La tournée de Madame Hillary Clinton en Afrique : à la recherche d’un paradigme perdu

Entamée à Dakar, la tournée de Madame Hillary Clinton, secrétaire d’Etat des Etats-Unis, l’a conduite dans huit autres pays et non des moindres comme l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria, l’Ouganda, le Soudan du Sud et le Ghana. Son étape du Sénégal avait été notamment marquée par le discours qu’elle avait prononcé à l’UCAD 2.

Un « nouveau partenariat » avec l’Afrique ?

En effet, ce discours était placé sous le thème « Etats-Unis et Sénégal : bâtir des partenariats durables ». Mais par delà le Sénégal, Madame Clinton a évoqué la nécessité d’établir un « partenariat » avec l’Afrique, récusant au passage le terme « parrainage » Beaucoup d’observateurs n’ont certainement pas manqué de poser la question de savoir ce que recouvre réellement ce « partenariat ». L’on se souvient que depuis 2001 l’Afrique a proposé un « nouveau partenariat pour le développement » (NEPAD) aux pays occidentaux, Etats-Unis en tête. Alors, comment se fait-il que Mme Clinton évoque un autre « partenariat » avec l’Afrique ?

Et qui peut croire que les Etats-Unis désirent établir un « partenariat » avec l’Afrique ? Même avec les pays européens, il n’existe qu’un « partenariat » de façade, jalonné souvent de décisions unilatérales. Quant aux pays du Sud en général et à l’Afrique en particulier, les Etats-Unis ont toujours cherché à les dominer dans leur stratégie d’hégémonie mondiale. Ils ont toujours intimé l’ordre aux pays africains de rester dans les rangs et de se soumettre à leurs politiques. Par exemple, l’admission à l’AGOA ou au MCA est assujettie soit au soutien à la politique étrangère des Etats-Unis soit à la non opposition à cette politique.

Ainsi donc, au-delà de la rhétorique, la réalité est que les Etats-Unis chercheront toujours à dicter aux Africains leur volonté dans la poursuite de leurs intérêts économiques, politiques et stratégiques et de leur ambition insensée de dominer le monde.

On l’a vu avec la crise libyenne au cours de laquelle les Etats-Unis et leurs deux alliés subalternes, la France et le Royaume-Uni, traitèrent par le mépris les positions de l’Union africaine, malgré tous efforts déployés par cette dernière. Les pays occidentaux allèrent jusqu’à humilier les dirigeants africains, dont le président sud-africain, en intensifiant les bombardements sauvages de l’OTAN sur la capitale libyenne pour empêcher la délégation mandatée par l’Union africaine de s’y rendre pour rencontrer le Président Kadhafi.

Ainsi donc, la prétention à l’hégémonie mondiale et la prétendue « supériorité » de leurs valeurs constituent-elles les ressorts essentiels de la politique étrangère des Etats-Unis. C’est pourquoi il serait naïf de croire que Madame Clinton serait venue pour établir « un partenariat durable avec le Sénégal » ou « rendre hommage à la démocratie sénégalaise ». Certes, l’élection présidentielle sénégalaise a eu un tel retentissement que nul ne peut ignorer son exemplarité et la magistrale leçon de démocratie administrée par le peuple sénégalais au reste du monde. Donc, Madame Clinton ne pouvait passer cela sous silence, surtout quand on vient d’un pays qui prétend donner des leçons de démocratie aux autres !

En vérité, le discours sur « le partenariat » et l’éloge de la démocratie sénégalaise servent à détourner l’attention sur les véritables raisons de sa visite au Sénégal. Madame Clinton a montré que parmi les sujets qui lui tenaient à cœur en venant au Sénégal, il y avait le cas Hissène Habré. En effet, elle n’a pas fait mystère du fait qu’elle était venue pour augmenter la pression sur le Président Macky Sall à propos de l’affaire Habré. C’est pourquoi elle a explicitement évoqué le cas Habré lors de son discours à l’UCAD 2 et lors de son audience avec le Président Macky Sall, au cours de laquelle la ministre de la Justice, Madame Aminata Touré, était présente.

