Le S 400 russe. La Guerre des Etoiles n’aura pas lieu

Quand le Président Obama a décidé d’accélérer la création du système de défense stratégique du territoire étoilé, il semblait ignorer les nouveaux succès de la Défense russe. Il se trouve que pendant 5 ans une grande partie de soi disant experts militaires riaient à gorge déployée à chaque fois qu’ils évoquaient le système russe « Boulava » censé équiper les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, les redoutables SNLE russe de la nouvelle génération.

Tout le monde se délectait en déclarant haut et fort que sans ces missiles les nouveaux SNLE russes seraient inutiles et inexploitables parce que leurs silos ne sauraient recevoir des missiles d’autres types. Quand le programme de « Boulava » a fait ses preuves et il s’est avéré que le système fonctionnait à merveille, le silence se fit. La presse libérale russe si bruyante dans ses critiques, les experts militaires français dont un grand nombre sorti du creuset de Sciences Po gardaient un prude silence.

On comprend très bien les sentiments de tout ce beau monde. J’étais encore au Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques de l’IHEDN quand les professeurs-officiers chevronnés dont Couteau-Bégary nous martelaient à tout bout de champ : « Un pays ne peut avoir à la fois une grande armée de terre, de l’air et la marine ». Bref qui veut avoir tout n’obtient rien ! L’exemple classique pour mon aréopage de maîtres était celui de l’Union soviétique décédée de l’indigestion du budget militaire.

Force m’est de constater que mes professeurs de la Défense avaient raison, certes ! Seulement ils avaient omis un petit détail qui détruit leur logique à 100 p.c. Il s’appelle la réponse asymétrique. Les Russes peuvent très bien se limiter à une armée de professionnels qui interviendrait là où nécessaire en sapeurs-pompiers. Cette vision requiert l’application de la robotisation militaire et les armes de pointe régies par un ordinateur tactique de la Région de défense militaire. Il se trouve que le nouveau système anti-missiles S 400 rentre bien dans cette logique de défense que les Russes ont d’ailleurs emprunté à l’exemple français. Se trouvant dans l’impossibilité de copier les grandes puissances, la France a opté pour une autre stratégie basée sur ses moyens respectifs: un nombre limité mais suffisant de SNLE, une armée professionnelle mais avec des réservistes qui en fait la plus grande armée de l’Europe Occidentale, etc.

A la sortie de l’Union soviétique les Russes ont fait montre de sagesse en préservant les acquis dans le domaine du développement des systèmes des missiles que ce soit à des fins de défense anti-aérienne ou pour doter les SNLE en armes balistiques. Il va de soi que la Russie a sauvé bien d’autres branches d’industrie mais ce qui compte ce qu’elle a su renoncer à une armée largement démesurée et peu compétente. Cette politique commence à porter ses fruits.

Prenons le cas de S 400. Le système de défense antiaérien développé par la Société Anonyme « Almaz Anteï » équipe deux régiments défendant la région de Kaliningrad et le Sud-Est de Moscou dans la région de la ville d’Electrostal. C’est un jeu de missiles monté sur la base d’un blindé à chenilles donc à déplacement aléatoire et difficilement repérable avant la mise à feu qui a les moyens de déceler 600 cibles, en guider jusqu’à cent, en éliminer 36 simultanément. L’altitude de neutralisation peut atteindre 27 kilomètres c’est-à-dire sortir de l’atmosphère terrestre. Et c’est là justement où le bât blesse pour les systèmes balistiques américains. Au lieu de relancer la course aux armements Moscou a préféré miser sur la défense. Le coût de développement de ce complexe est d’autant plus réduit qu’il se base sur un système bien rodé du nom de S 300. Il est à noter que même le S 300 n’a pas de concurrents sur le marché d’armements. Il est capable de découvrir et d’éliminer les avions réputés invisibles du type Stealth. Ces systèmes sont largement commercialisés en Asie. Un autre détail à ajouter : le S 400 est une arme universelle. Si l’altitude de frappe maximum est celle du cosmos, l’arme n’en reste pas moins efficace à la hauteur de 10 mètres ce qui correspond au registre d’un missile de croisière.

Et voilà que maintenant les Russes n’ont plus qu’à produire en grande série le S 400 qui rendrait stérile la Guerre des Etoiles lancée par la Maison Blanche. A plusieurs reprises nous avons déjà passé en revue les succès de l’aéronautique militaire et civile russe. Nous sommes bien contents de constater que les missiles se portent aussi bien que les avions et hélicoptères et que les Alliés russes peuvent bien compter se mettre à l’abri des attaques des armadas américaines tentées d’intervenir manu militari sans mandat de l’ONU. Comme cela a été d’ailleurs le cas en Yougoslavie.

Par Alexandre Artamonov

Source: french.ruvr.ru

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