Le Président Gbagbo respire une forme rassurante

Après une visite rendue au célèbre prisonnier de La Haye, Dr Claude Koudou, adjoint de M. Bernard Houdin (Représentant de Laurent Gbagbo en Europe et en Amérique, coordonnateur général des actions politique, diplomatiques et de lobbying), nous donne ses nouvelles à la Cpi.

 

Vous venez de rendre visite au Président Gbagbo à la Haye, dans quel cadre se situe cette visite ?

J’ai rendu visite au Président d’abord en tant qu’Ivoirien préoccupé naturellement par ce qui se passe dans mon pays. Mais il faut aussi dire que depuis plusieurs années, je suis impliqué dans la chose politique. J’ai d’abord dirigé une représentation locale du Fpi à Paris que nous avions mise en place au lendemain du Congrès de 1990 à Abidjan.

Il s’agissait de constituer un cadre pour les militants qui aspiraient à l’exercice démocratique, un processus qui était en train d’émerger dans notre pays. J’ai ensuite dirigé la section de Paris en 1999, et donc en exercice quand le Président a accédé au pouvoir en octobre 2000. Aujourd’hui, je suis collaborateur du Porte-parole, le ministre Justin Koné Katinan et de son représentant (Bernard houdin). En tout cas, pour poursuivre ma contribution, il me semblait important d’effectuer cette visite. Et les échanges me confortent dans cette conviction.

Dans quel état l’avez-vous trouvé ?

Oh ! J’avais quelques inquiétudes. Elles se sont dissipées dès que j’ai vu le Président. C’était émouvant et je l’ai beaucoup dévisagé. Il en ressort que le Président respire une forme rassurante. Il va bien. Sur le plan intellectuel, c’est encore plus saisissant.

On avait appris qu’il s’était fait mal au pied en glissant, comment va-t-il à ce niveau ?

Il va bien à ce niveau. Cette alarme, à mon sens qui a été de trop–même si elle peut avoir du sens. J’ai vu le Président avec une santé générale qui doit nous réconforter. Il faut s’enlever cette image de la tête. Il va bien.

A-t-il régulièrement les nouvelles de la Côte d’Ivoire ? Si oui, qu’en pense-t-il ?

Des nouvelles de la Côte d’Ivoire, il en a. Il transparaît dans ses propos que ce pays reste injustement soumis à des souffrances. Nous devons mieux nous organiser pour que l’Etat de droit soit. J’en conclus que chacun, à partir de la perception qu’il peut en avoir, se conduise conséquemment. En tout état de cause, nous devons nous battre pour que ce pays redevienne vivable pour tous ceux qui aspirent à y vivre tranquillement.

Comment apprécie-t-il la mobilisation autour de sa personne et de son idéal ?

Il ne peut naturellement qu’en être fier. Vu que la voie qu’il a tracée a une forte adhésion et cela, au-delà de la Côte d’Ivoire. Le Président est une icône, un grand symbole pour le combat pour la souveraineté, la démocratie et la liberté. Tout son parcours milite pour la dignité, la solidarité, la générosité et le respect de l’autre. L’histoire prouvera l’inverse de l’image montée qui lui a été collée. En tout cas, il est «tranquille» et «serein».

Quelle sensation cela lui donne que d’avoir apporté une animation inédite à la ville de La Haye ?

Sa détermination est toujours intacte qu’il voit en même temps qu’il a des soutiens, à travers le monde. C’est pourquoi, au-delà de nos différences d’approches des questions qui touchent à notre pays, il nous dit de «ne pas se tromper de combat». Cela exige que nous soyons dans un esprit de mutualisation de nos efforts et du travail dans la complémentarité, et non dans une tendance à se tirer dans les pattes. C’est justement parce que nous avons des problèmes d’organisation, de méthodes, du respect de l’autre et de la reconnaissance du mérite de l’autre que la situation dans notre pays a atteint l’extrémité que nous connaissons.

Dans quel état d’esprit prépare-t-il l’audience de juin ?

Sur cette perspective, il est serein ; il est combattif et entend faire triompher la vérité. Il a une vision et est dans une logique qu’il ne faut pas un tant soit peu travestir. Comme nous le connaissons, il n’est pas homme à plaisanter avec la vérité. Retenons donc qu’«on ira» forcément «jusqu’au bout» même si nos ennemis et leurs soutiens sont dans une logique de promotion du mensonge et du déni.

Vous (son Porte-parolat) êtes l’objet d’attaques. Qu’en dit-il ?

 J’avais déjà rencontré le Président quatre(4) fois en public et deux (2) fois en privé. Des recoupements que j’ai faits, je me dis qu’il faut avancer dans le travail qu’on fait. Et il juge. Je pense qu’il ne faut pas parler des autres dans les échanges avec lui. Mais les précisions qu’il a indiquées dans ses propos ne me laissent pas de questions sur notre mission. Il faut donc que nous avancions. Ceux qui pensent qu’ils ne peuvent émerger que par des dénigrements, de la délation et des calomnies se font toujours rattraper par l’histoire. Il ne faut donc pas «jongler» avec la vérité. Et je suis dans cet état d’esprit depuis toujours, avant même d’avoir cette responsabilité.

Quel point faites-vous des activités du porte-parole ?

Un très bon bilan en si peu de temps. Nous avons contribué à ce que le moral revienne dans nos rangs. Et il y a beaucoup d’autres choses de fait dont je préfère qu’il ne soit retenu que les effets visibles. Cela me donne l’occasion de rassurer tous nos amis. Il importe de comprendre que le Président Gbagbo est au-delà des partis. Il y a son parti d’origine, le Fpi et les autres composantes de La majorité présidentielle (Lmp). Les soutiens du Président à travers le monde entier vont donc plus loin. Mais je le redis, un parti comme le Fpi qui est un parti de gouvernement doit pleinement jouer son rôle. Il faut simplement que la séparation des tâches soit lisible. Naturellement, nos canaux pour véhiculer les messages sont d’abord les voies du Fpi. Mais comme je l’ai dit, ceux qui ont compris le sens de la lutte du Président, ceux qui adhèrent à son combat, ceux qui dans d’autres partis au pays se rallient graduellement à sa cause, ceux qui, simples citoyens non partisans qui ont fini par comprendre l’importance de ce que le Président cultive ; ceux qui l’admirent pour la grande vision qu’il a pour son pays et pour l’Afrique, dépassent un cadre purement partisan. Il convient d’intégrer cet aspect des choses et s’ouvrir pour qu’un bon élan de rassemblement nous appuie dans cette quête de la démocratie.

Quel est votre mot de fin ?

Nous avons parfois été incompris. Et c’est également notre rôle d’expliquer. Parce que le paysage que nous vivons est aussi nouveau. Je pense qu’il faut maintenant nous concentrer sur l’essentiel pour sauver notre pays. Nos terres sont arrachées et prises par des gens qui arrivent dans le pays de façon anarchique ; des exactions ; des exécutions sommaires; des arrestations arbitraires se poursuivent. Il nous faut mettre ces souffrances au premier plan. J’invite tout le monde à être solidaire et discipliné. L’arrogance, l’égoïsme et la méchanceté ne doivent pas être dans notre esprit. L’humilité doit nous guider dans nos actes. Si notre pays a été balafré, c’est que la dimension éducationnelle et le sens de la morale n’ont pas été appréciés à leur juste valeur. Personne ne peut rien tout seul et il faut alors se donner la main. J’invite chacun à aller au rassemblement pour que notre pays sorte de là.

Germain  Séhoué

Source: cotedivoire-lavraie.fr

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