L’Afrique du troisième millénaire (Opinion)

timthumb.phpGaspard-Hubert Lonsi Koko

A l’occasion du cinquantième anniversaire de l’unité africaine, les dirigeants africains ont célèbré ce samedi 25 mai à Addis-Abeba les efforts vers l’unité du continent et formulé l’espoir que l’envol économique de l’Afrique permette enfin de réaliser les rêves nés de la décolonisation et de l’indépendance. « Les pères fondateurs [de l’unité africaine, ndrl] s’étaient donné rendez-vous pour constituer l’Organisation de l’unité africaine (OUA)[1], à l’aube des indépendances il y a cinquante ans, et il est opportun que nous nous retrouvions aujourd’hui au moment où l’Afrique se redresse », a déclaré lors de la cérémonie d’ouverture l’hôte du sommet, le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, en présence de nombreuses personnalités du monde entier : la présidente du Brésil Dilma Rousseff, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon[2].

Les partenariats extérieurs

Dans ce monde où chaque entité politico-économique défend avant tout, et à juste titre, ses propres intérêts, l’Afrique doit commencer par compter sur elle-même. Les partenariats extérieurs ne doivent être que secondaires. On constate aisément sur le plan local, en aucun cas, un village ne s’intéresse véritablement au développement de son voisin. S’il lui arrive d’agir de la sorte, ce n’est pas tant par philanthropie mais parce qu’il est en train de subir les conséquences des problèmes extérieurs. Comment un pays appartenant à un autre continent peut-il alors s’impliquer sans arrière-pensée, dans pareil contexte, dans le développement d’un continent autre que le sien. Pour qu’un tel partenariat ne souffre d’aucune suspicion, un véritable lien doit exister entre les protagonistes. D’où la chance des pays comme la France et l’Angleterre qui ont des enfants venus d’horizons divers, entre autres du continent africain. On peut dire a contrario, du moins par complémentarité, que le moment est venu pour l’Afrique de tirer enfin profit des fruits de ses cerveaux ayant migré, à un moment donné, de gré ou de force, ou alors, pour ceux qui sont nés et ont grandi ailleurs, malgré eux.

Les moyens et les énergies idoines

Face à l’accélération des outils et procédés propres au développement, l’Afrique doit savoir rassembler les moyens et les énergies nécessaires pour son développement économique. Nul n’ignore que le développement économique reste l’élément fondamental en vue de la stabilité politique, de l’investissement dans les secteurs relatifs à la formation, à l’éducation, à la santé, au progrès technologique, etc. Il faut pour cela être en mesure de mettre en place des groupes de pression susceptibles d’influencer à tout moment les instances étatiques, non étatiques et internationales concernées par tout dossier ayant trait à l’avenir de l’Afrique. Il y va de la respectabilité des peuples africains, pour qui le continent africain doit représenter l’alpha et l’oméga.  La vraie question reste celle-ci : Comment agir, entre Africains de l’intérieur et ceux de l’extérieur, pour sortir l’Afrique de son état économique actuel et réussir à exporter de manière efficace son savoir-faire ainsi que ses produits – économiques et culturels – hors du continent ?

L’introspection, clef de la réussite

« Connais-toi toi-même », ne cessait de préconiser Socrate. L’Afrique doit effectivement se connaître pour mieux cerner les véritables intentions des autres continents et être en mesure de les anticiper pour agir ou réagir, le moment venu, à son avantage. L’introspection lui permettra d’évaluer ses propres capacités, de faire le point sur ses faiblesses et ses atouts. Le seul écueil à éviter consistera au fait que le retour aux sources n’enferme pas le continent dans le solipsisme. En effet, il n’est nullement question de préconiser le repli sur soi, mais le pragmatisme dans les rapports de l’Afrique avec ses partenaires étrangers. Il serait absurde, au moment des ouvertures et des échanges interplanétaires de plus en plus croissants, que les pays africains évoluent seulement dans un vase clos à dimension continentale. Ainsi est-il nécessaire de savoir ce que l’on vaut réellement afin de mieux préparer l’ouverture aux autres. Dans le contexte de la mondialisation, l’Afrique doit obligatoirement se doter d’outils appropriés en vue de son épanouissement aussi bien interne qu’externe. Si plusieurs approches sont possibles, leur combinaison de manière consciente ne pourra que produire des merveilles.

Les Africains de la diaspora

De toute évidence, écrivait le jésuite Pierre Teilhard de Chardin, « l’arbre ne s’élève qu’en enfonçant ses racines dans la terre nourricière ». Ainsi un bon nombre d’Africains de la diaspora, souhaitent s’impliquer en Afrique dans quelques domaines du secteur privé. Encore faudrait-il que les autorités africaines soient réellement animées de la volonté de les associer dans le développement économique et social de leurs pays respectifs.

En tout cas, d’aucuns pensent que l’Afrique doit dans un premier temps adopter une politique consistant à faciliter la tâche aux Africains et aux personnes ayant des ascendances africaines à investir massivement dans le continent. Pour cela, au-delà de l’implication endogène, l’apport de la diaspora africaine sera largement plus bénéfique au continent que les multiples aides intéressées des organismes internationaux dont les contraintes n’ont, jusqu’à présent, permis en rien à l’Afrique d’atteindre le niveau de croissance escompté.

Il est donc indispensable que les communautés africaines mettent en place une structure idoine en vue de la stratégie commune en mesure de définir des voies et moyens pour le développement de l’Afrique. L’efficacité de tout projet réside, entre autres, dans sa capacité à rester longtemps secret. Ainsi faudrait-il envisager, de commun accord, des initiatives régulières dans un cadre restreint pour imaginer les différents scénarios et leur mise en application.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

Source:Œil d’Afrique


[1] Les dirigeants africains veulent marquer avec éclat la naissance le 25 mai 1963 de L’OUA est née le 25 mai 1963. Première institution panafricaine et ancêtre de l’actuelle Union africaine (UA), dotée depuis 2002 d’institutions plus ambitieuses, elle a été créée par 32 chefs d’Etat en pleine vague de décolonisation.

[2] Le vice-Premier ministre chinois Wang Yang et le président de la République française, François Hollande, seront également de la partie.


Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)
Liberté, Égalité, Sécurité et Prospérité

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *