Mali : ATT renversé, la constitution suspendue (Vidéo)

Après de violents combats dans la nuit près de la présidence, des militaires maliens ont annoncé jeudi 22 mars au matin avoir mis fin au régime du président Amadou Toumani Touré (ATT), avoir dissous « toutes les institutions », suspendu « la constitution » et décrété un couvre-feu.

Le lieutenant Konaré Amadou s’exprimait jeudi matin à 04h40 (heure locale et GMT), à la télévision d’Etat du Mali, au nom d’un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE).

Le lieutenant Konaré a justifié le coup d’Etat par l’ »incapacité » du gouvernement à mettre des moyens pour combattre la rébellion au nord-Mali, des menaces sur l’unité nationale, l’incertitude sur la tenue des élections générales de 2012, et de l’ »incapacité » du gouvernement à lutter efficacement contre le terrorisme.

Le CNRDRE dirigé par le capitaine Amadou Sango a déclaré avoir déjà pris des mesures comme la suspension de la Constitution, la dissolution de toutes les institutions et l’instauration, à partir du 22 mars, d’un couvre-feu de 0h00 à 6h00 (heures locales et GMT) et ce « jusqu’à nouvel ordre ».

Les putschistes ont pris l’engagement solennel de rendre aux civils après des élections libres et transparentes. Ils ont promis aussi de mettre en place un gouvernement d’union nationale dans les prochains jours après une large concertation avec l’ensemble des forces vives de la nation, pour la tenue des élections dès que possible.

Dans son deuxième communiqué livré jeudi à 10h50, le CNRDRE a annoncé la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes et a demandé aux forces armées et de sécurité de les rejoindre incessamment pour ceux qui ne l’ont pas encore fait.

Le président Amadou Toumani Touré et son entourage « ne se trouvent plus au palais présidentiel », selon des sources bien informées, sans être en mesure de préciser où ils se trouvent. Ce putsch a mis un terme au processus électoral dans le pays, le premier tour de l’élection présidentielle étant prévu le 29 avril.

Ce coup de force contre la démocratie est fermement condamnée par la France, les Etats-Unis, les Nations Unies, l’Union européenne, l’UEMOA… qui exigent un retour à « l’ordre constitutionnel » sans délais.

Le Mali est confronté depuis le 17 janvier à des attaques de rebelles touareg rassemblés dans le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et d’autres rebelles, dont des hommes lourdement armés qui avaient combattu pour le régime de Mouammar Kadhafi. Ces combattants ont pris plusieurs villes du nord du pays.

Vidéo : La déclaration des militaires putschistes

Source:afriscoop.net

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