LA FIN DU MONDE (Analyse)

Par Yves Makodia Mantséka

La fin du monde longtemps annoncé n’a pas eu lieu. Un échec prophétique, disent les théoriciens du chaos planétaire, et une victoire pour les irréductibles passionnés du monde spiritualiste. Entre ces deux courants le monde dans sa globalité vacille et ne sait guère sur quel pied danser pour croire à la vérité disputée par ces antagonismes.

En effet, les apôtres de la fin du monde croyaient fermement que les astroïdes géants heurteraient la terre. Les illuminés voyaient plutôt à l’irruption d’un monde nouveau et le changement d’ère. Sous le fond de cette lutte qui dure depuis la chute de l’empire romain avec à la tête près de 182 fins du monde, l’humanité déclarée morte subsiste. Malgré tout à cet assaut réitéré de la destruction annoncée.

Ainsi, l’an 2012 sauvé est rentré dans les annales historiques de nombreux échecs que connaît cette néfaste prédiction. L’heure de l’inquiétude mondiale est passée et avec elle les terriens persuadés des élucubrations apocalyptiques croient plus que jamais au début d’une ère de paix. Et non à la fin du monde.

Une annonce de tous les temps

Depuis les temps immémoriaux, la fin du monde a toujours suscité le débat entre les hommes vivant sur la planète. Nos anciens ont connu ces vagues de prédictions de la fin de la vie mondiale. Les écritures abondent des manifestes témoignages et laissent entendre que ce monde actuel n’est pas le premier. Un autre monde existait jadis et a été englouti par un déluge. Cette peur de disparition de la planète terre hante les peuples et les croyances, les mythes renouvellent sans cesse cette énigme qui bouleverse le monde. Chacun dans son micro monde pense à la mort et à la fin de sa vie terrestre. Un cauchemar pour le monde dans ce grand tourbillon médiatique qui alimente, amplifie la prophétie du cataclysme et de l’effondrement de la planète terre par les collisions des astres gigantesques.

De nos jours, l’apocalypse est détournée de son sens originel et de sa véritable essence initiatique. Elle est maquillée de nébuleuses connotations et travestie par de malséantes affabulations. Ainsi, l’apocalypse annoncée est mort dans l’insuccès de la prédiction des hommes apeurés et visiblement obnubilés par la somnolence spirituelle et l’avènement d’une ère nouvelle. Cette révélation qu’annonce et dessine la fin d’un monde et non du monde comme l’illustre fort justement les arcanes sacrés du calendrier maya. Véhiculée par les nébuleux pessimistes du temps présent, la destruction planétaire n’a pas eu lieu. C’est l’ère du changement d’époque sombre que cette date fatidique du 21 décembre 2012 voulait montrer à la face du monde pour donner à l’humanité les nouvelles armes pour se construire individuellement et non de se battre collectivement pour conquérir les ilots égoïstes et partisans. C’est la floraison d’une nouvelle âme et d’une conscience humaine meilleure. Cette paix universelle que cette prophétie millénaire véhicule pour inculquer au monde la vision constructive et fraternelle. Dans cette terre assiégée par des crises multiples et abimée par des intestines guerres des hommes. C’est cette fin du siècle que cette funeste prédiction cachait. Celle de la fin des temps comme le prévoyait le calendrier maya à l’orée de l’hiver. Civilisation très avancée, le peuple maya féru d’astrologie considérait cette date de solstice de l’été comme une donnée inéluctable pour s’ouvrir à une nouvelle ère de compréhension et d’entente entre les peuples de la terre. Cette unité indivisible des esprits du peuple du monde dans la fusion avec l’âme universelle.