Africom

Les questions géostratégiques au centre des discussions

Mais au fond, la tournée de Madame Clinton au Sénégal et dans les autres pays africains, était destinée à parler de questions géostratégiques qui préoccupent son pays. Faudrait-il rappeler à ceux qui seraient tentés de l’oublier qu’elle avait été précédée de quelques jours à Dakar par le Général Carter Ham, Commandant en Chef d’AFRICOM ? Il va de soi que Madame Clinton a abordé les mêmes sujets que ce dernier avait soulevés avec le Président Macky Sall.

Avec AFRICOM, les Etats-Unis cherchent à militariser l’Afrique, sous prétexte de « lutte contre le terrorisme ». Et ce qui se passe au Mali et la situation générale de la sous-région font admirablement leur jeu. En effet, face à des présidents impuissants, voire aux abois après la coupure du Mali en deux, le contexte est devenu plus favorable pour les Etats-Unis d’avancer leurs pions et de dérouler leur stratégie. Les évènements du Mali leur offrent donc la possibilité de renforcer leur présence militaire dans la sous-région en essayant d’obtenir des points d’appui militaires dans quelques pays, comme le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, voire la Côte d’Ivoire.

Des informations divulguées par les médias occidentaux indiquent que le Burkina est devenu un des repères des services de renseignements des Etats-Unis, la CIA. Cette information et les visites de Madame Clinton et du Général Carter Ham montrent bien que l’Afrique de l’Ouest est en train de prendre une importance croissante dans la stratégie de militarisation du continent.

Et bien sûr, l’une des cibles majeures de cette militarisation est la Chine dont l’influence grandissante dans la sous-région et partout ailleurs en Afrique commence à devenir une obsession pour les Etats-Unis et les pays occidentaux en général. Des analystes soutiennent que la plupart des décisions des Etats-Unis sur le plan militaire et diplomatique visent à contrer la montée de la Chine, perçue comme l’ennemie principale qu’il faut essayer de « contenir » par tous les moyens. C’est dans cette perspective d’ailleurs que se situent le projet AFRICOM et la tournée actuelle de Madame Clinton, qui l’a conduite dans neuf pays. Elle avait effectué une autre grande tournée africaine en juin 2011 au cours de laquelle elle avait prononcé un discours au siège de l’Union africaine dans lequel elle exhortait les pays africains à se « méfier de certaines puissances », dans une claire allusion à la Chine.

Lutter contre le « terrorisme » ou contrôler les ressources africaines ?

Il n’y a pas de doute que l’influence grandissante de la Chine en Afrique va gêner les plans de Washington dans sa quête d’hégémonie mondiale. Mais les inquiétudes des Etats-Unis sont décuplées par leur convoitise grandissante des ressources de l’Afrique, surtout en ces temps de crise économique exacerbée. Et dans ce contexte, l’une des principales missions d’AFRICOM est de servir de bras armé aux multinationales nord-américaines pour sécuriser leurs investissements et leur accès aux ressources du continent africain, notamment le pétrole.

Assurer leur contrôle sur les ressources pétrolières de la planète constitue une pièce essentielle dans la stratégie de domination mondiale des Etats-Unis. L’on se souvient que lors de l’invasion de l’Iraq en 2003, la tâche primordiale des soldats nord-américains était de sécuriser les puits de pétrole et le Ministère du Pétrole. Tandis que les autres ministères, notamment celui de la Culture, étaient systématiquement pillés, celui du Pétrole était étroitement gardé par des chars de l’armée des Etats-Unis !

C’est pourquoi, le monde entier s’était rendu à l’évidence que la guerre contre l’Iraq était une guerre pour le pétrole, ce qu’Alan Greenspan, ancien Président de la Réserve Fédérale, avait lui-même reconnu dans un livre paru après la fin de son mandat.

Mais les plans des stratèges yankees se sont heurtés à la farouche détermination du peuple irakien à préserver sa souveraineté sur ses ressources naturelles. Et les approvisionnements venant du Moyen Orient ne sont plus aussi sûrs, à cause de la montée croissante du sentiment anti-nord-américain et de la fragilité des régimes moyenâgeux de l’Arabie Saoudite et des pays du Golfe, principaux alliés des Etats-Unis.

