Onu – La nouvelle donne avec la mutation de l’équilibre des pouvoirs, Par Chérif Abdedaïm

DÉCIDÉMENT, AVEC CE QU’ON ENTEND RÉGULIÈREMENT À L’OCCASION DES RENCONTRES INTERNATIONALES SUR LA SCÈNE ONUSIENNE, ON EST EN DROIT DE SE DEMANDER SI CE LIEU N’EST PAS DEVENU UN RING OÙ CHACUN TENTE D’EXHIBER SES MUSCLES AFIN D’IMPRESSIONNER SES ADVERSAIRES.

La 67e session et son lot de casse-têtes chinois a révélé encore une fois que cette organisation dite internationale n’est devenue en fait qu’une coquille vide où retentissent les symptômes des grands bouleversements que connaît la scène internationale sans toutefois apporter des réponses ou des solutions au désordre qui sévit un peu partout dans le monde. Faut-il réformer l’ONU ? A cela, certains spécialistes des questions internationales nous rétorquent : «Une réforme radicale de l’ONU s’impose pour la soustraire au contrôle des USA, mais c’est un vœu pieux. Il faut d’abord se poser la question : a-t-elle jamais garanti la paix ? Sa mission a été dévoyée depuis le début de son existence. Elle a pour mission fondatrice la paix internationale.» Est-ce le cas ? Avec son Conseil de sécurité, où les grandes puissances colonisatrices décident du sort des nations alors que le reste du monde est appelé à se plier à leur quatre volontés, peut-on encore évoquer l’idée de justice, de liberté, de respect, de souveraineté…

Récemment, le président iranien a soulevé certains points omis volontairement par la presse propagandiste tels que la correction des règlements de l’Assemblée générale de l’ONU, la participation de tous les pays membres de l’Assemblée générale dans le Conseil de sécurité, la restitution de toutes les terres occupées à leurs propriétaires, le respect des conventions internationales par tous les Etats, le respect des droits légitimes des gouvernements et des peuples… N’est-ce pas là des sujets qui devraient retenir l’attention des participants pour garantir la paix dans le monde ? En fait, «l’équilibre mondial des pouvoirs est en pleine mutation et les grandes puissances du monde d’hier l’ont compris», nous dit Romuald Sciora dans un article du Monde Diplomatique ( jeudi 27 septembre 2012). Et la guerre en Syrie, la possible partition du Mali, les tensions avec l’Iran, la réaffirmation de la diplomatie russe, l’affaiblissement de l’Europe et du «leadership américain»…, des événements qui marquent l’actualité internationale, ne révèlent pas une simple crise mais bel et bien une pleine mutation de l’équilibre mondial où les grandes puissances d’hier tentent de redorer leur blason d’antan, et ce, à l’abri de tout pouvoir onusien pour la garantie de la paix dans le monde.

Le sort de la planète serait ainsi confié à ceux qui détiennent les plus gros moyens de persuasion, le reste n’est que chimère.

Chérif Abdedaïm, La NOuvelle République du 1er septembre 2012

cherif.dailybarid.com

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