(Parution) Gaston M’bemba-Ndoumba raconte « L’Ecureuil de Montréal »

Gaston M'bemba-Ndoumba1- Pourquoi ce livre et pourquoi Montréal?
L’idée de ce livre est née à Montréal, au parc Lafontaine pour être précis. C’est lors d’un pique-nique en regardant les Ecureuils que m’est venue l’idée de ce livre.
2 – Cette histoire est très « écolo » très dans l’air du temps non ?
Oui cette histoire est très écolo dans la mesure où les animaux sont considérés comme des êtres à respecter. D’ailleurs on est au cœur de l’équilibre à respecter entre les hommes et les animaux.

3 – On se rend compte d’une chose dans votre écriture : la dimension historique. On a l’impression que le récit d’une scène est une «excuse» pour relater l’histoire d’un lieu. Quel rapport avez-vous avec l’histoire en général ?

Effectivement, j’ai pris prétexte d’un certain nombre de lieux pour revenir à l’histoire de la ville. C’est le cas quand je parle du parc Laurier. Cela m’a permis de découvrir qui était ce monsieur. C’est une dimension à laquelle je tiens.

4 – Le personnage principal du livre, Berri-Ukam, est presque contraint d’immigrer à un moment donné à Paris. Silaho est une petite fille française avec un nom à consonance étrangère, et le nom de Berri-Ukam, fait écho à la station de métro Berri-UQAM(point central d’échange sur le réseau métroplitain de Montréal).L’écureuil de Montréal est-il un livre sur l’immigration et la rencontre des hommes?

C’est les deux à la fois.
Je parle dans ce livre de l’immigration française au Québec dans le temps. Je reviens sur l’histoire de la rencontre entre ceux qui ont émigré au Québec et les autochtones à l’époque. Je parle également de l’immigration aujourd’hui. C’est donc un mélange et un retour sur le métissage.

5 – Cette histoire parle aussi indirectement des différences entre les cultures…
C’est un sujet qui vous tient à cœur ?

Oui, beaucoup. Je suis moi même Africain de naissance et Européen d’adoption.
J’écris en plus en français, qui n’est pas ma langue maternelle, car quand j’étais petit je parlais kongo. J’ai appris le français à l’école et à cette époque, ça ne rigolait pas !

6 – Qui peut lire L’Écureuil de Montréal?

C’est un livre qui s’adresse à tout le monde dès lors que l’on sait lire tout seul.

On pourrait dire de 7 à 77 ans, mais c’est sans limite.
7 – Quelle est la part de vous dans ce livre?

Ma contribution, c’est imaginer une histoire, mettre en scène des personnages et les rapprocher. Je suis un chef d’orchestre.

8 – L’histoire se termine par le retour de Berri-Ukam à Montréal. Y aura-t-il une suite?

Pour l’instant cela n’est pas prévu.
Ce sera à chacun d’imaginer une suite.

9 – Vous qui avez plutôt l’habitude d’écrire des essais de sociologie, comment vous est venue cette envie d’écrire ce genre de « contes » ?

Peut-être parce que j’ai une fille et que j’ai commencé à lui raconter des histoires, d’abord à l’oral, puis à l’écrit. J’ai d’ailleurs l’impression de toujours écrire pour elle.

10 – Gaston Mbemba-Ndoumba, sociologue, essayiste et maintenant peut-on ajouter, écrivain-jeunesse?

On peut le dire car maintenant, j’écris aussi bien des essais que des livres pour enfants.
J’ai déjà écrit « ma première colo » et « mes toutes premières règles ».
Ecrire pour les adultes et les enfants, c’est en tout cas complètement différent. Les mots qu’on utilise, les concepts, les images ne sont pas les mêmes.
Pour moi, c’est plus difficile d’écrire pour les enfants, car trouver le mot adapté pour les plus jeunes est un travail de précision.

11 – Quelle est votre rapport avec la Ville de Montréal, vous qui vivez à Paris?

Montréal est pour moi une ville exotique dans la mesure où tout y est différent pour moi.  Par rapport à Paris, Montréal est pour moi une ville où il y a une vraie qualité de vie et des relations plus simples entre les gens.
C’est une ville où j’aime venir en vacances.

12 – À la rencontre de Silaho et Berri-Ukam, les deux «jeunes» se posent la question de la signification de leurs prénoms. On découvre l’origine du nom de l’écureuil et vous passez outre celle du nom de la petite Silaho. Pourquoi ?

Je n’ai pas voulu tout expliquer au lecteur. J’ai voulu laisser une part de mystère. Silaho chez les Kongo du Congo signifie que c’est le dernier enfant de la fratrie.

Monsieur Mbemba-Ndoumba, merci de nous avoir accordé cette interview. Nous rappelons que votre livre «L’écureuil de Montréal» est paru en février et publié chez Bénévent.

Gaston M'bemba-Ndoumba 2

(Interview réalisée par Myriam Matondo-Nkenda)

Samedi le 23 février 2013

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