Pour compenser la baisse des approvisionnements en provenance du Moyen Orient, les Etats-Unis se tournent de plus en plus vers l’Afrique. D’ores et déjà, des compagnies pétrolières US, comme Chevron et Exxon Mobil, ont investi d’énormes sommes dans l’exploitation du pétrole dans les pays du Golfe de Guinée (Angola, Nigeria, Guinée équatoriale, Gabon, Congo, entre autres). Des instituts spécialisés ont estimé que d’ici 2020, plus de 25% des approvisionnements en pétrole des Etats-Unis proviendront de cette région.

Voilà l’une des raisons majeures de leur intérêt croissant pour l’Afrique ! Ce n’est nullement la « lutte contre le terrorisme » qui les anime dans leur volonté de militariser le continent africain. L’accent mis sur la « menace terroriste » sert à masquer les véritables desseins des Etats-Unis, à savoir la mainmise sur les ressources naturelles du continent.

Brics

Mais le renforcement des liens économiques de la Chine et des autres pays du groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) avec le continent africain, y compris dans le secteur énergétique, est devenu un obstacle majeur à la stratégie des Etats-Unis. Depuis trois ans, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique. Selon le rapport 2010 de la CNUCED sur les pays les moins avancés (PMA), les BRICS, notamment la Chine, sont devenus le principal marché d’exportation des PMA et leur principale source d’aide publique au développement.

Lors de son passage à Dakar, Madame Clinton a encore essayé de mettre en garde le Sénégal et les pays africains contre la Chine – sans la nommer toutefois. Apparemment, jusqu’à présent, toutes les mises en garde des Etats-Unis et des autres pays occidentaux ne semblent pas avoir eu l’effet escompté. En effet, le Forum de Coopération Chine/Afrique (FOCCA) tenu les 19 et 20 juillet dernier à Beijing a dû accroître les inquiétudes des Etats-Unis qui assistent impuissants à l’érosion de leur influence sur le continent africain et aux multiples défis à leur hégémonie à travers le monde.

Une hégémonie en déclin

Si la supériorité militaire des Etats-Unis est pour le moment incontestable, cependant celle-ci a montré ses limites, comme l’illustrent l’échec en Irak et la défaite annoncée de l’OTAN en Afghanistan. Et la profonde crise économique, politique et morale qui les ronge, d’une part, et la résistance multiforme des peuples et pays du Sud, d’autre part, sont en train de saper cette supériorité militaire et accentuer le déclin irréversible de leur hégémonie.

1) Une crise économique structurelle

En dépit des centaines de milliards de dollars injectés depuis 2008 par la Réserve fédérale (FED), la Banque centrale des Etats-Unis, la reprise n’a pas été au rendez-vous. Le chiffre officiel du taux de chômage se situe au-dessus de 8%. Un chiffre qui est en-deçà de la réalité parce que plusieurs catégories de chômeurs ne sont pas prises en compte dans les statistiques. La FED a tout essayé, avec des centaines de milliards de dollars injectés dans l’économie depuis septembre 2008. Son taux directeur oscille entre 0 et 0,25% et sera maintenu à ce niveau jusqu’à la fin de 2012. Toutes ces mesures n’ont jusqu’à présent pas eu les résultats escomptés.

Il y a deux explications à la crise structurelle de l’économie des Etats-Unis. La première explication de la crise de l’économie des Etats-Unis réside dans ce que Samir Amin appelle le second « éveil du Sud ». C’est-à-dire la résurgence de plusieurs pays du Sud, et non des moindres, qui cherchent à recouvrer leur souveraineté sur leurs ressources, privant ainsi les économies occidentales d’un accès facile aux produits de base à bon marché. Et cela rend l’accumulation du capital au Nord beaucoup plus coûteuse, comme l’illustrent les faibles taux de rendement des investissements dans ces pays.

