Mali: des certitudes du jour aux interrogations de l’avenir

Ce qui est à craindre dans cette affaire est l’enlisement et le maintien de troupes françaises importantes sur ce territoire, loin de la France où les choses vont aller de pis en pis parce que nous avons des idéologues et des doctrinaires au pouvoir, mais pas de gens soucieux du bien commun, même s’ils prétendent le contraire.

Rester dans le paradigme du 11-Septembre

Au Mali, il est faux de prétendre à une victoire sur les djihadistes. C’est curieux comme les politiques font bien attention de ne pas parler d’islamistes : ce sont des « terroristes » ou des « djihadistes ». Mais en quoi sont différents les « terroristes » ou « djihadistes » que nous finançons en Syrie ou autrefois en Libye ?

Tout cela cache le véritable problème malien qui est celui des ethnies et de ce que l’on veut faire des touareg.

Si l’on garde la sémantique des mondialistes, les « terroristes » abandonnent les villes maliennes assez rapidement lors de l’arrivée des soldats français. D’aucuns y voient une  défaite. Mais si tel est le cas, pourquoi n’y a-t-il pas plus de morts ou de prisonniers ? L’ennemi fuit et gagne en mobilité. Ces forces ne sont pas éliminées physiquement mais se sont déplacées, éparpillées sur le territoire. Espérons qu’elles ne déborderont pas sur le Niger qui pourrait être l’un des prochains dominos. Le nord du Niger est un lieu de refuge propice grâce à son relief montagneux et à ses accès vers la Libye et le Tchad. Cette force de trafiquants et de bandits de grands chemins n’a-t-elle pas stratégiquement intérêt à étendre ses exactions au-delà du Mali ? Nous serons prochainement fixés.

Qui va aller les affronter dans les montagnes ? Certes on les bombarde.

Comment s’arranger avec les touareg ? Que fera l’Algérie ? La solidarité européenne fonctionnera-t-elle au moment où les Allemands marquent plus de défiance que de confiance en la France ? N’est-ce pas F. Hollande qui a programmé d’importantes réductions budgétaires pour la Défense ? Ce ne sera pas facile de gérer certaines contradictions. Comme celle qui consiste à demeurer le vassal de l’ogre américain qui ne veut pas de stabilité en Afrique afin de mieux torpiller les bonnes relations entre la Chine et de nombreux Etats africains. Le vice-président américain s’est récemment déplacé à Paris pour féliciter le chef militaire F. Hollande et lui aurait fait des promesses. Qu’avait promis B. Obama aux Russes avant sa réélection en matière de négociations sur les ABM ? Il est peut-être temps d’identifier les vrais des faux amis.

Espérons que l’intervention au Mali ne soit pas un piège préparé par ceux qui instrumentalisent les véritables groupes terroristes, lesquels imprègnent leur logique propre dans des conflits régionaux pour y impliquer l’Occident…  En parlant de terrorisme à  tout va, nous acceptons une logique qui inclut déjà notre propre faiblesse.

Source:liesi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *