L’Europe serait-elle au bord d’une violence imminente ?

Dans une entrevue accordée à la BBC, le directeur-général du Comité international de la Croix Rouge Yves Daccord a déclaré le 7 janvier que l’Europe, tout autant que la Grande-Bretagne, pourraient se trouver confrontées à des émeutes et à la violence des jeunes à cause de la crise économique.

Lorsque la BBC lui a demandé si nous pouvions assister à des soulèvements de la même ampleur que celles du printemps arabe, il a répondu qu’il ne pensait pas qu’ils puissent atteindre les niveaux de tension atteints en Afrique du Nord, mais que « oui, nous pouvons être confrontés avec des situations de grands soulèvements ».

Il a expliqué que lorsque « un grand nombre de gens sentent qu’ils n’ont pas de place dans leur société, et que la perspective est qu’il n’y a pas de place pour vous [personnellement], et qu’il n’y aura pas de place, ni aucun espoir pour vous, aucune option pour les prochaines décennies, alors la manière dont vous êtes relié à l’Etat ou à la société est très différente ». Il a souligné qu’en Tunisie et en Égypte, l’augmentation des prix de la nourriture et l’absence d’avenir pour les jeunes ont été des facteurs clé des révolutions.

Il constate qu’en Europe aujourd’hui la précarité explose tandis que les ressources des Etats et les programmes d’aide sont éliminés ou systématiquement revus à la baisse. « Il n’y a plus d’espoir », affirme-t-il. Rien qu’en 2012, deux millions de personnes ont eu recours à la Croix Rouge pour satisfaire leurs besoins élémentaires en Espagne et la situation en Grèce est tout aussi critique.

Ainsi, « lorsqu’un grand nombre de jeunes sont éduqués, sans emploi et sans aucune option devant eux, oui vous pourriez avoir, absolument, une situation violente », a-t-il conclu.

Précisons que rien ne dit qu’un soulèvement général des jeunes doive être nécessairement violent, comme en Tunisie et en Égypte d’ailleurs, qui ont toutes deux été témoins fin 2010 début 2011 de révolutions pacifiques, à l’exception des violences perpétrées par des éléments incontrôlables (ou des agents provocateurs) ou par une partie des pouvoirs en place.

 

Source: solidariteetprogres

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *