Mali: et voila le colonisateur libérateur

Tombouctou est tombé…. comme en 1894

C’est tout de même un pied de nez à l’histoire assez jubilatoire. Voir des soldats français acclamés, dans les rues de Gao puis de Tombouctou, par une foule agitant des drapeaux tricolores, quel spectacle dans notre époque de repentance masochiste sur la colonisation.

Ainsi les colonisateurs et exploiteurs, si souvent dénoncés à Bamako comme à Paris par les maliens immigrés, dans le cadre de leurs associations, sont devenus des sauveurs et des libérateurs.

Un air de déjà vu !

Un air de déjà vu !

Mais c’est une opération typiquement coloniale. Les français font la guerre, aidés par des africains, contre des islamistes radicaux qui vivent par le trafic, hier plutôt l’esclavage, aujourd’hui plutôt la drogue, mais c’est tout de même un peu «  kif kif ». Il s’agit à chaque fois de berbères ou d’arabes voulant imposer un islam totalitaire et liberticide à des populations africaines islamisées mais pratiquant un syncrétisme très ouvert. Des africains, hier dominés par les touaregs et qui aujourd’hui, ce qui est un autre problème qui surgira très vite, veulent  les soumettre et nier leur particularisme.

Les manuscrits de Tombouctou qui auraient été sauvés

Les manuscrits de Tombouctou qui auraient été sauvés

Les français avec des troupes bambaras,  maliens noirs, ont déjà pris Tombouctou… en 1894. Cela ne nous rajeunit pas. La population de Tombouctou, lassée par les pillages et les brimades qui lui étaient infligés par les Touaregs islamisés, appelait la France à son secours. Déjà ! 

La ville est prise sans combat et le drapeau français flotte sur Tombouctou dans la liesse. Mais les français subissent ensuite un revers sanglant dans leur tentative  d’en finir avec les  rebelles touaregs du nord. Pendant près d’un an, il fut pratiquement impossible de sortir de Tombouctou. Il faudra des années pour pacifier le Mali.

 1894 à Tombouctou  : déjà

1894 à Tombouctou : déjà

Nous sommes aujourd’hui dans la phase de pacification, la plus dangereuse bien sur. Et la prise des villes, n’est certes pas le contrôle du pays, les islamistes s’étant réfugiés dans le désert et surtout dans un massif montagneux très « afghan ».

En Afghanistan,  les talibans ont aussi été chassés des villes et de Kaboul. Mais cette victoire américaine n’a été qu’une étape trompeuse dans une guerre qui est en passe, après des années de lutte, d’être perdue. Les talibans ont rendu la vie des populations impossible. Comme au Mali tout était interdit. On laissa faire jusqu’au 11 septembre. Washington souhaitait ne pas envahir l’Afghanistan avec ses propres troupes. Le commandement militaire américain décida plutôt d’armer et de soutenir, par des bombardements intensifs, les troupes de l’Alliance du Nord dans leur lutte contre les talibans. Seuls quelques milliers de commandos et de soldats des forces spéciales américaines et britanniques furent officiellement lancés à la poursuite d’Oussama ben Laden sur le terrain. Le 12 novembre 2001, la capitale, Kaboul, était sous contrôle des troupes de l’Alliance du Nord. Les talibans reculaient sur tous les fronts. Sept jours après la chute de Kaboul, les talibans ne tenaient plus que les villes de Kandahar et de Kunduz. Ils étaient retranchés dans une position défensive et n’attendaient qu’un ordre pour se retrancher dans les montagnes environnantes d’où ils pourraient mener une éventuelle guérilla. Ce qu’ils ont fait avec succès.

On connait la suite. Tombouctou 1894- Kaboul 2001 :  la prise victorieuse et facile des villes n’est pas la certitude de la victoire. Restons donc prudents tout en étant heureux de voir les femmes de Tombouctou retrouver le sourire grâce aux …..français.

Jean Bonnevey

Source:metamag

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