Les diplômés étrangers, pour qui sont-ils un problème ?

Accueillir ou non dans nos entreprises les étudiants étrangers fraîchement diplômés en France ? La question est posée : les internautes s’en saisissent, enthousiastes, puis sceptiques

Le Sénat débattra bientôt du bien-fondé d’une circulaire du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui invite les préfets à restreindre les auto­ri­sa­tions de travail accordées à des étudiants étrangers à l’issue de leurs études en France.

D’abord, l’accord entre les internautes est quasi unanime : à l’heure où le marché de l’emploi se contracte, que les étudiants français aient priorité paraît naturel. Hervé décrit ainsi les « centaines de milliers de jeunes gens, français et étrangers résidents, qui galèrent comme des malades pour trouver une première embauche, diplôme en poche ».

Mais bientôt, le doute gagne les commentaires, notamment parce que la mesure aurait pour effet de pénaliser en premier lieu les étudiants… français : « Imaginons un instant que les pays étrangers fassent de même avec nos étudiants ? » s’interroge Anne-May. Elle poursuit : « Non seulement la France n’est plus un modèle quant à l’enseignement de ses propres nationaux, mais elle prend des mesures inadaptées contre toute l’intelligentsia étrangère ! »

Passé les premières inquiétudes, le scepticisme de certains commentaires invite à des questions de fond : « On forme des talents et, quand ils peuvent produire, on les expulse ! Où est la logique ? » (Steel) « De nombreux diplômés français partent à l’étranger parce qu’ils y trouvent de meilleures rémunérations et/ou des subventions pour leurs travaux de recherches. Si en plus, après avoir plus ou moins financé leurs années de formation en France, on flanque dehors ces diplômés étrangers, il nous reste quoi ? » (Fred) « Nos plus brillants étudiants français ne résistent pas à l’appel du large… Pourquoi ne pas accepter les étudiants étrangers que l’on a formés ? Mélanger problème d’immigration et gestion des potentiels intellectuels est une faute économique majeure. » (Patbol)

Faute de réponse définitive, les internautes appellent à la raison. Hello, avec d’autres, interpelle les sceptiques : « Vous croyez vraiment que les polytechniciens et HEC sont en concurrence avec les chômeurs entassés à l’ANPE ? Ces étudiants-là sont chassés par les entreprises avant même d’avoir été diplômés… Les renvoyer, c’est une pure perte pour la France, car leurs compétences ne seront pas remplacées par des chômeurs français. Les pays ne manquent pas pour accueillir ces grands talents. »

Finalement, les protestations relèveraient d’une contradiction de fond, débusquée quand s’approfondit le débat. Dans les commentaires, les internautes comprennent le souhait des étudiants étrangers. Ils entendent aussi ceux des employeurs, qui ne s’embarrassent pas de nationalité quand il s’agit de trouver des compétences en adéquation avec les postes à pourvoir. Alors, protéger le marché du travail français en période de crise et optimiser le ratio coût de l’étudiant/compétences utilisables, est-ce vraiment inconciliable ? La question, en tout cas, ne semble pas préoccuper les recruteurs qui témoignent dans les commentaires.

Source: lepoint.fr

 

 

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