LIVRE / CONVERSATIONS INTIMES (1908-1964), WINSTON CHURCHILL, CLEMENTINE CHURCHILL

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TEM posts - LIVRE Churchill (2013 12 04) 1François Kersaudy, Mary Soames-Churchill

Parmi les milliers de lettres, notes personnelles et télégrammes échangés entre Churchill et son épouse entre 1908 et 1964, ce recueil unique, naturellement destiné à rester confidentiel de leur vivant, donne un aperçu incomparable, non seulement de leur vie de couple et de famille, mais aussi de leurs jugements sur la politique nationale et internationale, sur les grandes personnalités du moment, sur le cours de deux guerres mondiales, sur leurs espoirs, leurs ambitions et leurs déceptions pendant plus d’un demi-siècle.

Les écrits de Winston Churchill, depuis son premier et unique roman jusqu’à ses Mémoires de Guerre, en passant par ses biographies et ses recueils d’articles, ont presque tous été traduits en français. Ce n’est pas le cas de sa correspondance avec son épouse, publiée en 1998 aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne sous le titre : Speaking for themselves, et sous-titrée : The personal letters of Winston and Clementine.

Cet ouvrage, introduit et annoté par leur fille Mary Soames, est un choix dans les centaines de lettres, notes personnelles et télégrammes échangés entre Churchill et son épouse entre 1908 et 1964. Voilà une collection unique, naturellement destinée à rester confidentielle de leur vivant, et qui donne un aperçu incomparable, non seulement de leur vie de couple et de famille, mais aussi sur les événements majeurs d’un demi-siècle.

Les annotations de leur fille Mary Soames, qui a été témoin de bien des épisodes mentionnés dans les lettres, ajoutent un éclairage précieux à cette correspondance intime, dans laquelle la politique constitue bien souvent une partie intégrante de l’intimité. Les lettres que les époux ont échangées révèlent qu’ils savaient prendre à la légère les choses graves et même dramatiques.

CE QU’ILS EN DISENT …

La critique du Figaro :

Extraits : « Les extraits de ces 1700 lettres intimes du couple, introduits par les propos de la propre fille du couple, lady Soames-Churchill, démontrent le rôle essentiel de Clementine. Ces lettres, qui n’étaient pas destinées à être publiées, permettent de mieux comprendre la finesse et la profondeur du couple, qui tient dans sa grande complémentarité. Certes, Clementine et Winston appartenaient tous les deux à la bonne société britannique.

Mais les hasards de la vie les avaient placés un peu en marge de cet univers fermé. Ils n’étaient pas riches comme le reste de la grande aristocratie britannique. Le père de Clementine, sir Henry Hozier, n’était même pas noble et il était divorcé. Clementine était par ailleurs la fille de lady Blanche Ogilvy, quelque peu délaissée par son mari. Clementine s’était forgé, au cours de son adolescence, une personnalité re­belle et tumultueuse. À vingt-cinq ans, avant de rencontrer Churchill, elle n’avait toujours pas de prétendant officiel. Elle était pourtant très belle, mais son esprit aiguisé effrayait les jeunes gens. Winston, timide et maladroit, fut justement séduit par cette personnalité originale.

Il demanda à sa mère de la lui présenter en 1904, lors d’un bal à Crewe House. Mais, tétanisé, le benêt ne sut même pas quoi lui dire. Comme dans un roman de Jane Austen, il fallut quatre ans avant que les deux jeunes gens ne se retrouvent dans un dîner donné par la grand-tante de Clementine. Celle-ci, sollicitée à la dernière minute pour éviter que les invités ne se retrouvent treize à table, hésita avant de s’y rendre. Winston arriva en retard et prit sa place à côté de Clementine. Cette fois-ci, il sut saisir l’occasion.

«Le monde est devenu fou»

Les deux époux n’avaient pas exactement la même sensibilité politique. Clementine était une libérale radicale, très motivée par les grandes réformes sociales qui commençaient à modifier la société anglaise. D’esprit plus classique, assez médiocre étudiant, Winston n’était guère intéressé par ces évolutions. Mais Clementine obligea Churchill à échapper aux préjugés de son milieu. Cela ne signifie pas que Winston ait toujours tenu compte de ses avis. Churchill reste conservateur. Quand il rencontre Chaplin, en 1929, il l’apprécie beaucoup, tout en le qualifiant de «bolcho côté politique». Mais il ne dérapera jamais, demeurant toute sa vie un conservateur plutôt modéré, avant tout préoccupé par la grandeur de l’Empire.

Ces lettres démontrent que chacun des époux connaissait les points forts de l’autre. Clementine n’intervenait pas sur les sujets de politique étrangère ou les questions militaires. Mais Winston l’écoutait en revanche sur les questions sociales, et il faisait surtout grand cas de son avis sur les gens. Peu psychologue, Winston avait besoin de sa femme pour éviter de se laisser berner par les gens sournois. De son côté, Clementine était parfois encline au désespoir. «C’est un grand défaut que j’ai de laisser les petites choses me harceler et me tourmenter», écrit-elle en 1927. Winston la rassurait.

