LE HIDEUX VISAGE DU FMI, DE LA BANQUE MONDIALE ET DES AUTRES,(à suivre)

Il y a 2 manières de conquérir et d’asservir une nation, l’une est par l’épée, l’autre par la dette (John Adams, ancien président des Etats-Unis). Le FMI et la Banque Mondiale (BM) sont exactement des outils de la seconde méthode que l’occident a adoptée pour s’accaparer les ressources des pays de ce qu’ils appellent le tiers-monde et de l’Afrique en particulier.

La dette est l’arme, les intérêts, la munition et l’assassin économique le nouveau soldat. Ce n’est pas moi qui le dis. C’est en substance ce que dit John Perkins, ancien employé contractuel de la Banque Mondiale, auteur de Confessions d’un Assassin Economique, un livre à grand succès (que je conseille à tous les responsables africains). Ne vous laissez donc plus impressionner par ces « experts » venus de Washington ou de Paris, envoyés de ces institutions financières internationales, portant des costumes bien coupés, ayant des apparences vertueuses et utilisant les mots savants tels que plans d’ajustement structurel. Tout cet artifice fait simplement partie du mécanisme mis en place pour cacher le pillage qu’ils commettent.

A L’ORIGINE DE L’ESCLAVAGE ECONOMIQUE ET FINANCIER

C’est la force qui a toujours déterminé les rapports entre nations. Le reste n’est que maquillage. La guerre, les coups d’Etat, les sanctions économiques, l’occupation militaire sont le langage qu’ont toujours parlé les nations dans leur désir de sécurité, de bien être, de puissance, d’enrichissement, d’agrandissement de leur territoire et de sécurisation des ressources de survie. Les choses n’ont pas changé. Elles sont simplement plus sophistiquées.

Lorsque que les pays occidentaux ont conquis par la colonisation les terres nouvelles, ils ont à dessein détruit les structures économiques, culturelles et mentales des sociétés traditionnelles. Ils ont remplacé la vie collective de ces sociétés par l’individualisme occidental. A travers des lois foncières, les colons ont détaché les populations de la terre qui est le moyen de survie  et leur ont imposé l’économie du marché qui a fait d’eux des esclaves du capitalisme.

Au moment des indépendances, les puissances occidentales de l’époque ont transféré la dette des temps coloniaux aux nouveaux pays en même temps qu’ils les entrainaient dans un nouveau système financier dont les acteurs étaient maintenant le FMI, la BM et autres bailleurs de fonds.  Si les nouveaux pays ont eu un semblant d’indépendance politique, ils avaient au pied une boule de fer économique et financier qui allait les empêcher de prendre un envol économique. Selon Susan Georges, une activiste et écrivain, l’Afrique subsaharienne paye 25.000 dollars par minute d’intérêts sur la dette à ses créanciers du Nord. Ce sont, selon elle, les pays du Sud qui financent en réalité les pays du Nord à raison d’un flux financier annuel de 200 milliards de dollars du Sud vers le Nord(1). Les pays du Sud payent 13 dollars sur 1 dollar reçu des pays du Nord. Pourquoi en serait-il autrement? Après tout, ces pays occidentaux ont besoin de nos ressources naturelles pour leur prospérité et même la survie de leur mode de vie. Et tous les moyens pour les contrôler sont utilisés.

Le FMI et la BM sont simplement des institutions de domination du capitalisme occidental comme le sont les organisations des droits de l’homme tels que Amnesty International (contrôle moral), d’aide au développement (truffés d’espions), les organes d’assistance aux élections (National Démocratique Institution, une création de la CIA dont le rôle est de donner la caution à des élections frauduleuses), la Cour Pénale Internationale (le bras séculier), de communication sociale (Facebook et Twitter, d’autres créations de la CIA faits pour la collecte d’informations sur les gens).

Le Président du FMI est par un accord tacite passé entre européens et américains, un européen et celui de la Banque Mondiale, un américain, nommé par le Président des Etats-Unis. Les présidents du FMI et de la Banque Mondiale, sans officiellement être des haut-fonctionnaires de l’administration de leurs pays, se comportent comme tels. Les organismes qu’ils dirigent brillent d’ailleurs par leurs prises de position pro-occidentales dans les crises internationales. C’est ainsi que pendant la crise ivoirienne la Banque Mondiale avait fermé ses bureaux a Abidjan et suspendu tous ses contacts avec le gouvernement Gbagbo que la France avec le soutien des autres pays occidentaux voulait renverser. L’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir va replonger la Cote d’Ivoire dans les bras de ces institutions dont le président Gbagbo voulait s’éloigner.

