Le pharaon égyptien Ramsès III avait été assassiné selon les techniques de pointe

Momie de Ramsès III

On savait que l’épouse du pharaon avait tenté un coup d’état, on ignorait si Ramses III y avait perdu la vie. On le sait maintenant, on a osé porter la main sur le dieu vivant, on l’a même égorgé.

Le pharaon égyptien Ramsès III a bien eu la gorge tranchée, ont confirmé des scientifiques européens et égyptiens. Pour résoudre définitivement ce crime vieux de 3000 ans, les chercheurs ont soumis deux momies, la victime et probablement l’un des assassins, à des techniques de pointe, des scanners aux rayons X et des analyses d’ADN.

La tentative de coup d’État contre Ramsès III en 1155 avant J.C., appelée la conspiration du harem, était bien connue des historiens grâce à un papyrus conservé à Turin qui raconte tout le déroulement du procès après la cabale et décrit le sort réservé aux coupables. Le document, écrit dans le style imagé du Nouvel Empire, ne permettait en revanche pas de savoir avec certitude si Ramsès III avait survécu ou non à l’attaque contre sa personne. Le pharaon qui dirigeait la procédure n’était pas nommé (ce qui a toujours intrigué) et aurait aussi bien pu être Ramsès III lui-même que son successeur Ramsès IV.

Les derniers mois de Ramsès III se révèlent sombres donc et ternis par une grande conspiration touchant de nombreux dignitaires parmi les plus puissants et influents du pays. L’affaire demeure complexe et difficile à démêler et les subtilités des textes égyptiens n’autorisent pas une interprétation définitive de cet événement qui marquera les premiers mois du règne de Ramsès IV.

Une reine nommée Tiyi complote, ça c’est sûr, pour pouvoir imposer son fils sur le trône, Pentaour. Avec d’autres hauts dignitaires, elle mena la conjuration. Le complot naquit sans doute au sein du harem, peut-être sur l’initiative de la reine. Au fur et à mesure, d’autres femmes, membres de leurs familles et des responsables du harem se joignirent à l’action. Puis les ramifications s’étendirent à la cour, chez quelques officiers de l’armée, en province. On oublie souvent un élément important de la conjuration : la sorcellerie. Sa maîtrise constituait un gage de réussite, en utilisant les écrits, les potions et figurines.

On sait maintenant que contrairement à ce qu’on pensait la répression terrible qui suivit ne fut donc pas mené par Ramsès III mais par Ramsès IV. Il crée une commission d’enquête de douze personnes pour juger les conspirateurs. Elle est constituée de deux chefs du trésor, Montouemtaouy et Payefraouy, d’un haut courtisan, le porteur de flabellum Kar, de cinq échansons, Paybaset, Qédenden, Baâlmaher, Pairousounou et Djéhoutyrekhnéfer, du héraut royal Penrennout, de deux scribes du bureau des dépêches, Mây et Parâemheb et du porte-étendard de l’armée, Hori. Plusieurs dizaines de personnes furent mises en cause et condamnées. Comme pour signifier la portée sacrée de la répression, le mépris du pouvoir pour les comploteurs et leur privation de toute vie dans l’au-delà, les conspirateurs reçurent un nouveau nom ayant un sens péjoratif.

Voila donc une page de l’histoire de ce pharaon à réécrire complètement à la lumière de l’inspecteur ADN, celui qui  rouvre les affaires classées  ou occultées de l’histoire.

Ramsès III (Ramsès Ousermaâtrê-Méryamon : né de Râ, la justice de Rê est puissante, apprécié d’Amon) est le dernier grand souverain du Nouvel Empire. Pendant son règne, qui dure un peu plus de trente ans, le souverain ne cesse de lutter contre la corruption qui gangrène le pays ; il doit également repousser les peuples de la mer, des envahisseurs coalisés. Ramsès III a régné de -1186 à -1154, après un règne que les chroniques (papyrus Harris) indiquent avoir duré 31 ans et 41 jours.

L’Égypte fut souvent menacée au cours de la période du règne de Ramsès III par des forces extérieures. D’une part, par les incursions répétées de tribus libyennes, puis à l’Est par les peuples de la mer, dont le pharaon arrêtera par deux fois les vagues dévastatrices. Leur flotte fut anéantie par des forces navales et terrestres à l’entrée d’un bras du Nil. Ce haut fait est relaté sur les murs de son temple de Médinet Habou. Les conflits vont durer pendant presque onze ans, souvent remportés par Ramsès III. Selon plusieurs égyptologues, dont Nicolas Grimal, le souverain mena deux guerres à l’ouest du delta contre des troupes d’une coalition libyenne : les Libous et les Mechouech, en l’an 5/6 et fin de l’an 11.

Ramsès III poursuivit l’œuvre architecturale monumentale de Ramsès II. Preuve de son importante activité, il fit construire son temple funéraire de Médinet Habou et à Karnak un autre temple consacré au dieu Khonsou et à la déesse Mout, mais on trouve aussi des bâtiments, entre autres, à Abydos, Athribis, Héliopolis, Louxor…., ainsi qu’en Cisjordanie. La plus célèbre construction étant bien sur l’impressionnant temple  de Médinet Habou, qui ne fut complètement terminé qu’après le décès du souverain. Il servit à la fois de lieu de culte pour Amon-Rê et pour le pharaon. Là sont enterrés les membres de la cosmogonie hermopolitaine, selon la légende, et ils reçurent un culte jusqu’à l’arrivée des Romains.

Mais il faut réécrire la fin du règne et ses conséquences à la lumière des dernières recherches par IRM sur le corps du défunt. Ramsès III est mort la gorge tranchée jusqu’aux vertèbres cervicales durant la tentative de coup d’État, bien que ce dernier ait finalement échoué. C’est donc son successeur Ramsès IV, peut être deuxième objectif du complot qui aurait été chargé de veiller à la bonne marche du procès des conjurés et à leur impitoyable châtiment pour un régicide datant de 3.000 ans.

Par Jean Ansar

Source: metamag

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