Mieux vaut être salafiste, en Syrie qu’en France

Plus aucun média français ne peut, à l’occasion des opérations de police anti-terroristes dirigées le week-end dernier …

…contre les milieux salafistes, en Ile-de-France, occulter le nom de la Syrie. Car plusieurs de ces jeunes gens – de 19 à 25 ans – de nationalité française, voués aux gémonies par les politiques et les médias, en tant que terroristes et antisémites, avaient l’intention d’aller faire le djihad au pays de Bachar.

En effet, au moins deux des sept membres de la cellule salafiste – en majorité des jeunes Français de souche convertis à l’Islam – déférés devant trois juges d’instruction anti-terroristes ne limitaient pas leurs ambition au braquage d’épicerie à gestion israélite à Sarcelles, ni même à la préparation d’attentat sur le sol français. Au cours de sa conférence de presse, le procureur Molins a indiqué que deux des possibles mis en examen dans cette affaire avaient mis sur pied une filière djihadiste vers la Syrie, l’un ayant les contacts à l’étranger, l’autre s’étant carrément rendu, en Egypte, pendant trois mois avec Jérémie Louis Sidney, le membre de la cellule salafiste abattu, samedi dernier, par la police, à Strasbourg

Le procureur a qualifié leur arrestation de «démantèlement d’un groupe terroriste qui est probablement le plus dangereux mis au jour en France depuis 1996″. Rien que ça ! Et le parquet a ouvert une information judiciaire, entre autres pour «tentative d’assassinat en lien avec l’appartenance à une religion, en relation avec une entreprise terroriste» et «association de malfaiteurs préparant des destructions par substances explosives susceptibles d’entraîner la mort».

Mais si ces têtes brûlées – et déculturées – étaient allés exercer leurs talents en Syrie, contre son armée et son gouvernement, la presse française dans sa majorité les auraient baptisés du nom sacré de «résistants». Là, ces jeunes gens auraient eu la bénédiction des élites françaises pour utiliser leurs «substances explosives susceptibles d’entraîner la mort«, et commettre des assassinats «en lien avec l’appartenance à une religion» (alaouite ou chrétienne plutôt que juive, c’est vrai que c’est moins grave). La crise syrienne a décidément révélé non seulement le parti pris mensonger des élites politico-médiatiques, mais elle est en train de faire éclater l’incohérence de celles-ci, qui gouvernent l’information et les esprits, à défaut de vraiment gouverner le pays !

Cette affaire – qui n’est pas propre à la France, le gouvernement britannique vient de reconnaître que certains de ses nationaux djihadisaient eux aussi en Syrie – est en tous cas – d’un mal surgit toujours un bien – un coup supplémentaire porté à la cause pourrie et perdue de la «révolution syrienne». Celle-ci avait beaucoup misé sur le combat médiatique, et elle est en train de le perdre, notamment en France. Devant l’évidence de cette djihadisation, à des degrés divers, de l’opposition radicale tous les spécialistes soit se taisent, soit tirent la sonnette d’alarme. Et l’opinion publique, lassée ou inquiète, se demande comment l’islamisme radical peut être considéré comme une force libératrice ou une menace mortelle pour la démocratie selon qu’il s’exerce sur une rive ou sur une autre de la Méditerranée. Elle s’interroge aussi sûrement un peu, sur le rôle du Qatar dans ce sponsoring géant du fanatisme, et sur l’emprise qu’à cet Etat croupion «libéral-obscurantiste» sur les leaders d’une grande démocratie occidentale.

La légende dorée s’évanouit, le roman édifiant tombe des mains : Bachar restera peut-être une sorte de méchant pour le politicien et le Français moyen, mais ses adversaires dégagent désormais, pour les narines françaises, une telle puanteur de fanatisme et de mort, que plus personne ne bougera pour eux. Désolé, Cher Laurent (Fabius) !
Par Louis Denghien

Source: french.irib

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