LE PIEGE AUX NATIONS

Selon John Perkins, l’assassin économique, qui est économiste de formation travaille en général pour une compagnie-écran ou contractuelle de ces institutions financières pour qu’en cas de problèmes, aucun lien ne puisse être établi entre l’individu, les institutions financières et les gouvernements des pays occidentaux qui tirent les ficelles à l’arrière-plan. On commence par identifier un pays riche en ressources naturelles ou occupant une position géographique stratégique. Le rôle de l’assassin économique est de négocier pour le pays-cible des crédits auprès de la Banque Mondiale, du FMI, du Club de Paris ou de la Banque Africaine de Développement qui malgré son nom et la couleur noire de son président est une organisation à capitaux essentiellement occidentaux. Cet assassin économique que les medias appellent « expert » le fait comme une faveur qu’il accorde aux dirigeants de ces pays demandeurs de crédits.

Le FMI et la Banque Mondiale savent d’avance que le gouvernement auquel le crédit va être octroyé est corrompu et c’est même cela l’une des raisons pour lesquels on le choisit. En mettant autant de biens dans les mains d’individus à l’intégrité fragile, ces institutions donnent l’opportunité à ces dirigeants et à leurs proches de s’enrichir. Et ce vol ne cause pas de grands remous tant que ces chefs d’Etat jouent le jeu, malgré d’occasionnelles et timides exhortations à la bonne gouvernance.

Les critiques que ces pays font aux pays africains sur la bonne gestion et la bonne gouvernance ne sont que de la poudre aux yeux. Ces critiques sont faites pour garder ces apparences de bienveillance car les pays occidentaux préfèrent les dictateurs et des politiciens compromis à qui ils peuvent faire du chantage à des hommes intègres n’offrant pas de levier de pression sur eux. Sinon, pourquoi Lumumba, Sankara, Pascal Lissouba seraient-ils tombés au profit de Mobutu, Compaoré et Sassou Nguesso qui ont chacun  fait plusieurs décennies au pouvoir ? En fait les puissances occidentales favorisent l’accession au pouvoir d’individus qui ont une faiblesse qui peut être l’orgueil, les plaisirs de la chair ou un amour pour les biens matériels. Le Programme Millénaire pour le Développement n’est  autre encore que de la poudre aux yeux pour faire croire aux populations africaines qu’on se soucie d’elles.

L’argent qu’on prête n’est en général pas remis en liquide ou alors pas en totalité au gouvernement qui emprunte. Il est transféré sous forme de grands projets d’infrastructures tels que la construction de centrales électriques, de routes, des voies de chemins de fer, de parcs industriels, de ports, réalisés par des compagnies occidentales. Ces infrastructures ne profitent pas au petit people, ne changent pas la condition matérielle de ces nations et n’ont pas un grand impact sur l’économie des pays. Elles bénéficient aux compagnies étrangères pour le transport, la transformation ou  l’évacuation ou des ressources naturelles exploitées.

Ces grands experts consciemment négligent d’intégrer le fait que le développement ne peut être accompli sans au préalable avoir développé le potentiel humain que les gens ont en eux et avoir changé leur façon de penser qui seuls sont capables de créer une dynamique interne génératrice de prospérité. L’argent et les investissements ne servent pas à grand chose tant que la majorité de la population qui vit dans les campagnes n’a pas été impliquée à part entière dans le processus de développement. Tant qu’elle continue à passivement espérer une solution qui viendrait d’ailleurs sans avoir été amenée à prendre en main son propre développement, les choses ne changeront pas vraiment.

