Le F.N et le Parti nazi : au carrefour des extrémismes

Les ressemblances entre le front national et le parti nazi sont légion. Comme tout mouvement populiste, c’est dans le chômage et les périodes de crises que ces deux partis ont su faire leur beurre. Toutes les deux structures sont crées par des esprits obtus, la seule différence c’est que l’un a vu son projet se réaliser tandis que l’autre compte sur sa progéniture pour se réincarner.La montée fulgurante du F.N rappelle beaucoup de celle du NSDAP. Longtemps ignoré par les grandes tendances politiques de l’époque, le national-socialisme d’Hitler a rampé dans l’obscurité et à travers les ténèbres jusqu’à prendre le pouvoir en Allemagne.

Les dérapages et les extravagances des penseurs nazis amusaient plusd’un. Ils n’avaient ni ligne politique claire ni programme social solide. Leur seul point fort était de jouer sur l’émotivité notamment par le rappel d’un passé glorieux effectué par « le sang pur ». En bons pêcheurs, ils connaissaient très bien les coins et recoins de l’Allemagne de la misère, des traditions et c’est là où ils allaient pour pêcher. Et tout leur discours tournait autour d’un axe : c’est à cause des étrangers. Malheureusement, le contexte social et politique était très favorable à ce genre de théorie ; c’est ainsi qu’un homme qui exposa publiquement son programme misanthrope arriva au pouvoir pour appliquer son projet destructeur.

Aujourd’hui en France, le Front national, longtemps ignoré et méprisé, est en train de franchir chaque jour davantage une étape vers le sommet de la montagne. Sa politique ressemble de manière troublante à celle du NSDAP. Marine (comme son père avant et qui demeure toujours l’idéologue du parti) se focalise sur la critique de la crise sociale (sans apporter souvent de solutions concrètes) et sur la stigmatisation des étrangers. Les musulmans sont pour le F.N ce que les juifs étaient pour le NSDAP. Mais la progression du nationalisme français incarnait par le clan Le Pen laisse perplexe surtout quand on découvre que ce parti n’a même pas de propositions alternatives face aux crises. Il suffit de visiter leur site web pour savoir que le dit parti se fonde plus sur la critique que sur le fait de suggérer de vraies solutions. Le champ politique français étant devenu « vide », l’on comprend alors toute la marge de manœuvre que jouit le F.N pour patauger en toute tranquillité vers le pouvoir.

Marx disait que l’histoire se répète pour ainsi dire deux fois : lapremière fois comme tragédie et la seconde fois comme farce. En 2002, l’arrivée de Jean-Marie Le Pen en seconde position était sidérante pour beaucoup de français ; actuellement un scenario de ce type ne choquerait point ou pas. Que faut-il en déduire ? Les français ont-ils adopté le slogan : « la France aux français » ? Ce qu’il faut mettre en évidence ici, c’est qu’un peuple désemparé politiquement est prêt à écouter tout bonimenteur fusse-t-il un cagoulard (référence à Copé en parlant de certains candidats frontistes) pourvu qu’il soit persuasif. Et fort de son expérience,le F.N manie habilement la carte de la haine et de la peur : peur d’être envahi, peur de perdre ses racines. Avant tout, n’est-ce-pas dans ce culte des racines et de la tradition profonde qu’est né le mouvement frontiste. Comme le parti Nazi (à la suite de la défaite de l’Allemagne), le F.N trouve ses racines dans la défaite de 1870 et qui est à l’origine de l’exacerbation du nationalisme et de la naissance d’un antisémitisme militant. Ce n’est pas un hasard si « Le Pen père » dérape régulièrement à propos de la question juive. « Le Pen fille » est présentement le beau visage du parti ; la vipère peut changer de peau mais elle garde toujours son venin mortel.
Malao Kante CRHI NICE

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