Législatives sénégalaises – Un Premier Avertissement A Macky Sall (libre opinion)

Un fort repli de l’électeur en signe de mécontentement et une bonne résistance du Pds et de son démembrement laissent à penser que Macky Sall n’est pas au bout de ses peines.
Une majorité légale mais sans légitimité populaire est sortie des urnes le premier juillet au Sénégal. Elle consacre la victoire la victoire de Macky Sall et de ses alliés, sans cependant cette exubérance souhaitée avec le fort taux d’abstention enregistré, environ 55%. Le chœur des lamantins politiques s’est ému et rejette cette forme de démocratie qui consacre des minorités politiques depuis l’An 2000, qu’elles soient présidentielles (Wade et Macky avec environ 26%) ou parlementaires avec 24 coalitions incapables de mobiliser la majorité des électeurs à se rendre aux urnes.
La résistance du Parti démocratique sénégalais (Pds) et de son satellite dirigé par le président du Sénat (Bokk Guiss Guiss) et la recherche d’une spiritualité avec le vote en faveur des islamistes (imam Mbaye Niang, Kara Noreyni, la tendance Bédio et Jamil) doivent se comprendre comme un message de dépit à la nouvelle majorité.

De même, comme au début des années 74-78 avec l’affaire Laye Diop Diatta, le Pds refait l’histoire et dévient l’opposition officielle, terme cher à Me Wade qui démontre la force de sa formation politique ; lui la bête à abattre qui a nécessité une coalition internationale a démontré que les Sénégalais savent reconnaître ceux qui veulent faire du Wade sans Wade.

Des mesures maladroites, hâtives, donc non construites, aussi bien pour le prix des denrées de première nécessité que pour la candidature de Bathélémy Dias, le questionnement éternel devant la déclaration de patrimoine du président élu, cet acharnement contre les alliés d’hier avec lesquels on a commercé naguère en toute intelligence, depuis la fin des années 80 (Ligue démocratique, Parti de l’Indépendance et du Travail, And-Jëf, ce populisme de bon aloi qui rappelle la fable de la grenouille qui voulait être aussi grosse que le boeuf), tous ces faits n’ont pas trouvé grâce auprès des Sénégalais et Macky Sall doit être bien ennuyé de constater que les populations sénégalaises sont peu sensibles aux pratiques trotskystes d’un autre temps.

A ces mesures pratiques s’ajoutent des considérations plus intellectuelles : la rumeur de dislocation de la coalition court depuis longtemps qui attendait seulement la cartographie politique issue des législatives. L’inévitable Moustapha Cissé Lô a remis l’antienne dès le premier pour son exercice favori : dénigrer Moustapha Niass et démontrer comment les relations doivent être. En outre, Macky Sall s’est reposé sur des leaders locaux absents pour parler plus au nom d’une coalition qu’incarner réellement le chef de l’Alliance pour la République (Apr). En troisième lieu, le nouveau président de la République n’a pas su apprécier à leur juste valeur les résultats du 25 mars qui voulaient mettre une distance certaine entre l’élu du peuple et les vieux politiciens renvoyés à leurs humanités.
Ainsi, personne n’a voulu relever que la coalition « Benno Bokk Yakaar » était rejetée a priori et dès le premier tour de la présidentielle, le 26 février, avec une marge confortable à Macky laissé en tête à tête avec Wade, les autres ayant été punis d’avoir joué avec la crédulité des Sénégalais (l’impossible entente des ex-Ps, louvoiements d’Idy). La bonne résistance du Pds et de son satellite mené par Pape Diop démontre encore une fois le fossé entre l’électeur et les anciens politiciens. Pour ne pas l’avoir compris, Macky Sall a reçu le premier juillet dernier un premier avertissement.

Pathé Mbodje, journaliste

Source:koccbarmafall.skyrock.com

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