Le poids de la Chine en Afrique ne cesse de progresser… au détriment de la France

En dix ans, la part de marché de la Chine sur le continent africain est passée de 2,3% en 2000 à 12,5% en 2010, selon une étude de la direction générale des douanes françaises. Dans le même temps, celle de la France a reculé pour atteindre 8,9% alors qu’elle était encore de 16,2% au début de la décennie.

Quel est le poids de la France dans le commerce en Afrique ? Selon une étude des douanes françaises publiée ce mercredi, si entre 2000 et 2010, le continent est devenu la deuxième zone géographique en termes de progression des importations, ce fort développement des échanges a surtout profité à la Chine. Sur cette période, la part de marché des fournisseurs français a reculé de 16,2% au début de la décennie à 8,9%. Dans le même temps celle de la Chine passait de 3,4% à 12,5%, devenant le premier client des importateurs africains (graphique ci-dessous). Les parts de marché respectives des autres fournisseurs (Etats-Unis, Italie et Allemagne) se sont également tassées mais à partir de niveaux initiaux moins élevés.

La structure des importations de l’Afrique permet d’expliquer cette érosion importante de la position de la France sur le continent. « Au-delà de l’énergie, le dynamisme des achats de l’Afrique touche à peu près toutes les filières, avec des croissances à deux chiffres », explique l’étude. Mais, précision importante, « ses importations relèvent à 69 % des produits de moyenne technologie (véhicules, machines, fournitures électriques, métaux…) ». Or, c’est bien dans ce créneau que la Chine s’est spécialisée et les produits de moyenne technologie représentent 60% de ses exportations vers l’Afrique. En outre, la part des produits à faible technologie (20% des importations), comme celle des produits à haute technologie (10%), pèse de moins en moins et recule de quatre points par rapport à 2000.

Face à la Chine, la France a donc perdu du terrain dans la quasi-totalité des secteurs. Seules les domaines dans lequel l’Hexagone peut se féliciter de bénéficier encore d’une avance technologique lui permettent de maintenir la tête hors de l’eau (voir graphique ci-dessous). Entre 2000 et 2010, la part de marché dans l’aéronautique a ainsi progressé de 21,7 points et la pharmacie n’a connu qu’une baisse limitée de 7,1 points. La France conforte également sa position de premier fournisseur de l’Afrique en céréales (+4,7 points) et résiste encore dans les produits de toilette (-6,0 points) et les produits pétroliers raffinés (-2,0 points), car la Chine est peu présente sur ces marchés. « En revanche, la concurrence chinoise est rude, non seulement dans les segments de moyenne gamme, comme les véhicules automobiles, mais aussi dans la filière électronique et informatique, qui constitue un atout important de sa spécialisation. Dans tous ces domaines, ses gains de parts de marché sont significatifs et correspondent à des pertes du côté français », précise l’étude.

 

 

 

Le département statistiques des douanes françaises tient néanmoins à relativiser ces performances, « dans la mesure où il peut s’agir de produits assemblés en Chine et exportés par des filiales étrangères implantées localement, avec au final une valeur ajoutée purement chinoise assez faible ». En outre, si les importations africaines ont progressé de 14,3% par an entre 2000 et 2010, contre +8,8% au niveau mondial, la part du continent dans la demande mondiale n’est toujours que de 2,6%. Et du côté du revenu par habitant (PIB en volume PPA, en dollar constant 2005), s’il augmente plus rapidement qu’ailleurs, il reste encore bien inférieur à la moyenne mondiale de 9903 dollars. Il était de 6109 dollars en 2010 en Afrique du Nord et de seulement 1972 dollars en Afrique Subsaharienne.

Par  Julien Bonnet

Source: latribune.fr

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