Le conflit syrien s’exporte en Turquie

Cinq civils turcs ont été tués et plusieurs blessés mercredi dans une localité frontalière de la Syrie. En réponse, la Turquie a bombardé des cibles syriennes. L’Otan a convoqué une réunion d’urgence dans la soirée.

Le conflit syrien s’exporte à nouveau en Turquie. Cinq civils turcs ont été tués et plusieurs blessés mercredi dans une localité frontalière de Turquie par des obus tirés de Syrie, l’incident le plus grave entre les deux pays depuis la destruction d’un avion militaire turc par un missile syrien en juin. Ankara a immédiatement bombardé des cibles syriennes en riposte, a annoncé le premier ministre turc Tayyip Erdogan dans un communiqué.

Ces tirs d’obus syriens, dont l’origine restait à déterminer, ont frappé le village d’Akçakale, juste en face du poste-frontière syrien de Tall al-Abyad qui a récemment été le théâtre d’intenses combats entre l’armée fidèle au président syrien Bachar el-Assad et les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL). Selon le maire de la localité, Abdülhakim Ayhan cité par les télévisions turques, ce bombardement a provoqué la mort de cinq personnes, «une mère et ses quatre enfants», et a fait neuf blessés, également des civils. Les images diffusées sur les chaînes de télévision turques montraient mercredi des policiers au chevet de personnes gisant dans des mares de sang. «Une femme a été déchiquetée par l’explosion devant mes yeux», a raconté un habitant d’Akçakale.

Face à l’escalade de la tension entre les deux voisins, le Conseil de l’Otan a tenu dans la soirée une réunion d’urgence à la demande d’Ankara. L’Organisation, dont la Turquie est un des 28 membres, a appelé la Syrie à «mettre un terme à ses violations flagrantes du droit international». Les 15 membres du Conseil devraient eux publier jeudi matin une déclaration condamnant vigoureusement les tirs syriens et demandant à Damas de respecter le territoire de ses voisins, mais dont les termes font toujours l’objet de consultations, selon des diplomates à l’ONU.

Cette déclaration devait être entérinée mercredi soir. Mais à la dernière minute, la Russie, fidèle alliée du régime syrien, a demandé que le délai soit reporté à jeudi afin que la mission russe à l’ONU puisse consulter Moscou. La Russie pourrait entretemps proposer des modifications au texte ou même lancer l’idée d’une enquête internationale sur cet incident, a estimé un diplomate.

C’est l’incident le plus grave survenu entre la Turquie et la Syrie voisine depuis juin dernier, lorsque la défense antiaérienne syrienne a abattu un avion de combat turc, provoquant la mort de ses deux pilotes.

Les condamnations se multiplient

Les Etats-Unis ont protesté contre ce tir d’obus mercredi soir. «Nous sommes indignés que les Syriens aient tiré de l’autre côté de la frontière (…) et nous déplorons les pertes en vies humaines du côté turc», a dit la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, lors d’un point de presse.

Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a exprimé sa «ferme condamnation». «L’Otan continue à suivre la situation de près et avec une grande préoccupation», a poursuivi une porte-parole.

La France a affirmé sa «solidarité» et son «plein soutien» à son allié turc. «Nous condamnons fermement les tirs d’obus ayant causé la mort d’au moins cinq personnes sur le territoire turc à la frontière avec la Syrie», a déclaré Philippe Lalliot, porte-parole du Quai d’Orsay.

Le secrétaire général de l’ONU a également dénoncé les tirs d’obus, en demandant à Damas de respecter l’intégrité de ses voisins. Selon Ban Ki Moon, cité par son porte-parole, cet incident «démontre que le conflit en Syrie (…) a de plus en plus un impact négatif sur les voisins» de Damas.

Source: lefigaro

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