La guerre contre l’Iran deviendrait de moins en moins probable

Les actes de sabotage réussis contre les sites nucléaires iraniens ont rendu moins probable une éventuelle attaque israélienne. Ce fait est confirmé par les propos du conseiller du ministre de la défense israélien Amos Guilad qui a affirmé qu’il n’y aurait pas d’intervention militaire dans les semaines à venir. Il s’agit de la première déclaration de ce genre depuis quelques mois bien qu’elle concerne une  période limitée.

L’Iran a attendu plus d’un mois avant de faire état des explosions qui se sont produites sur les lignes à haute tension alimentant les usines d’enrichissement d’uranium à Fordu et Natanz. Les centrifugeuses d’enrichissement d’uranium supportent mal les coupures d’électricité, mais le chef de l’Agence nucléaire iranienne Fereidun Abbasi-Diwani a assuré qu’elles fonctionnaient bien parce que les entreprises étaient pourvues de sources d’énergie de réserve. Pourtant, selon les médias israéliens, elles ont été passablement endommagées et l’usine de Fordu a cessé son activité pendant plusieurs jours en attendant la mise en place d’une ligne électrique de dérivation. Cet incident a mis en lumière le caractère particulièrement vulnérable du programme nucléaire iranien vis-à-vis des pannes techniques, estime le président de l’Institut du Proche-Orient Evgueni Satanovski.

Si les logiciels susceptibles de contaminer les sites nucléaires iraniens ou d’autres moyens d’action techniques permettent d’arrêter le programme nucléaire iranien sans recourir à la guerre, on aura forcément recours.

Le président Barack Obama ne veut pas de guerre, ce qu’il a démontré à plus d’une reprise. Le chef de la Maison Blanche avait même refusé de fixer la nouvelle ligne rouge sur laquelle insistait Israël s’agissant du programme nucléaire iranien. Ces lignes ont été franchies par l’Iran 7 fois en 18 ans. Face à cette situation, les alliés disposent d’une ressource. Ce sont les opérations secrètes dont ils n’aiment pas parler en public.

Les sabotages sur les sites nucléaires en font partie. Les méthodes d’espionnage ne cessent de se perfectionner. C’est ainsi qu’on a découvert au voisinage de Fordu un matériel de surveillance de l’usine qui avait l’aspect d’un banal bloc de pierre et a explosé lorsqu’on a entrepris de le déplacer. Les agents étrangers ont tellement infiltré le programme nucléaire iranien que les autorités se montrent sérieusement préoccupées. Le général de brigade Amir Ali Hadjizadeh a même évoqué la possibilité de porter un coup préventif contre Israël et sa déclaration ne s’adresse pas qu’aux Iraniens.

Après l’intervention agressive du général, le député du parlement iranien Djavad Djahanigirzadheh a admis la possibilité du retrait iranien de l’AIEA. Les autorités affirment que cette organisation fournit des renseignements qui permettent d’échafauder des actes de sabotage sur les sites nucléaires iraniens. Ces déclarations relèvent de sondages, estime Evgueni Satanovski.

Dans ce contexte, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a fait un geste apaisant assez exceptionnel en déclarant à la veille de la rencontre des six médiateurs internationaux (les cinq membres permanents du CS plus l’Allemagne) que son pays souhaitait conclure un accord sur l’établissement de la limite supérieure des réserves d’uranium enrichi. Mais il a précisé qu’il ne comptait sur aucun progrès autour du « dossier » iranien avant la présidentielle de novembre aux États-Unis.

Par Boris PAvlichtchev

Source: french.ruvr.ru

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