LA GUINEE EQUATORIALE AUX URNES POUR DES ELECTIONS GENERALES CE 26 MAI 2013

Luc MICHEL pour EODE Press Office

EODE - LM elections news GUINEE EC 2 (2013 05 26) FR 1Elections législatives, sénatoriales et municipales ce dimanche 26 mai 2013.
Une étape décisive dans le processus de démocratisation et de reconstruction de l’Etat en Guinée Equatoriale.

Quelque 300.000 électeurs sont appelés aux urnes, sur une population estimée à un million d’habitants par les autorités.
Ancienne colonie espagnole, la Guinée équatoriale est devenue ces dernières années le troisième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne. Malabo est la capitale, située sur l’île de Bioko, Bata est la capitale économique, située sur la partie continentale du pays.

LA SUITE DU REFERENDUM DE NOVEMBRE 2011

Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema avait organisé en Novembre 2011 un référendum sur une réforme constitutionnelle, qui prévoyait notamment la limitation du nombre de mandats du chef de l’Etat.

La réforme constitutionnelle prévoyait aussi la création de cinq organismes: Sénat, Cour des Comptes, Conseil d’Etat, Conseil pour le développement économique et social et Défenseur du peuple.

Le texte limite à deux le nombre de mandats de sept ans auxquels peut postuler le président de ce petit Etat pétrolier d’Afrique centrale.

La réforme prévoyait aussi la création d’un poste de vice-président.

« C’est une avancée démocratique. Nous passons à un régime présidentialiste comme aux Etats-Unis. Le président Obiang fait des réformes pour que le pays soit mieux gouverné au niveau démocratique et économique », estimait alors Jeronimo Osa Osa Ecoro, porte-parole du gouvernement et ministre de l’Information.

Président en exercice de l’Union africaine, le président Obiang, qui dirige ce petit pays de 700.000 habitants, tente depuis quelques années de modifier l’image de son pays, souvent dans la ligne de mire des ONG occidentales.

La découverte de pétrole à la fin des années 1990 a permis au président Obiang d’utiliser ses pétro-dollars pour lancer de grands travaux d’infrastuctures mais aussi des offensives diplomatiques. Le pays a notamment organisé, avec le Gabon, la Coupe d’Afrique des nations en 2012 et a accueilli en 2011 le 17e sommet de l’Union africaine.

« Il y a toujours des divergences. C’est le propre de l’opposition », répondait alors le ministre Osa Osa Ecoro, évoquant les critiques de l’opposition. « Quand le référendum sera voté, les textes appliqués, ils verront qu’ils auront eu tort et n’auront plus rien à dire »…

LES ELECTIONS DE 2013 ET LE DEVELOPPEMENT DE LA VIE POLITIQUE

EODE - LM elections news GUINEE EC 2 (2013 05 26) FR 3Conformément aux prévisions de la Loi électorale et en respectant la date choisie d’un commun accord par les partis politiques légalement établis, la campagne électorale a commencé le 10 mai dernier dans tout le pays, en vue des élections générales de ce 26 mai, pour l’élection des représentants de la Chambre des députés, du nouveau Sénat et des localités de toute la Guinée équatoriale.

Tous les partis politiques participent à ces élections, qui permettront de réaffirmer et de rendre plus solide la trajectoire démocratique récente de la Guinée équatoriale, car il faut tenir compte que l’histoire de la démocratie équato-guinéenne est jeune et a précisément commencé suite à l’initiative du chef d’État S. E. Obiang Nguema Mbasogo, d’abord par la création d’un parti qui a permis de développer la culture de participation politique et qui a construit l’établissement postérieur de l’actuel multipartisme. L’instauration du multipartisme date de 1991.

Nombreux sont les partis politiques qui se présentent à ces élections :

* D’une part, une coalition résultant de la signature d’un grand accord, le 30 mars dernier, entre plusieurs partis politiques, dans le but de s’y présenter tous ensemble, et qui regroupe la plupart des partis légalisés dans le pays, à savoir : le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE, le parti du Président), la Convention libérale démocratique (CLD), le Parti socialiste de Guinée équatoriale (PSGE), l’Alliance démocratique progressiste (ADP), le Parti coalition social-démocrate (PCSD), l’Union démocratique sociale (UDS), l’Union populaire (UP), le parti libéral (PL), le Parti social démocrate (PSD), l’Union démocratique nationale (UDENA) et la Convergence sociale démocratique et populaire (CSDP).

* D’autre part, la Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), dirigée par le secrétaire général Plácido Micó, ainsi que le parti Action populaire (AP), dont Carmelo Mba Bakale est à la tête, présentent leurs candidatures séparément.

La campagne électorale a commencé le 10 mai dernier avec l’organisation d’activités par les différents partis candidats qui se disputeront les votes lors des élections, bénéficiant du soutien des fonds de l’État, libérés conformément à la Loi.

En conséquence, et pour le financement de leurs campagnes, les différents partis politiques ont reçu ces fonds de la part du ministère de l’Intérieur et des Collectivités, afin qu’ils puissent couvrir les frais de publicité, de déplacements, etc., dont voici les sommes :

* 450 millions de francs CFA pour la coalition électorale composée par le PDGE, la CLD, le PSGE, l’ADP, le PCSD, l’UDS, l’UP, le PL, le PSD, l’UDENA et la CSDP ;

* 350 millions de francs CFA pour la Convergence pour la démocratie sociale (CPDS)

* et 300 millions pour Action populaire (AP).

