« L’Afrique dans vingt ans, c’est la Chine d’aujourd’hui »

Trois questions à Guillaume Chaloin, gérant chez Meeschaert AM

La croissance africaine ne risque-t-elle pas d’être freinée à la fois par la crise et les effets du « printemps arabe » ?

Le continent africain a connu depuis 2000 une très importante mutation économique qui lui a permis d’afficher une croissance moyenne annuelle d’environ 5 % sur la période. Cette croissance semble désormais bien installée et ne devrait pas être remise en question. En 2009,
lorsque le PIB mondial a reculé, l’Afrique a encore progressé de 2,5 %. Les pays dotés de ressources naturelles ont vu l’émergence d’une classe moyenne, qui attend des gouvernements
davantage de transparence et de bonne gouvernance dans la répartition des richesses. La population africaine est très jeune et va monter en puissance : un Africain sur deux a
moins de 15 ans. A l’horizon 2030, les économistes estiment la classe moyenne à 240 millions de personnes. Le marché de ces nouveaux consommateurs représentera alors 1.760 milliards de dollars par an, ce qui est plus que les 300 millions de consommateurs urbains chinois connectés à Internet qui dépensent aujourd’hui 1.400 milliards de dollars par an.
Ainsi, en termes de dépenses de consommation, l’Afrique dans vingt ans, c’est la Chine d’aujourd’hui.
Sur le continent africain quels sont les secteurs d’activité à privilégier ?

Bien que les ressources naturelles constituent le secteur le plus important, mon fonds ne joue pas uniquement sur ce registre. Pour cette thématique matières premières, il existe des fonds dédiés. MAM Actions Afrique, dont l’actif net avoisine 7 millions d’euros, est bien plus diversifié (– 13,89 % entre le 31 décembre 2010 et le 5 décembre 2011). L’objectif est de profiter de l’émergence des classes moyennes et de l’expansion de la consommation, avec notamment le secteur des télécommunications qui, en Afrique, sont associées aux services financiers. Internet est également en train de monter en puissance. Les secteurs de la distribution alimentaire (Shoprite Holdings, le Leader Price local) et de l’alimentation/boisson
(SABMiller, Nigerian Breweries) sont aussi très dynamiques. Dans le pétrole, Afren (African Energy) une société nigériane cotée à Londres, détient de gros blocs en exploration-production dans le golfe de Guinée.

Quelles sont les sociétés internationales les plus dynamiques sur le continent ?

Beaucoup de sociétés internationales dont les marchés étaient saturés ont recherché, en Afrique, des relais de croissance par l’acquisition d’entreprises locales, comme l’américain
Wal-Mart ou le suédois Electrolux. L’opérateur historique France Télécom est également très actif, à côté de Vimpelcom, l’opérateur mobile russe. Dans le pétrole, Total, Tullow ou Eni sont incontournables.CFAO est l’emblème de la société française présente en Afrique subsaharienne. Avec cette valeur, il faut juste se méfier des effets de change (50 % de
ses achats sont en dollars et en yens et 80 % de ses ventes en francs CFA liés à l’euro). Bolloré est un bon acteur pour jouer les infrastructures et les transports et CIS profite de l’expansion du secteur pétrolier.
Propos recueillis par S.A.
Source:investir.fr

http://www.investir.fr/une/l-afrique-dans-vingt-ans-c-est-la-chine-d-aujourd-hui-394604.php

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