D’où la montée en puissance de la sphère financière à travers les produits dérivés et autres inventions afin de palier la chute des taux de profit dans l’économie réelle. C’est cela la seconde explication de la crise. La finance a pris le dessus sur l’économie réelle, rendant celle-ci de moins en moins compétitive dans les échanges de biens et de services, entraînant ainsi des déficits commerciaux de plus en plus élevés. Le seul secteur dans lequel, les Etats-Unis restent encore très « compétitifs » est celui de l’industrie de l’armement dans lequel leurs exportations dépassent de loin celles de leurs concurrents ! Voilà pourquoi ils continuent d’allumer et d’entretenir des guerres locales et des foyers de tensions à travers le monde.

2) Une crise de civilisation

La profonde crise économique qui étrangle les pays occidentaux s’est muée en « crise de civilisation », celle engendrée par le capitalisme. Dans nombre de ces pays, la « démocratie » a été vidée de son contenu et remplacée par la « démocratie » imposée par les marchés financiers. Les « Indignés » d’Europe ont mis à nu les politiques de casse sociale qui sont en train de détruire des pans entiers de leurs pays et de boucher l’avenir de millions de jeunes. Aux Etats-Unis, le mouvement « Occupy Wall Street » a exposé la vraie nature du système au service d’une poignée de super riches, souvent des criminels et escrocs de la trempe de Bernard Madoff, contre les intérêts de l’écrasante majorité de la population.

C’est tout cela qui explique la profonde crise de légitimité du capitalisme et la remise en cause des valeurs qu’il a engendrées et fortifiées au cours de plus de cinq siècles d’existence parsemés de génocides, d’innombrables crimes contre l’Humanité et de pillage systématique des richesses de la planète. Ce système ne représente aujourd’hui que les intérêts d’une infime minorité de la population de la planète. Et c’est un tel système que cherchent à défendre par tous les moyens les Etats-Unis et leurs alliés par la militarisation de la planète et le recours à la terreur par l’OTAN, la CIA et les autres services de renseignements occidentaux.

3) Les défis des pays du Sud

Le déclin de l’hégémonie des Etats-Unis se traduit aussi par l’incapacité grandissante de l’impérialisme occidental à dicter sa loi au reste du monde. En effet, la montée des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) est en train de dessiner un nouvel ordre mondial. La formation du G20 qui a, dans les faits, supplanté le G7, les blocages au Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’impasse dans laquelle se trouve le Cycle de négociations de Doha à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), tout cela traduit l’impuissance des pays occidentaux à imposer leur diktat sur les affaires mondiales.

Cette impuissance des pays occidentaux engendre de profondes frustrations et des accusations récurrentes contre certains pays, notamment la Chine perçue comme le principal obstacle à l’hégémonie occidentale. Par exemple, il y a la fameuse « guerre des monnaies » accusant la Chine de sous-évaluer sa monnaie dans le but d’obtenir des avantages sur ses partenaires commerciaux, en particulier les Etats-Unis.

Mais ces accusations cachent une inquiétude grandissante des pays occidentaux, à savoir la contestation de l’hégémonie du dollar et la naissance progressive d’un nouveau système de paiements internationaux dont le dollar ne serait plus la clé de voûte. La Chine a déjà appelé à la création d’un nouveau système monétaire international qui refléterait mieux la réalité économique d’aujourd’hui. Les Etats-Unis et l’Europe continuent de résister à ces appels. Mais la Chine et d’autres pays sont en train de torpiller le système monétaire actuel. En effet, la Chine a signé plusieurs accords avec des pays asiatiques, y compris le Japon et la Corée du Sud, avec le Brésil, la Russie et l’Iran, entre autres, pour payer leurs échanges en utilisant leurs propres monnaies sans passer par le dollar.

Ce système permet à l’Iran de limiter l’impact des sanctions prises à son encontre par les pays occidentaux. Ajoutons que lors de leur dernier Sommet tenu en Inde, les BRICS ont décidé de créer une banque de développement. Une telle banque viendrait renforcer le mouvement entamé par la Banque du Sud en cours de création par les pays d’Amérique latine sous l’impulsion du Venezuela.

Toutes ces initiatives visent à remettre en cause l’hégémonie des institutions financières internationales et des pays du Nord dans le financement du développement des pays du Sud. Cette remise en cause de l’hégémonie économique et financière des Etats-Unis s’accompagne d’une remise en cause plus profonde de leur hégémonie sur le plan politique.

