Moscou craint que l’expérience libyenne de l’Otan ne devienne un précédent

L’opération aérienne et par missile « Aube d’Odyssée » menée par l’Otan, au cours de plusieurs mois de guerre civile, en Libye, s’est heurtée à de vives critiques internationales. La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité avait dès le début, exprimé son opposition à l’extension des opérations de l’Otan en Libye, vu notamment le bilan lourd des pertes civiles des opérations aériennes et des attaques par missile des forces de l’Alliance dans différentes régions du pays. En plus, les responsables russes craignent, ces jours-ci, que l’Otan n’applique son scénario libyen dans d’autres régions du monde. Dans le même cadre, l’ambassadeur russe à l’ONU, Vitali Tchourkine s’est déclaré inquiet de voir que l’expérience libyenne de l’Otan devienne, désormais, un modèle d’interventions militaires, dans d’autres régions du monde.

Malgré le bilan lourd des pertes des opérations de l’Otan en Libye, les Etats occidentaux prétendent que ces attaques n’ont pas eu de pertes civiles. La Russie et certains autres Etats membres du Conseil de sécurité estiment que les opérations de l’Otan en Libye ont transgressé la résolution 1973. Pourtant, Moscou n’a pas réussi à convaincre le Conseil de sécurité qu’il fallait ouvrir une enquête sur les rapports selon lesquels les raids aériens de l’Otan auraient causé des dizaines de pertes civiles. Un nombre d’Etats membres du Conseil de sécurité ont cependant soutenu la demande de la Russie, selon son ambassadeur. Parallèlement, les Etats-Unis et la France tiennent à dire que le Conseil de sécurité doit se focaliser, actuellement, sur l’affaire syrienne, et prendre des mesures fermes envers Damas. Les pays ayant contribué aux opérations militaires de l’Otan contre la Libye se montrent convaincus que le leur bilan en Libye a été positif. Il est donc probable que l’Otan applique désormais ce modèle dans d’autres affaires y compris le cas syrien ; c’est ce qui inquiète, en réalité, la Russie et certains autres membres du Conseil de sécurité. Les efforts de ces derniers mois des Etats-Unis, de la France et de la Grande Bretagne, afin de faire adopter, au Conseil de sécurité, une résolution contre la Syrie, se sont heurtés au véto sino-russe. Les Etats occidentaux ont donc recouru à des sanctions unilatérales contre Damas. Malgré tout, la Russie craint que les Occidentaux n’optent pour des opérations militaires limitées, par le biais de l’Otan, comme, par exemple, la création d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie, ce que demande une partie de l’opposition syrienne. La Russie y a réagi en évoquant le bilan des morts civils en Libye, pour dire que les opérations de l’Otan  ont transgressé le cadre prévu dans la résolution 1973. Ce faisant, Moscou cherche à condamner les Occidentaux et empêcher l’extension des opérations militaires de l’Otan, vers d’autres foyers de la crise ; or, le Secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen a affirmé, il y a un certain temps, que l’Alliance n’envisageait pas d’intervenir, comme le fut le cas libyen, en Syrie, ajoutant que les opérations de l’Otan en Libye se sont effectuées selon la résolution onusienne, avec l’appui des pays de la région.

Source: irib.ir

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