La correspondance commence en 1908. Depuis 1905, Churchill est devenu un homme d’État. Après vingt ans de pouvoir conservateur, l’arrivée des libéraux au pouvoir lui a permis d’accéder à son premier poste ministériel. Il deviendra sous-secrétaire d’État aux Colonies. La correspondance aborde donc à la fois des aspects très personnels et des questions plus politiques. »

http://www.lefigaro.fr/livres/2013/11/13/03005-20131113ARTFIG00598-churchill-un-couple-uni-par-l-humour.php

Winston Churchill et Clementine Churchill

EXTRAIT DU LIVRE

« 9 août 1942, Le Caire

Ma Chérie à moi,

J’ai tellement été accaparé par la tâche et les soucis depuis mon arrivée il y a une semaine que je n’ai pas trouvé un instant pour écrire… Ma venue était absolument indispensable. Cette splendide armée, deux fois plus forte que l’ennemi ou peu s’en faut, est déconcertée et désorientée par ses défaites. Rommel vit presque entièrement des véhicules, des vivres et du carburant qu’il nous a pris. Il vit au jour le jour ; la survie de son armée tient à un fil, mais pendant ce temps une sorte d’apathie et d’épuisement mental plutôt que physique a gagné nos troupes et seule une forte reprise en main et surtout la lueur de la victoire pourront les dissiper.

Je me suis rendu sur le front mercredi ; j’ai vu nos positions à El-Alamein et à Ruweisat et partout j’ai été accueilli avec enthousiasme par les troupes qui sont bien sûr dispersées sur une immense étendue pour éviter les attaques aériennes. J’ai passé toute la journée en voiture avec Auchinleck, Ramsden, Gott et Coningham (RAF). J’ai eu de longs entretiens avec Tedder et son Amiral, avec le ministre d’État, avec Smuts et Brooke en permanence.

Nous avons tous vu les gens nécessaires séparément et recueilli les opinions de tous les milieux utiles. Nous n’avions pas le moindre doute sur les changements que je prévoyais dans mon télégramme au Cabinet de guerre. Ils étaient indispensables à la victoire et [je] suis très content de voir qu’ils ont reçu l’aval du Cabinet sauf pour rebaptiser le Moyen-Orient en Proche-Orient. Smuts a été un conseiller magnifique. Nous avons pu travailler ensemble avec la plus grande facilité. Il m’a fortifié dans les cas où j’ai tendance à être trop tendre, c’est-à-dire quand il faut prendre des mesures sévères contre ceux que j’aime bien.

Tout était réglé jeudi. J’avais fait un long parcours en voiture seul avec Gott, et sans lui faire la moindre proposition ou suggestion j’avais acquis la conviction qu’il était fort capable, qu’il avait un caractère d’une charmante simplicité, et qu’il n’était aucunement usé, comme on le faisait croire. On voit tout de suite si le courant passe avec quelqu’un. Imaginez ma douleur quand il a fallu que je télégraphie au Cabinet, alors même qu’il était en train de siéger, qu’il avait été tué. Il s’est tué en se rendant au Caire en avion pour y prendre un bain et une nuit de repos. Bien que Chef de Corps il avait pris place en toute simplicité dans la navette ordinaire, un Bombay…

Cela me semble très démoralisant, et même sinistre, considérant que j’avais amené tous les responsables concernés à se faire à l’idée qu’il devait immédiatement se voir confier le commandement de la Huitième Armée. [dans la marge :] Vous devriez écrire à sa femme. Je vais le faire aussi de mon côté…. On voit là la main du destin. J’avais estimé qu’Alexander avec ses remarquables qualités guerrières et Gott avec ses prouesses dans le désert et son autorité sur les troupes formeraient un tandem idéal.

Cependant, l’ordre ne peut être que « on continue ». En la personne de Montgomery, qui devrait être là mardi, nous avons un soldat énergique et audacieux de la plus haute compétence, qui maîtrise parfaitement les spécificités de la guerre dans le Désert. S’il est désagréable avec son entourage il est également désagréable avec l’ennemi. Je suis persuadé que ces nouvelles dispositions vont bien fonctionner….

Hier j’ai passé six heures avec les quatre brigades blindées qui font toutes leurs préparatifs et constituent un groupe humain magnifique, bien entraîné, décidé et impatient de passer à l’action, mais avec seulement quelques chars pour s’exercer. Je leur ai raconté (au cours de sept discours) comment le Président m’avait donné des [chars] Sherman ; comment la Marine les acheminait à toute vapeur et comment dans quelques semaines ils formeraient la force blindée la plus puissante et la mieux équipée du monde pour sa taille.

À un certain endroit ils venaient presque tous d’Oldham. Ils ont fait preuve du plus grand enthousiasme. J’ai l’intention de voir toutes les unités importantes de cette armée, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, et de leur faire sentir l’ampleur des conséquences des opérations qui reposent sur eux et la gloire qu’ils peuvent en retirer. Plus j’étudie la situation sur place plus je suis sûr qu’il y a là une victoire décisive à remporter si seulement le commandement se montre à la hauteur. »

DATE DE PARUTION : 14/11/13

EDITEUR : Tallandier

ISBN : 979-10-210-0087-2

EAN : 9791021000872

NB. DE PAGES : 843 pages

TEM / avec Le Figaro / 4 déc. 2013 /

Source:trans-europa-medias-press

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