Communauté des états d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC)

4) Humiliation dans l’ancienne « arrière-cour »

Sans doute, l’un des symboles le plus significatif du déclin de l’hégémonie des Etats-Unis a été la création en décembre 2011 de la Communauté des états d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) qui regroupe tous les pays du continent américain à l’exception des Etats-Unis et du Canada ! L’humiliation était d’autant plus grande que la CELAC a vu le jour au Venezuela, chez Hugo Chavez, l’adversaire le plus déterminé des Etats-Unis dans la région, et en présence des Chefs d’Etat et de gouvernement de tous les pays membres ! C’était une victoire historique pour toutes les forces de gauche d’Amérique latine et des Caraïbes.

Désormais, ce n’est plus Cuba qui est isolée dans la région mais les Etats-Unis ! C’est un de ces retournements dont l’histoire a le secret et qui a sans doute fait se retourner dans leurs tombes tous les Présidents des Etats-Unis qui avaient essayé depuis plus de 50 ans d’étouffer l’île caraïbe par le recours à un embargo illégal et inhumain, aux agressions militaires et à l’utilisation de groupes terroristes financés par la CIA.

La création de la CELAC vient renforcer et accentuer le défi que représente l’Alternative bolivarienne des Amériques (ALBA) qui avait fait échouer le projet de « libre-échange des Amériques » de l’administration Bush, une vaste escroquerie visant à mettre les économies du continent sous la coupe des multinationales nord-américaines.

La stratégie du chaos

Confrontés à l’effondrement inexorable de leur rêve d’hégémonie mondiale et en proie à une profonde crise économique, sociale, politique et morale, les Etats-Unis semblent avoir opté pour la stratégie du chaos dans l’illusion d’arrêter, ou du moins ralentir, la marche inexorable de l’Histoire. Le Mali est justement l’une des victimes « collatérales » de cette stratégie du chaos mise en œuvre par l’impérialisme occidental contre la Libye qui a abouti à l’assassinat de Kadhafi. Mais les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni et leurs médias essaient de passer cela sous silence.

L’agression impérialiste contre la Libye, le soutien des Etats-Unis et des autres pays occidentaux aux groupes armés en Syrie, les sanctions et menaces contre l’Iran et la guerre interminable en République démocratique du Congo, font partie de cette « stratégie du chaos » que ces pays utilisent pour essayer de se sortir des crises multiples dans lesquelles ils sont empêtrés. En effet, en provoquant des guerres dans certains pays, les Etats-Unis et leurs alliés, aidés par leurs médias à répandre le mensonge, espèrent détourner l’attention de leur opinion des problèmes internes causés par la crise. Mais surtout, en semant le chaos dans les pays riches en ressources naturelles, ils espèrent créer une situation favorable à leurs entreprises quand viendra l’heure de la « reconstruction ».

On se souvient qu’en Libye, alors que l’agression de l’OTAN battait encore son plein, les émissaires des compagnies pétrolières occidentales étaient à Benghazi pour signer des contrats lucratifs d’exploitation du pétrole ! C’est ce que Naomi Klein appelle le « capitalisme de catastrophe (1).

Mais la stratégie du chaos comporte beaucoup de risques. Pour atteindre leurs buts en Libye hier, comme aujourd’hui en Syrie et peut-être demain en Iran, les Etats-Unis et les autres pays occidentaux sont prêts à s’allier avec « le diable », à savoir des groupes terroristes liés à Al-Qaïda. Qui oublie que ce dernier est justement né après le soutien des Etats-Unis aux groupes islamistes contre l’armée soviétique en Afghanistan ?

Conclusion

En conclusion, la tournée de Madame Clinton en Afrique fait partie des efforts que déploient les Etats-Unis pour contrer le déclin de leur influence sur les affaires du monde du fait des effets conjugués de la résistance des peuples, de la profonde crise qui les étrangle et surtout des défis que représentent des pays-clés du Sud, notamment les BRICS. Et dans cette perspective, l’Afrique est perçue comme une « bouée de sauvetage » à cause de ses abondantes richesses naturelles, de la faiblesse de son leadership et de son manque de vision stratégique face aux profonds bouleversements en cours dans le monde.

Source: michelcollon.info

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