Le voyage de Barack Obama, ou la reconnaissance d’une certaine Afrique

Samedi 29 juin 2013

Obama-AfriqueLa première tournée africaine qu’effectue du 26 juin au 3 juillet 2013, depuis son arrivée à la maison blanche, le président américain, Barack Obama, constitue à n’en pas douter, pour ceux qui désespéraient de le voir, tant l’euphorie ou la liesse qui avait empli les villes africaines, entraînée par son accession à la présidence de la première puissance mondiale, avait vite cédé le pas à la déception et donné, du coup, à bon nombre d’africains de penser qu’il ne s’intéresserait pratiquement plus au continent – se concentrant  tout au long de son premier mandat sur la crise économique, les révolutions du printemps arabe, la fin de l’engagement américain en Irak et en Afghanistan, ou lorgnant davantage l’Asie – qui est aussi le sien, le sang de l’ Afrique coulant dans ses veines, de par ses origines africaines via son père kényan,  et comme il l’avait annoncé lui-même lors de son voyage éclair, en 2009, à  Accra (Ghana), un baume , un soulagement.

On n’oublie pas ses origines comme on dit. Est-ce dans ce cadre qu’il faut placer sa tourneé ?  Pas si sûr. Le premier voyage,  éclair, il l’a fait au Ghana. Le deuxieme , aujourd’hui, le cheminement qu’il prend prouve à suffisance que rien est laissé au hasard et que l’ Administation américaine sait là où il faut aller- les pays et les régions qu’il faut visiter, même si le périple prend l’allure d’une sorte de rattrapage du  temps perdu,  alors que  le terrain de chasse du continent a, entre-temps, été occupé par la Chine, pays très gourmand, devenu, en 2009, son  premier partenaire, d’après l’Organisation de  coopération et de dévéloppement économique ( l’O.C.D.E )-, le message qu’il faut porter au continent noir qui souffre de beaucoup de maux  dont le  plus lancinant de tous qui accompagne toute avancée significative est la démocratie.

Elle ne se porte guère mieux, exception faite pour les quelques pays, parmi les 53 que compte le continent et dont Obama eu pour préférence:  le Ghana, premier pays visité, en 2009; le Sénégal qui commence la présente tournée; le pays de Mandela, l’ Afrique du sud qui en est la seconde étape.Tout un symbole ; la Tanzanie ( dernière étape) ,  pays calme,  comme l’avait été son père fondateur, l’ancien président Jilius Nyéréré. La terre natale de son père, le Kenya,dont le président, Uhuru kenyata, est poursuivi par la cour pénale internationale ne figure pas dans l’agenda du président américain, comme d’ailleurs tant d’autres pays qui auraient pu y figurer si . . .

Le pays de l’oncle Sam ne reconnaît,  par ce voyage,  que les pays dont la situation, du point de vue avancée démocra-tique, est encourageante. C’est  l’Afrique dont il faut se servir d’exemple pour les retardaires en la matière.

Dans cette Afrique là – les pays, on les compte sur les doigts d’une seule main -,  on ne pourrait  parler du monopar-tisme déguisé ou de la pensée unique qui sévit dans les pays de l’autre Afrique, anti-démocratique – malgré l’existence (pour faire illusion ) d’institutions démocratiques formelles – , génératrice à n’en point finir de putschs, d’assassinats d’opposants, de dictature sans nom, d’arrieration à vous couper le souffle dans les pays dits arabes du continent, à la limite moyenâgeux.

Cette autre Afrique désole, freine  l’enthousiasme des américains pour le continent, et le premier d’entre eux  le montre en la tançant  à sa façon.

La démarche, loin de s’ériger en donneuse de leçon comme elle en a l’air à maints égards – certains esprits retords pourront être tentés de dire que tout n’est pas aussi rose chez l’oncle Sam,  mais,  toutes proportions gardées, dire aux Africains,  qu’il faut,  un tant soit peu,  humaniser les institutions,  ce n’est quand même pas mauvais -, sera-t-elle comprise par les dirigeants africains ?

Sera t-il écouté (Barack Obama) ? Les dictatures n’ont pas d’oreilles pour écouter ni d’yeux pour voir ce qui est bien pour eux et les pays qu’ils dirigent. C’est bien malheureux !

En son for intérieur, que se dit t-il,  pour ce qui est  de l’ Afrique du Nord qui bouge, qui se cherche ?  De l’ Afrique de l’Ouest qui,  clopin-clopant , n’abandonne pas la ligne qu’elle s’est tracée depuis les années 1990 ?  De l’ Afrique  Centrale, dernier bastion de l’autoritarisme forcené ?  De l’ Afrique de l’ Est qui lambine, laminée en certains endroits par l’intégrisme réligieux ?  Et enfin du Sud de l’ Afrique,  pas trop turbulente,  tirée par la nation Arc-en-ciel ?

Source:nmargueritealphonse

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