Les douanes françaises saisissent 740 kg de poisson et viande de brousse en provenance d’Afrique

La Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) a saisi 740 kg de viande de brousse, poissons, crevettes importées illégalement de Côte d'Ivoire, sans certificat sanitaire. Photo: Douanes

Les douanes françaises ont saisi 740 kg de produits alimentaires (viande, poisson, crevettes, etc.) sans certificat sanitaire. Les produits saisis, en provenance de Côte d’Ivoire, avaient été déclarés lors de leur importation comme « légumes congelés ».

Les enquêteurs de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) ont découvert près 740 kilos de poissons, de crevettes, de peaux de bœuf, d’escargots terrestres et de viande d’aulacode (un rongeur ressemblant à un rat), en provenance de Côte d’Ivoire, explique Pascale Augustin-Loisons, de la DNRED.

Les très gros escargots terrestres constituent un met apprécié en Côte d’Ivoire. Tout comme les rongeurs, aulacode ou agouti, qui sont élevés à des fins alimentaires dans nombre de pays d’Afrique de l’Ouest et centrale.

Investigation

Pour cette saisie, les douaniers français ont bénéficié d’informations douanières d’un autre pays membre de l’Union européenne, révélant le nom d’une société d’Île-de-France, soupçonnée d’importation frauduleuse. La DNRED a mené son enquête et conduit deux perquisitions, l’une dans un magasin de produits alimentaires africains du 18e arrondissement de Paris, l’autre dans un entrepôt de stockage de Seine-Saint-Denis. La marchandise était destinée à être vendue dans des échoppes parisiennes spécialisées, ont précisé les douanes.

« Nous en sommes au début de l’enquête. D’autres investigations se poursuivent pour comprendre et connaître le mode d’approvisionnement et d’acheminement de ces marchandises », affirme Pascale Augustin-Loisons. Il s’agit aussi de découvrir s’il s’agit d’une véritable filière organisée.

Ces enquêtes de la DNRED complètent les contrôles effectués sur les plateformes aéroportuaires et portuaires et qui aboutissent aussi à des saisies de marchandises. Pascale Augustin-Loisons évoque « une très belle affaire » menée à l’aéroport de Roissy par les douanes accompagnées d’autres administrations en mai 2011. Suite aux contrôles voyageurs 460 kg de viande, 540 kg de poissons, 450 kg de fruits et de légumes ont été saisis, soit 1,5 tonne de marchandise au total. Au menu : viande fraîche de varan, de python, de crocodile, d’éléphant, d’antilope, de porc-épic, de pangolin, de singe, de lièvre, mais aussi du miel de brousse, du bœuf, du mouton, des chenilles, une importante quantité de poisson séché et de la peau de léopard.

Bien entendu, ces importations sont illégales. Un homme arrêté à l’aéroport de Roissy transportant 21 kg de viande de porc-épic, 15 kg de viande de pangolin et 7,5 kg de poisson séché est passé direct par la case tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) où il a écopé d’une peine de huit mois de prison avec sursis et € 20 000 d’amende.

«Au regard des quantités saisies, on pense qu’il y a un commerce parallèle très organisé sur la capitale» (française), commente Serge Audoynaud, directeur des douanes de Roissy voyageurs dans le journal 20 Minutes. Pascale Augustin-Loisons rappelle que la viande d’agouti par exemple, se vend entre € 18 et 25 le kg, sachant qu’un animal pèse environ 4 kg. L’importation illégale n’est donc pas surprenante. Pour une part, il s’agit de commerce illégal, en connexion avec des commerces de produits exotiques mais aussi des restaurants africains. Pour l’autre part, cela concerne des voyageurs ignorant la loi, qui ramènent de la viande de brousse le plus souvent pour des mariages ou des fêtes, expliquait le secretaire général des douanes de Roissy à RTL.

« Le trafic de viande de brousse comporte un risque sanitaire notoire, menace la biodiversité et s’inscrit dans une économie parallèle non négligeable », rappelaient alors l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) et la gendarmerie nationale dans un communiqué.

Au total en 2010, ce sont 18 tonnes de viande de brousse qui ont été saisies.

De Chine aussi

Plus récemment, c’est la Chine qui a été dans le collimateur. « Au mois de janvier, les enquêteurs de la 2e division d’enquête de la DNRED ont saisi près de 5,4 tonnes de produits alimentaires importés de Chine sans aucun certificat sanitaire. Il s’agissait de produits carnés, de produits alimentaires divers ainsi que friandises », selon le communiqué de la DNRED. La marchandise était écoulée dans des petits magasins chinois de la capitale qui n’ouvrent que le week-end, ce qui limitait de fait les contrôles potentiels.

Source: mtm-news.com

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