Pourquoi nos gouvernements tombent dans ces pièges? C’est parce qu’ils font confiance à ces experts économiques  venus de pays dits développés. Apres tout, se disent nos dirigeants, si ces individus ont pu développer leurs pays, ils doivent bien savoir ce qu’il y a à faire pour développer le leur, ignorant que ces institutions financières sont des entités prédatrices. Il faut aussi ajouter que le fait que certains dirigeants africains n’aient pas vécu en occident représente un handicap pour eux dans la compréhension et l’analyse des attitudes et de la nature parfois sinistre de leurs interlocuteurs, toujours dissimulée derrière un sourire radieux, une exquise politesse et un discours sophistiqué.

Précisons tout de même qu’il est cependant possible pour un gouvernement sérieux, éclairé et astucieux de tirer profit de ces crédits pour initier un veritable processus de développement. Mais pareil gouvernement devra pleinement intégrer la diaspora dans sa gestion de sa politique de développement. La diaspora a une compétence lui permettant d’insuffler l’excellence dans la gestion du pays, d’assister les dirigeants de leurs pays dans leurs interactions avec les entités extérieures en même temps que son expérience lui donne la capacité de faire sans aucun complexe compétition à tous les niveaux avec les autres acteurs de ce monde devenu un village planétaire. Je ne vois d’ailleurs pas comment un pays africain pourrait émerger sans mettre à contribution autant de compétences. Ce sont leurs nationaux formés dans des universités occidentales qui ont aidé la Chine et l’Inde à prendre leur envol.

Et lorsque comme prévu, le pays emprunteur n’arrive pas à payer la dette, parce que  les théories économiques ont des bases frauduleuses, on passe à la capture du poisson comme l’on verra plus tard.

LORSQUE VOUS REFUSEZ DE MORDRE A L’HAMECON

Lorsque vous refusez de vous laisser corrompre comme l’ancien président du Panama Omar Torrijos l’a fait, on envoie les chacals c’est à dire des assassins s’occuper de vous. Torrijos avait dit à John Perkins qui voulait l’attirer à ce jeu que l’enrichissement personnel ne l’intéressait pas. Ce qu’il voulait c’était le bien de son peuple et il savait bien qu’en refusant de jouer le jeu il serait sur la liste des gens à éliminer. Effectivement, quelque temps plus tard il est mort dans un accident d’hélicoptère qui avait la signature de la CIA selon John Perkins.

Le scenario  de neutralisation des leaders varie en fonction des pays. Parfois c’est un coup d’Etat tel le renversement de Thomas Sankara au Burkina Faso, ou la création d’un mouvement armé contre le gouvernement « rebelle » du président Aristide de Haïti. On peut aussi vous fabriquer de toutes pièces une opposition nationale qu’on aide par des financements à prendre le pouvoir (Libye) ou un mouvement rebelle qui vous tient dans les rangs comme au Tchad. Le message dans ce dernier cas c’est que si vous ne vous soumettez pas aux règles du jeu, on aide ces rebelles à prendre le pouvoir (en leur procurant de l’armement et d’argent toujours par réseaux interposés). Les nouveaux dirigeants mis au pouvoir par l’occident restent très souvent malléables, sachant qu’il pourrait leur arriver ce qui est arrivé à leurs prédécesseurs. Parfois c’est simplement l’assassin économique qui de façon subtile profère cette menace. Il ya toujours dans un pays de nombreux prétendants au pouvoir, prêts à vendre leur âme a ces pays pour accéder au trône.

On assassine rarement ces leaders en utilisant des agents des pays occidentaux  qui en général tirent les ficelles à partir des ambassades, véritables centres de commandement. On utilise très souvent des locaux pour donner l’impression que ce sont vos propres concitoyens qui vous font tomber. C’est ce qui s’est passé en Cote d’Ivoire avec le président Laurent Gbagbo qui bien qu’il n’ait pas tenu de propos anti-français et qu’il ait continué à leur octroyer des contrats montrait une volonté d’émancipation que les pays occidentaux n’aimaient pas. Le président Biya est probablement aussi sur la liste de la France et des Etats-Unis des leaders à neutraliser parce que bien qu’ayant préservé les intérêts occidentaux dans son pays, il est en train de réduire la pression de la tenaille française sur l’économie du Cameroun en octroyant de vastes marchés à la Chine avec laquelle il est en train d’établir une relation de partenariat strategique. Ils aimeraient le faire le faire succéder par un politicien beaucoup plus francophile et pro-occidental. Il semble qu’au soir de sa carrière politique le président Biya ait décidé, comme pour laisser un héritage politique, de jouer cette carte mortelle.

