Le cardinal Tumi critique l’intervention française en Côte d’Ivoire

Dans un entretien à Radio France International donné à l’occasion de la sortie de son livre « Ma foi : un Cameroun à remettre à neuf », le cardinal Christian Tumi, archevêque émérite de Yaoundé, a sévèrement critiqué l’intervention française en Côte d’Ivoire, estimant que Laurent Gbagbo avait remporté la dernière élection présidentielle et que, en tout état de cause, il aurait dû être jugé dans son pays.

Dans cet entretien sur la situation politique au Cameroun, où il estime « qu’il faut l’alternance politique » alors qu’il n’y a « jamais vu des élections bien organisées », le cardinal Tumi est interrogé sur le fait que les pays d’Afrique anglophone parviennent à connaître une alternance politique, contrairement à l’Afrique francophone.

Laurent Gbagbo aurait dû « être jugé dans son pays »
« Je crois que les anglophones insistent beaucoup plus sur la liberté et l’objectivité des choses et je crois que la France soutient nos leaders. Les Anglais ont beaucoup moins d’influence en Afrique », explique-t-il alors, avant de mettre en cause l’intervention française en Côte d’Ivoire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que la France et l’ONU ont fait en Côte d’Ivoire. »

Le cardinal Tumi explique avoir alors demandé à un évêque ivoirien qui avait gagné la présidentielle ivoirienne. « Il m’a dit, sans hésitation, “c’est Gbagbo”, raconte-t-il. Maintenant, il est à La Haye. C’est pénible pour l’Afrique à mon avis. »

Selon lui, Laurent Gbagbo aurait dû « être jugé dans son pays ». « Pourquoi à La Haye ? Le camp international a déjà pris position contre lui ! », s’exclame-t-il, estimant qu’« il fallait qu’ils laissent les Ivoiriens résoudre leurs problèmes ». « Je crois que quand l’extérieur intervient, il aggrave les choses en donnant des armes », conclut-il.

Source: la-croix.com

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