Les États-Unis ne toléreraient pas la fermeture du détroit d’Ormuz

Au moment où l’Iran avance qu’il serait très facile pour lui de fermer le détroit d’Ormuz, où transite environ un tiers du trafic maritime pétrolier mondial, les États-Unis affirment qu’il s’agit d’un geste qui ne serait pas toléré.

« Fermer le détroit est très facile pour les forces armées iraniennes, c’est comme boire un verre d’eau, comme on dit en persan », a déclaré mercredi le commandant de la marine iranienne, l’amiral Habibollah Sayyari, à la chaîne de télévision officielle Press TV.

« L’Iran a un contrôle d’ensemble sur cette voie maritime stratégique », a-t-il ajouté. L’amiral Sayyari a toutefois estimé qu’une telle mesure n’était pas nécessaire pour l’instant.

L’Iran avait déjà menacé, la veille, de fermer le détroit en cas de sanctions internationales contre les exportations pétrolières iraniennes.

Les propos iraniens ont suscité des réactions partout sur la planète, notamment aux États-Unis. « Aucune perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ne sera tolérée », a déclaré George Little, un porte-parole du Pentagone.

La marine américaine est « prête à riposter à tout acte de malveillance » et à « assurer la liberté de navigation », a ajouté la lieutenante Rebecca Rebarich, porte-parole de la 5e flotte américaine, basée à Bahreïn.

Depuis cinq jours, l’Iran mène des manœuvres navales dans le détroit d’Ormuz, et cela « arrive assez fréquemment », a souligné George Little. « Cela dit, toute tentative de faire monter la tension dans la région est inutile », a-t-il noté.

Selon le porte-parole du Pentagone, l’Iran n’a, à l’heure actuelle, commis « aucun acte hostile contre des navires américains dans le Golfe ou le détroit d’Ormuz ».

De son côté, la France a appelé « les autorités iraniennes au respect du droit international et en particulier de la liberté de navigation dans les eaux internationales et les détroits ».

« Le détroit d’Ormuz est un détroit international. En conséquence, tous les navires, quel que soit leur pavillon, bénéficient du droit de passage en transit, conformément à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, adoptée en 1982 et au droit international coutumier de la mer », a précisé Bernard Valero, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

L’Union européenne, qui importe 450 000 barils de brut iranien par jour, a affirmé qu’elle ne renoncera pas à de nouvelles sanctions contre l’Iran malgré la menace de Téhéran.

« L’Union européenne envisage une autre série de sanctions contre l’Iran et nous ne renonçons pas à cette idée », a déclaré une porte-parole de la chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton.

Les États-Unis et certains pays européens, qui ont déjà adopté des sanctions contre les secteurs pétroliers, gazier et pétrochimiques iraniens, envisagent des sanctions contre les exportations pétrolières de l’Iran à cause de son programme nucléaire controversé.

Le cours du pétrole remonte

Les prix du pétrole, qui avaient grimpé mardi après les menaces du vice-président iranien, ont baissé mercredi.

À New York, le baril de brut s’échangeait dans la matinée à 100,57 $, en baisse de 77 ¢. À Londres, le Brent de la mer du Nord reculait de 82 ¢ à 108,45 $.

En 2009, environ un tiers du pétrole transporté par voie maritime a transité par le détroit d’Ormuz, selon l’Agence américaine d’Information sur l’Énergie (EIA). L’essentiel du pétrole exporté par l’Arabie saoudite, l’Iran, les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Irak ainsi que la quasi-totalité du gaz naturel liquéfié en provenance du Qatar transite par cette voie située entre les rives du Sultanat d’Oman et les côtes iraniennes.

Source: online.com

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