Maintenant, la France doit y renoncer pour la grandeur de l´humanité !!! (Opinion)

ingérence francaiseL´humanité des hommes connait une évolution politique étroitement linéaire, en ce qui regarde particulièrement les relations entre les nations qui font la configuration du monde, depuis plus de mille ans du fait de la volonté de grandeur, de puissance et domination. Les vestiges de l´antiquité nous enseignent que le monde subit depuis l´aube des temps la bestialité et l´animalité humaines qui confirment leur prédisposition naturelle, si la société, c´est-à-dire la mise en commun de nos divergences et de nos intérêts, n´avait pas la lourde responsabilité de leur éducation.

De tous les temps, les occidentaux ont procédé par violence et barbarie pour soutirer aux autres ce dont ils ont besoin pour alimenter  la fréquence et la continuité de leur développement économique et structurel. Les pays européens, en tête, ont exploré le continent africain non pas pour les besoins de quelques missions de civilisations mais bien pour nous imposer leurs modes de vie tout en détruisant nos cultures et nos coutumes.  La France, depuis sa pénétration sur le continent africain n´a plus jamais envisagé de le quitter pour des raisons liées à la faiblesse de son dispositif économique et des ressources qu´il lui faut pour affirmer sur la scène internationale son caractère de puissance mondiale. Ce passé sans gloire, continue de marquer ses relations avec les pays qui autrefois étaient sous sa domination coloniale. Plus de 60 ans après nous avoir octroyé des indépendances dénudées de tout contenu, la France se voit toujours obligée de jouer les policiers et le gardien de bonnes mœurs dans le monde. Et pourtant, nos états aspirent à se gérer sans interférences. Partout sur le continent africain, les pays francophones sont les plus instables et les plus vulnérables.

Pourquoi ce qui fonctionne chez eux en France refuse de connaitre un succès franc dans les anciennes colonies françaises ?  Qu´est-ce qui fait la différence entre le système direct de gouvernance coloniale et indirect pour que la France se mette toujours au travers des perspectives d´émergence de ses anciennes colonies ? Pourquoi veut-on nous maintenir dans la dépendance et la politique de la main éternellement tendue ? Là sont quelques aspects que nous voulons aborder dans cette réflexion pour finalement exiger de l´état français de reconsidérer son mode opératoire à l´encontre des pays francophones d’Afrique.

La prétendue mission civilisatrice

L´histoire nous a pris que pour des besognes d´éducation et de civilisation, les européens ont jugé bon de procéder à l´exploration du monde pour lui conférer leur mode de vie et leur civilisation qu´ils estiment meilleurs à ceux des autres. Déjà cette mission en elle pose le problème  permanent de conquête pour susciter les querelles et les instincts de conservation chez les populations qui en sont la cible. La conséquence est à n´en point douter l´état de belligérance permanent entre les conquérants et les populations sujet de ladite mission.

Cette situation démontre clairement que la civilisation humaine n´est pas parfaite et personne ne saurait s´imposer à l´autre contre la volonté populaire exprimée. Nous sommes  tous accrochés  à nos valeurs, et l´on peut tisser des rapports entre êtres humains sans forcément procéder par la confrontation des mentalités. Elle n´a donc rien de civilisatrice, la mission des européens sur les autres peuples du monde. Elle a plutôt un goût réel de subordination et de conquête. Mieux, les africains qui disposent d´énormes ressources économiques  se suffisaient dans l´aisance pour ne point penser à développer en eux des concepts de guerres de conquêtes. À la différence des européens qui eux n´avaient pratiquement rien comme ressources économiques et dont les conditions climatiques rendaient tout processus difficile.

Il faut donc aller chez les autres avec l´esprit de la guerre, de la conquête et la méchanceté pour se procurer ce dont ils jouissent comme richesses économiques et culturelles. Là commencent les déflagrations des nations autrefois soucieuses de leur avenir mais aussi de leur harmonie sociale.  Et nous comprenons certainement que l´adage du « diviser pour mieux régner » prend ainsi sa source à cet endroit de la volonté humaine.  Venus chez nous avec leurs canons de guerre, les européens ont pu s´imposer au terme des résistances mal organisées et mal armées tout en envisageant la  reconversion des peuples vaincus dans le sang, la déportation, la traite négrière et l´esclavage.