Tous les leaders ne se font heureusement pas tuer. Il y a des présidents comme Castro du Cuba ou Hugo Chavez du Venezuela qui ont survécu à une tentative de renversement. Ce qu’on reproche à ce dernier c’est simplement d’avoir donné accès aux populations indigènes et autres pauvres de son pays à la richesse du pays (le pétrole) que se partageait l’élite du pays avec les compagnies américaines. Il avait en effet remis au peuple vénézuélien le contrôle des richesses  de son sol en nationalisant de nombreuses compagnies. Il a utilisé cette richesse pour réaliser de vastes projets de constructions d’habitations, de centres de santé, d’écoles, de financement de PME pour pauvres et démunis.

Si vous vous arrivez à ne pas vous faire assassiner, on procède à une simple invasion comme en Iraq sous le couvert des Nations Unies. Saddam Hussein après avoir été leur outil avait refusé selon John Perkins le deal offert par les américains aux Saoudiens : celui de la pérennité au pouvoir contre le pétrole à bon prix. Il avait en outre eu l’outrecuidance de vouloir faire ses transactions en Euros, mettant ainsi en danger la domination du dollar comme monnaie réserve (la même raison pour laquelle on a fait tomber Dominique Strauss Khan par cette affaire de faux-viol). Le Colonel Kadhafi quant à lui avait mis 30 milliards de dollars de coté pour la création du Fonds Monétaire Africain (avec en fond la mise en place des Etats-Unis d’Afrique) représentait aussi un danger pour l’existence du franc CFA et la domination de la France et des pays occidentaux sur l’Afrique.

Susan Lindauer, agent de la CIA travaillant sous couverture comme employée aux Nations Unies a révélé au cours d’une interview qu’à la veille de la deuxième guerre du golfe, la CIA avait offert un plan de paix à  l’Iraq que Saddam Hussein avait accepté pour éviter la guerre, donc la possibilité d’un renversement. La CIA avait demandé et obtenu en échange de la paix un traitement de faveur pour les sociétés américaines dans les contrats iraquiens dans le domaine de la communication, la santé, des équipements d’hôpitaux, du transport. La CIA avait aussi obtenu de l’Iraq qu’elle achète un million de véhicules américains par année pendant dix ans et un traitement de faveur dans les contrats de pétrole. L’Iraq avait même offert de donner aux compagnies américaines les contrats de pétrole de la société russe, Lukhoil. Tout ceci n’a pas été suffisant pour satisfaire la cupidité des américains selon les propres termes de Mme Lindauer http://www.brasschecktv.com/page/20819.html

Lorsqu’ils envahissent un territoire comme en Iraq ou qu’ils le bombardent comme en Yougoslavie et en Libye, ils détruisent à dessein les infrastructures pour forcer les nouveaux dirigeants à refinancer la reconstruction à travers les crédits  du FMI et de la Banque Mondiale. Ces contrats de reconstruction sont octroyés par le nouveau gouvernement pro-occidental  aux compagnies des pays ayant contribué à la « libération et à l’établissement de la démocratie ».

Est-ce le directeur du FMI ou président de la Banque Mondiale qui ordonne les actions hostiles et assassinats ? Probablement pas. Ils font partie d’un vaste système dans lequel ils jouent une partition. Une fois, leur rôle terminé ou lorsqu’ils échouent, les autres départements du système, en l’occurrence les services secrets, les medias entrent dans la danse pour jouer leur part.

J’en profite pour dire que l’assassinat des leaders nationalistes du tiers-monde est une pratique courante chez la CIA et les services secrets occidentaux. Certains leaders africains sont obligés de jouer le jeu malgré eux parce qu’ils ont peur de se faire descendre. Selon François-Xavier Vershave, feu le président Houphouët Boigny avait des élans nationalistes mais s’était rangé lorsqu’il a vu comment les autres nationalistes africains se faisaient assassiner par la France (2).

(1)La Fin De la Pauvreté ? Documentaire de Philippe Dias
(2)La Francafrique de François-Xavier Vershave

Atangana Mebah Dorien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *