MALI/ALGERIE : JE SUIS AFRICAIN ET RIEN D’AUTRE

Je suis allergique à certains mots; je n’ai jamais vu un européen insulter un autre européen ou, sous prétexte de s’approprier d’un mot insultant, appeler un autre européen par « cochon graté ». Je ne comprends toujours pas ce qui se passe dans la tête d’un africain qui m’agresse et m’insulte en me placardant au nez des mots comme : « nègre », « negresse », « negritude », « negro », « négroide ». Quel que soit les raisons, ces mots ont été crées pour nous insulter.  Une polémique est tout récemment néee à Holywood, parce que des cinéastes, metteurs en scène caucasiens, pour exprimer leur haine raciale, utilisaient des acteurs afro-américains pour se balancer à la face des multiples « négro ». Ainsi à la sortie d’une salle de cinéma, on n’allait plus accuser qui que ce soit de raciste, puisque de toutes les façons ce sont les afro-américains eux-mêmes qui s’insultent comme ça. La banalisation d’une prétendue auto-discrimination.

De la même manière, je ne comprends pas des africains qui se font appeler Kamit, kemit et tout le reste pour dire que les Egyptiens s’appelaient « noirs ». Pour quelqu’un comme moi qui ne se contente pas de ce qu’on a voulu faire dire à l’histoire, comme dans le cas de cette polémique des cinéastes américains, mais qui fait plutôt de l’historicisme intellectuel, je ne comprends pas pourquoi un peuple fier de l’être peut se définir Noir, c’est-à-dire : périphérique à une centralité qui n’est plus lui. Parce qu’en sociologie, chaque groupe, chaque ethnie, chaque race se considère comme la reférence, la centralité, la norme, bref, le standard et voit les autres par rapport à son standard, son zero point de départ, comme la périphérie. L’histoire peut faire dire aux Egyptiens ce qu’elle veut, surtout lorsqu’elle nous a été interprétée par les français, mais j’ai du mal à croire que les Egytiens devaient s’auto-appeler des noirs, des kamites, aussi parce que l’habitude de classer les races par la couleur est propre aux Européens et non aux africains ou aux asiatique.

Les Chinois, les japonais ou les koréens par exemple vont désigner les peuples, les continents ou les pays par rapport à certaines fonctionnalités et non à la couleur. Par exemple, la France en chinois c’est « Faguo » c’est-à-dire le pays de la paperasse, de trop d’administration, parce qu’au moment de créer ce mot, l’administration royale chinoise était plus simplifiée. Sauf que cette dernière ne pouvait pas se définir simple. Elle ne se définit pas, puisqu’elle est la centralité.

Je ne comprends donc comment des Africains peuvent se définir noir. C’est avec l’esclavage et la colonisation qu’on nous a dit que nous étions des noirs et que par définition, cette couleur était associée à tout ce qui est négatif. Il n’est as rare d’entendre des africains dire : « j’ai eu une journée noire ». Pas étonnant ensuite d’entendre des réflexions du genre : « la maggie des blancs est bien alors que celle des noirs tue ». Voilà comment de la simple notion de couleurs les européens on su  introduire de la manipulation pour avoir le dessus sur les autres. Et on ne peut s’y protéger qu’en instituant une langue africaine de référence que tout le monde doit parler. Je soutiens le Swahili. Car l’opprimé ne se libère pas totalement en ayant comme principal instrument de communication, la langue de l’oppresseur.

Durant la même période d’occupation coloniale européenne de l’Asie, les asiatiques ont été définis comme des « Jaunes », mais pour eux, c’est une simple insulte, parce qu’ils ne veulent pas se définir par rapport à une couleur et dans leurs langues respectives ce « Jaune » est tout bonnement ignoré, et au final, tous revendiquent d’êtres considérés purement et simplement comme asiatiques ou comme chinois, japonais, koréens, indien, pakistanais et rien d’autre.

C’est comme cela qu’on arrive à fabriquer des rebelles maliens de toute pièce pour justifier l’intervention française que beaucoup d’africains applaudissent dans la naïveté et qui doit servir au final à couper du reste du continent, l’Algérie, unique pays d’Afrique du Nord qui croit encore à la fédération africaine, pour créer la nouvelle frontière d’une Afrique des noirs, plus naïve, plus manipulable et corvéable à volonté.

Pour comprendre l’importance de l’Algérie, c’est le seul pays africain où le chef d’état a le courage de dire que l’islam a maintenu les pays arabes des centaines d’années en arrière, au moment où les autres chefs d’etat vont pactiser avec des confréries religieuses pour pensent-ils à tort, consolider leur pouvoir. Connaissez-vous beaucoup de pays africains qui peuvent subir une agression terroriste avec des otages occidentaux et faire un blitz sans demander l’avis de ces pays autoproclamés experts en tout ? En comparaison, lorsque le chef d’état major nigérian pour refuser que l’armée nigériane soit formée par les américains, avait dit que ses troupes étaient mieux préparées que les américains pour affronter une crise au Nigeria, il a été tout simplement limogé. C’est à ce regroupement des pays sur la base monoraciale que l’Europe nous pousse depuis 50 ans. Et ils sont en passe d’y parvenir en créant de fait une frontière, un mur de non communication au nord du Mali.

Non, l’Afrique n’est pas le « continent noir », l’Afrique n’est pas le continent des peuples avec une couleur de peau, mais le continent de tous ceux qui y habitent et fiers de travailler pour son progrès. Notre tolérance n’est plus à démontrer et il est dommage que nous importions le sectarisme et la discrimination de ceux qui voient même dans les gradations de couleurs de la peau des humains, des motifs pour classer les personnes en bons et en méchants, en intelligents et en idiots, indépendamment de ce qu’ils sont et font. Non, je ne suis pas Noir, Nègre ou toutes les insultes que tu veux me faire avaler. Je suis Africain, camerounais, malgache, éthiopien ou tunisien et rien d’autre.

Jean-Paul Pougala, 23/01/2013

 

 

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