C´est dans ce schéma que la France foncièrement impérialiste et de surcroît esclavagiste a pris pieds dans notre histoire pour conditionner, et ce jusqu’à maintenant, tout ce qui se rapporte à la Côte d´Ivoire, notre pays. Mais aussi dans tous les autres pays de l’Afrique occidentale et centrale. Depuis les indépendances politiques que la France nous a octroyées, le cirque  est le même  et pondéré du même refrain de la misère et du désarroi social des peuples qui habitent dans ces endroits. Coups d´état, assassinats politiques, déportation des nationalistes africains sont le triste bilan d´une relation sans véritable espérance pour le continent africain. Il ne se passe de jour où dans un pays africain anciennement colonie de la France les soubresauts de la désinvolture, de l´anarchie, du désespoir, du chaos et du hors-la-loi ne se mêlent au dénouement des enjeux de la vie publique aboutissant très souvent à l´arrêt pur et simple de l´ordre constitutionnel établi. Un chaos qui profite à la France qui dans sa conquête exploite de façon maximale l´adage qui dit : [Le désordre est un principe politique de gouvernance]

Créer le désordre pour échapper au contrôle et à la régulation

La France qui a toujours cru aux vertus du désordre social, le pratique dans les pays autrefois sous sa domination coloniale pour les exploiter illicitement, échappant ainsi à tout contrôle. Dans un pays où règne l´anarchie et le chaos, il ne peut y avoir d´organes de régulation pour réglementer tout processus lié et à la vie entre les hommes et à la vie de la nation qui les mobilise.  Notre pays souffre de cette vision déshumanisante et de la méchanceté de l´état français mais aussi de ses hommes politiques depuis toujours et nos compatriotes nous donnent l´impression de ne l´avoir pas compris jusqu´à ce jour.  Pour les besoins de la cause, juste à la proclamation des indépendances, l´état français s´est engagé dans une mission dite protectrice pour pérenniser sa présence militaire dans nos états. Les bases militaires françaises dans nos pays n´ont d´autres objectifs  que de surveiller, de renseigner et au besoin d´étouffer toute velléité de rupture.

En octobre 2000, accède au pouvoir en Côte d´Ivoire, un homme très préoccupé par l´état de développement de son pays avec en avant une ferme conviction de le propulser sur la scène internationale et le sortir de la misère sociale rampante. Laurent Gbagbo par sa vision souverainiste d´une Afrique réellement indépendante et autonome multiplie les démarches à l´endroit des autres pays émergents pour bénéficier de leurs expériences en se passant du droit tacite de veto de la France sur la Côte d´Ivoire. Il ne fallait pas oser de sitôt surtout quand on n’a pas pris le temps et les moyens adéquats pour se garantir une défense en cas d´agression. Les ministres Mamadou Koulibaly et Lida Kouassi Moise foncièrement indépendantiste et nationalistes demandent ainsi le réexamen des accords tant de défense qu´économique qui lient leur pays à la France.  Il n´en fallait pas plus pour que la France impérialiste et néocolonialiste active les mécanismes de déstabilisation qu´elle a construit partout en Afrique au détriment de la paix sociale pour créer la chienlit en Côte d´Ivoire. Elle active ses bases militaires présentes sur le continent pour réfléchir sur la forme de l´opération qui doit venir à bout de l´homme Gbagbo et de sa vision politique pour une Afrique émancipée. Ainsi naquit « La force Licorne » pour rester au-devant de la reconquête de la Côte d´Ivoire et gérer le mode opératoire du principe politique qu´est le désordre. La formule reste la même partout ailleurs, que ce soit au Rwanda, au Congo-Brazzaville, au Niger, en Haute-Volta devenu Burkina-Faso, au Zaïre devenu RDC, en Guinée-Conakry, au Gabon, à Madagascar, à l´Île Maurice, à Seychelles, au Burundi, en Algérie, en Tunisie, en Mauritanie et maintenant au Mali. La liste est longue et non exhaustive mais le procédé reste le même pour les mêmes objectifs. Produisant toujours les mêmes effets qui nous rappellent ce passé sans véritable gloire et nous maintiennent dans un état de délabrement avancé et de défiguration économico sociale de nos états africains.

Un passé sans gloire véritable

La Côte d´Ivoire a accédé à l´indépendance politique le 07 août 1960. Il y a de cela plus d´un demi-siècle. Les plus âgés de ma génération ont 50 ans pour ceux qui sont nés juste après la proclamation de l´indépendance politique de notre pays. Tous les autres comme moi sont tous nés à l´orée des années 70. C´est-à-dire dix ans après cet événement majeur dans l´histoire politique de la Côte d´Ivoire moderne.

Pourquoi donc l´état français et ses hommes  politiques ramènent notre quotidien à ce passé avec lequel nous n´avons véritablement rien à foutre et dont nous n´avons aucun souvenir ? Pourquoi vouloir forcement nous confiner dans cette posture de colonisés alors que les français de cette même génération refuse de se reconnaitre dans un quelconque lien se rapportant à l’occupation nazie de leur pays ? N´est-ce pas là une simple volonté de nous nier toute possibilité de maturité en vue de nous assumer nous-mêmes ? C`est ici tout l´intérêt de ce plaidoyer pour que les français et leur pays comprennent une fois pour toutes que l´humanité ne se construit pas dans le rabaissement des mœurs qui donnent sens à la nature de l´être humain.

