L’agenda militaire US/israélien: « Brisez la Syrie en morceaux »

Un article très à propos du Jerusalem Post en juin place en avant l’objectif gardé sous silence de la diplomatie US, c’est-à-dire la division de la Syrie, état souverain, en plusieurs entités politiques distinctes et « indépendantes » – selon des lignes religieuses et ethniques. L’article confirme également le rôle d’Israël dans le processus de déstabilisation de la Syrie. L’article du JP s’intitule « « Un vétéran de la politique kurde appelle Israël à soutenir la division de la Syrie » - par Jonathan Spyer, The Jerusalem Post, 16/05/2012.

L’objectif de l’insurrection armée soutenue par les USA est- avec l’aide d’Israël – de « briser la Syrie en plusieurs morceaux ».

La « balkanisation de la République Arabe de Syrie » doit être réalisée en fomentant des divisions entre clans, ce qui amènera éventuellement à une « guerre civile » sur le modèle de l’ex-Yougoslavie. Le mois dernier, des « militants de l’opposition » syrienne ont été envoyés au Kossovo pour organiser des séances d’entraînement se servant de « l’expertise terroriste » de l’Armée de Libération du Kossovo (ALK), appuyée par les USA, dans le combat contre les forces yougoslaves.

Sherkoh Abbas, président de l’Assemblée Nationale Kurde de Syrie (KNA), basée aux USA, a « appelé à Israël à soutenir la division de la Syrie en une série de structures fédérales basées sur les différentes ethnicités du pays. » (Ibid.)

Un possible « scénario de fractionnement » relatif à la Syrie, qui constitue une société séculaire multi-ethnique, serait la formation d’états distincts et « indépendants » Sunnites, Alaouïtes-Chiites, Kurdes et Druzes: « Nous avons besoin de briser la Syrie en morceaux, » a dit Abbas (cité du JP, op.cit., emphase ajoutée).

Le dissident kurde syrien a plaidé qu’une Syrie fédérale, divisée en quatre ou cinq régions sur des bases ethniques, servirait aussi de « tampon » naturel pour Israël contre les forces islamistes sunnites et chiites à la fois. (Ibid.)

Ironiquement, alors que les forces islamistes sont rapportées comme constituant la principale menace pour l’état israélien, Tel Aviv fournit un soutien clandestin à l’Armée Syrienne Libre (ASL).

Carte 1

Réunion derrière portes closes au Ministère des Affaires Étrangères US

Une réunion de haut niveau du ministère du US State Department fut tenue en mai avec des membres de l’opposition syrienne kurde.Présents se trouvaient des représentants du Conseil National Kurde (CNK), Robert Stephen Ford, l’ambassadeur US sortant pour la Syrie (qui a joué un rôle clé dans l’apport du soutien aux rebelles) ainsi que Frederic C. Hof, un ancien partenaire commercial de Richard Armitage, qui sert actuellement de « coordinateur spécial sur la Syrie » de l’administration (Ibid.). La délégation a aussi rencontré le ministre adjoint des affaires étrangères pour les affaires du Proche Orient Jeffrey Feltman.

Frederic C. Hof, Robert Stephen Ford et Jeffrey Feltman sont les stratèges politiques-clés du State Department pour la Syrie, avec des liens proches avec l’Armée Syrienne Libre (ASL) et le Conseil National Syrien (CNS).

Le ministre adjoint des affaires étrangères US pour le Proche Orient, Jeffrey Feltman

Frederic C. Hof, le « coordinateur spécial de l’administration » US pour la Syrie

Robert S. Ford, ambassadeur US sortant en Syrie

Les déclarations publiques du leader de l’Assemblée Nationale Kurde (ANK) Sherkoh Abbas à la suite de la réunion au State Department suggèrent de l’éclatement politique de la République Arabe Syrienne sur des considérations ethniques et religieuses ainsi que la création d’un « Kurdistan indépendant » aient fait partie de la discussion. « Le porte-parole adjoint du State Department Mark Toner a décrit l’objectif [de la réunion] comme faisant partie « d’efforts en cours… pour aider l’opposition syrienne [kurde] à construire une opposition plus cohésive à Assad. » (Ibid.)

Le leader de l’ANK a appelé Washington à soutenir la création d’un état kurde séparé consistant d’une « région autonome en Syrie; se joignant au gouvernement régional du Kurdistan en Irak – qui est frontalier de la région kurde de Syrie; ou peut-être un état kurde encore plus grand. » [le Grand Kurdistan]

Le peuple kurde, dans toutes les parties du Kurdistan, recherche le droit de former un état kurde indépendant. Nous ne pouvons atteindre ce but chéri qu’avec l’aide des démocraties occidentales, en premier lieu les USA »

a dit Sherkoh Abbas. (Syria: An Alternative Choice, Ekurd.net, 22/05/2012)

Il est bon de noter que, à ce sujet, la création d’un « Grand Kurdistan » a été envisagée depuis des années par le Pentagone comme élément d’un plus vaste « plan pour redessiner le Moyen-Orient ». (voir Carte 2 ci-dessous)

Cette option, qui semble peu probable dans un avenir proche, irait contre les intérêts de la Turquie, un allié fidèle à la fois des USA et d’Israël. Un autre scénario, qui est considéré par Ankara consiste en l’annexation à la Turquie d’une partie du Kurdistan syrien. (Voir carte 1 ci-dessus)

Le « grand Kurdistan » comprendrait des parties de l’Iran, de la Syrie, de l’Irak et de la Turquie comme illustré dans la carte du colonel (ret.) Ralph Peters du « Nouveau Moyen-Orient » (voir ci-dessous). (Pour plus de détails lisez l’article de Global Research de Mahdi Nazemroaya de 2006).

Le colonel Peters a enseigné à l’Académie Militaire US.

Vers la balkanisation (division) et la finlandisation (pacification) du Moyen-Orient – Carte 2

La carte présentée ici a été préparée par le lieutenant-colonel Ralph Peters. Elle a été publiée dans l’Armed Forces Journal en juin 2006. Peters est un colonel à la retraite de l’US National War Academy (Droits de la carte, Lieutenant-Colonel Ralph Peters 2006)

Bien que la carte ne reflète pas officiellement la doctrine du Pentagone, elle a été utilisée dans un cursus d’enseignement au Collège de la Défense de l’OTAN pour des officiers militaires de grades supérieurs. Cette carte, ainsi que d’autres cartes similaires, a certainement été utilisée à la National War Academy ainsi que dans des cercles de réflexion militaires.

Par le Professeur Michel Chossudovsky – Global Research, 28 décembre 2012

Source: http://www.globalresearch.ca/hidden-us-israeli-military-agenda-break-syria-into-pieces/31454

traduit depuis le web par willsummer

Source:globalpresse

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