de l’État, depuis les Indépendances. Tout le monde s’attendait à des lendemains incertains, croyant que le régime de Sa majesté était sur le point d’être balayé par le torrent de sang issu du sacrifice de milliers de bêtes, égorgées le jour fatidique. Mais, l’on apprend par la suite que ses paroles avaient été « mal interprétées » par une presse à rumeurs !
Cependant, avait-t-il été excité par cette foule prête à faire partir Wade à tout prix, quitte à oublier l’avenir du pays, convoité par une multitude de candidats peu crédibles et intègres dans la grande majorité ? S’il est vrai que « seuls les imbéciles ne changent pas », l’on peut constater, avec amertume, un fait ahurissant dans le landerneau politique du Sénégal : l’absence de parole d’honneur, la versatilité et l’exploitation des masses appauvries en vue de la satisfaction des caprices et des intérêts personnels de certains partis au pouvoir ou dans l’opposition. A qui se fier donc, à la veille de 2012 ? Au M 23 qui nous avait prédit un avenir sombre lugubre et macabre, ou à Sa Majesté victime de la « folie du pouvoir » ?
Enfin, un réel changement suppose nécessairement un renouvellement générationnel du paysage politique, sous l’œil vigilant de la Société Civile. En tout cas, Wade avait eu raison lorsqu’il disait que si son navire venait à couler, il ne coulerait pas tout seul avec son équipage « bleu », mais avec beaucoup d’autres personnages de l’opposition. Quoi qu’il advienne, espérons qu’après Wade, ce ne sera pas le « déluge » et encore moins le « chaos » si jamais le Conseil Constitutionnel valide ou rejette cette candidature source de « polémiques » et de « dangers » !

Dame Diop
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