La colonisation et l´esclavage ont été des crimes abominables contre l´humanité et elles ne devraient plus continuer à prospérer de quelques manières qu´il soit pour encore et toujours dominer dans les liens coopération bilatérales qui existent entre la Côte d´Ivoire et la France et présider au dénouement du mode de vie des peuples africains. Nous somme suffisamment majeurs et matures pour comprendre que le salut de notre continent se trouve dans son organisation structurelle tout en lui donnant les moyens matériels de son éclosion sociale et de son développement économico structurel de proximité.

L´obligation pour l´état français et ses hommes politiques de revoir leurs méthodes à l´endroit des pays africains

Si l’Afrique connait des crises à répétition, les causes sont souvent externes comme internes. Mais c´est aussi et avec une grande propension de la responsabilité d´une France foncièrement esclavagiste, néocolonialiste, impérialiste et désabusement raciste dont la volonté de puissance, de domination et de grandeur l´oblige à saborder les conditions existentielles et les vies des personnes dont les pays étaient autrefois sous a couple.

Nous tous nous aspirons à un mieux-être social, il ne suffira plus de venir chez les autres avec les canons de guerre pour leur imposer des normes qui ne répondent pas à leurs aspirations. Il ne suffira pas non plus de susciter des rébellions dans l´espoir d´arrêter le fonctionnement constitutionnel d´un pays africain pour espérer se tirer d´affaire. Non. Et l´expérience de la Côte d´Ivoire devrait plutôt les inciter plus dans les initiatives qui renforcent les relations entre nos deux états en reconnaissant au peuple Ivoirien la latitude de se choisir ses représentants au sommet de l´état Ivoirien sans interférences quelconques. Toujours est-il que nous n´aurons pas de paix sociale pour envisager sereinement les perspectives d´avenir, il est aussi certain que notre action de revendiquer notre autonomie nous exposons la France et ses hommes politiques sur la place publique de sorte que tout le reste du monde comprend que nos malheurs ne sont pas de notre seul fait.

De me que nous sommes à la recherche des facteurs expliquant notre malaise en pointant du doigt les bases manœuvres de l´état français et de ses hommes politiques toute classe confondue dans nos différents pays africains, de même  ils ont l´indécente obligation et le très complexe devoir de se justifier des raisons de nos accusations. Parce qu´il n´y a pas de fumée sans feu, les hommes et les femmes de bonne volonté dans ce monde comprendront et à juste titre le sens de notre combat.  Cette France mise au banc des accusés doit désormais se remettre en cause dans son mode opératoire en ce concerne les états africains autrefois sous sa domination pour l´unique besoin de conférer à notre humanité un sens plus utile à sa construction.  Une mère porte certes la grossesse pendant neuf mois et endure les douleurs de l´accouchement mais au final elle doit se plier au destin qui sera celui de l´enfant mis au monde. La souffrance endurée ne peut et ne saurait être une source perpétuelle de justifier le cours qu´elle veut incruster à la vie de sa progéniture. Les relations entre des humains sont toujours cette nature.

Puisque ce sont les hommes qui tracent les voies de leur communauté de bien mais aussi de leur coexistence dans un environnement sain et pacifique, même si les états n´ont pas d´amis mais des intérêts à défendre, ceci doit s´opérer dans la logique de l´entendement humain pour échapper aux conflits d´intérêts qui rétrogradent nos mieux en société. C´est pourquoi nous exigeons de la France et de ses hommes politiques une reconversion utile de leur vision sur l’Afrique pour lui permettre non seulement d´assumer pleinement son rôle de berceau de l´humanité mais aussi et surtout de profiter de ses nombreuses richesses empruntant de façon irréversible le chemin de son développement industriel, structurel, économique, technologique et social. Il n´y a pas de cause aussi noble et reconnue par tous que d´avoir ajouté quelque chose de positif à l´humanité dans sa construction.

Le 21ème siècle semble être le tournant pour la France et les occidentaux de renoncer définitivement à anéantir les espoirs des peuples qui souffrent le martyr de leur conquête contreproductive. Parce que l´homme africain n´est pas différent dans sa constitution biologique de l´homme européen ou occidental que les occidentaux doivent arrêter ici et maintenant de l´assujettir, de l´infantiliser et de le subordonner pour lui permettre de croire en ses chances de changer la destinée du monde.

Amoungnan

Jean-Marie Dekpai

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