Toutes ces sommes sont établies selon le nombre de représentants qui aspirent aux votes et qui représentent chacun des partis.

Comme on peut le voir sur l’image publiée ci-joint, le matériel électoral de certains partis politiques a déjà été édité et dans les rues de certaines villes comme Malabo la publicité des différents partis est désormais affichée.

LE PRESIDENT OBIANG SOULIGNE LA MATURITE DES ELECTEURS

EODE - LM elections news GUINEE EC 2 (2013 05 26) FR 2Le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE) a convoqué à Malabo et à Bata des milliers d’adeptes. Dans la capitale, le président en personne les a encouragés, lors d’un meeting de fin de cmpagne, à répéter le triomphe écrasant de son parti.

Convergence pour la démocratie sociale (CPDS) a également organisé un meeting de clôture de la campagne.

Lors du meeting de fin de campagne du PDGE, le président Obiang a fait allusion à « la maturité du peuple de Guinée équatoriale pour exprimer son opinion, démontrée lors de la campagne », et a également souligné « la solidarité des partis de sa coalition » :

« Nous sommes les auteurs de la démocratie pluraliste en Guinée équatoriale », a déclaré le chef d’État, qui a également rappelé que « le pays vit son meilleur moment ». « la Guinée équatoriale peut être considérée comme un pays prospère qui profite des bénéfices de ses ressources naturelles ».

La campagne électorale a donc suivi son cours et les différents partis ont réaliser, depuis le 10 mai, leurs activités de promotion en toute liberté et sans interruptions extérieures, aussi bien dans les espaces publics que dans les médias publics et privés, nationaux et internationaux.

La légalité et l’égalité ont régné dans la réalisation de cette campagne électorale, dont la préparation a été complètement approuvée, à tous les points de vue, par tous les partis qui s’y présentent, en toute égalité des chances et de manière entièrement transparente.

UNE CAMPAGNE INTERNATIONALE DE DESTABILISATION CONTRE LA GUINEE EQUATORIALE

Mais ceci n’a pas empêché une campagne de déstabilisation menée notamment par certains médias internationaux et ONG occidentales et relayées par des politiciens locaux. La méthode n’est pas nouvelle, en Guinée Equatoriale comme ailleurs, spécialement en Afrique.

Agustín Nze Nfumu, Ministre de l’Information, de la Presse et de la Radio et Porte-parole du gouvernement de Guinée équatoriale, mettait en garde début mai contre ces tentatives de déstabilisation :

« les affirmations réalisées par différentes institutions internationales et les déclarations hors de propos de certains hommes politiques qui participent à cette campagne sont tout simplement fausses et mauvaises, dont le seul objectif est de déstabiliser les institutions de notre pays et d’affaiblir l’équilibre de la paix et la stabilité que vit la Guinée équatoriale et qui est tellement difficile de trouver sur tout le continent africain.

Pour cette raison, le gouvernement de Guinée équatoriale demande à ces institutions et à ces médias internationaux, qui ne connaissent même pas notre pays pour pouvoir le juger, ainsi qu’à certains hommes politiques équato-guinéens sans scrupules ni sens de l’honnêteté politique, de cesser leurs tentatives de dénaturer la vraie situation que nous avons ici et la conduite d’un processus électoral objectif, pacifique et neutre, en réalisant de fausses affirmations concernant le manque de légalité de cette campagne.

En ce qui concerne le comportement de certains partis politiques qui se sont présentés de leur côté à ces élections, d’après le ton déjà connu par tous, ont osé, sans-gêne, avancer des qualifications concernant la nature des prochaines élections, en essayant de les disqualifier et de les ternir d’affirmations qui n’ont rien à voir avec ce processus, dans la tentative désespérée de maquiller leur faible acceptation et impact sur les électeurs et de dévier l’attention de ses rares militants vers l’utilisation de fonds qui ont été remis pour organiser normalement leurs campagnes ».

Le Ministre lançait aussi un appel :

« Nous voulons également lancer un appel afin que, dans ce nouveau processus de campagne électorale, les institutions et les médias occidentaux respectent la souveraineté de notre peuple, sans interrompre ni faire pression de type néocolonialiste ni essayer de faire de l’intox sur nos habitants ».

# EODE / International Elections Monitoring /

Luc MICHEL

Pour EODE Press Office

Avec le Bureau d’information et de presse de Guinée équatoriale / 2013 05 16 /

http://www.facebook.com/EODE.monitoring

http://www.eode.org/category/eode-international-elections-monitoring/international-elections-survey/

Photo : meetings de fin de campagne du PDGE et de la CPDS.

Le président s’adressant au public, lors de la clôture de la campagne de Malabo.

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* Sur les élections générales de ce 26 mai 2013, lire aussi :

Luc MICHEL, EODE / International Elections Monitoring / GUINEE EQUATORIALE : ELECTIONS LEGISLATIVES , SENATORIALES ET MUNICIPALES LE 26 MAI 2013

Sur http://www.eode.org/eode-international-elections-monitoring-guinee-equatoriale-elections-legislatives-senatoriales-et-municipales-le-26-mai-2013/

* Sur la Guinée Equatoriale, lire :

Luc MICHEL, EODE THINK TANK, ANALYSE GEOPOLITIQUE / PANAFRICANISME : UNE ALTERNATIVE EN GUINEE EQUATORIALE

Sur http://www.eode.org/eode-think-tank-analyse-geopolitique-panafricanisme-une-alternative-en-guinee-equatoriale/

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