La mort individuelle

Le philosophe Berkeley disait : « il suffit à l’homme de fermer les yeux pour que le monde disparaisse ». Ainsi, chacun meurt et disparait pour toujours dans cette vie. C’est cette fin individuelle et non collective qui illustre cette vision prophétique et initiatique des peuples mayas. La fin du monde n’existe pas et n’existera jamais. Seul subsiste et perdure depuis la nuit des temps la disparition d’une âme qui rejoint son au-delà personnelle. Son propre monde forgé dans cette vie où son esprit à ensemencer les grains de ses pensées formulées et exprimées. Une vision de transmigration des âmes colore cette occulte pensée et souligne la portée considérable de la renaissance d’une âme et de ses changements échelonnés dans cette vie actuelle. A la lumière de cette inflexible loi de vie, la mort est la fin d’une vie et non des vies. La globalisation de la vision de la mort trouve dans les annales des anciens une connotation matérialiste. Pour eux la mort comme donnée subjective, personnelle frappe l’être humain pour rentrer rayonnant dans la vie éternelle. C’est la croyance au monde paradisiaque où la vie continue que la raison apocalyptique de la fin du monde échoue et trouve une explication divine éclairante. Une réalité céleste montrant que la disparition d’être sur terre est un départ millénaire, un appel de l’autre monde, un changement de l’âme individuelle et un voyage de retour de l’esprit à la source de genèse.

Quel enseignement tiré !

Cette fin annoncée fut somme toute un canular monstrueux. Partout dans le monde le commerce à cette machinerie prophétique s’est enclenché et développé. On a philosophé sur la vie, épilogué sur la religion et discuté sur l’art et l’histoire du monde. On a assisté à des processions multiples, à des fuites des peuples vers des contrées lointaines, vers des sites historiques. Et aux constructions des bunkers pour échapper au naufrage collectif. Cette peur de la mort mondiale a suscité la montée du pessimisme ambiant et de la négation à la croyance de la vie actuelle. Une vision est née de cette annonce imminente de la mort mondiale et de disparition de la planète terre. Celle basée sur l’exaltation des mythes fondateurs de la destruction planétaire et de recours aux doctrines sataniques des gourous inventeurs des idéaux suicidaires. C’est cette vague opaque de l’acculturation et d’aveuglement des esprits qu’une partie du monde a été victime dans la croyance à la fin inéluctable du monde.

Au-delà de cette vague qu’aura suscité ce feuilleton médiatique, l’enseignement tiré reste et demeure de garder l’espoir d’une vie calme et sereine en soi. Comme des moutons de panurge, la foule aveuglée ne draine aucune valeur salutaire, aucun sublime moral. Sinon une peur cellulaire qui étouffe l’élan intérieur de l’homme solide et ferme dans ses principes et forces motrices. C’est le rejet de l’amour à la vie présente et de l’adoration à la mort. Que l’homme du monde en crise à épouser dans cette apocalypse monstrueuse. Une prophétie qui aura marqué l’histoire et les esprits par son ampleur mondiale, par ses extrémités atteintes dans la destruction et non la révélation que véhicule le divin message des peuples Mayas. Une évidente ignorance à ce message annonciateur s’est propagée dans le camp des théoriciens de la fin du monde et chez les pessimistes des doctrinaires du jugement dernier.
En tenant en haleine le monde cette prophétie détournée à des fins stériles à uni le monde dans la peur contagieuse. De Bugarach en France à Chichent Itza au Mexique. Ces deux sites phares de cette grande déception mondiale. La désillusion et les espoirs déçus des tenants de l’approche de la fin imminente a montré la puissance de la force de l’esprit éternel qui guide et protège la mère terre. La Gaia dans la paix intérieure et le calme olympien. Dans sa vocation première de donner au peuple du monde l’espoir d’une vie meilleure et le bonheur de continuer de vivre, de savourer l’exubérance de ces biens délectables et le plaisir inextinguible qu’elle procure. Avec cette prophétie des mayas l’ère nouvelle d’une paix mondiale s’annonce l’an prochain sous les auspices d’un monde nouveau et d’un village global meilleur sans l’injonction du capitalisme clivant. Dans l’unité et la fraternité mondiale. Cette symbiose avec la déité et l’harmonie avec le cosmos. C’est la fin de l’ère du verseau et l’amorce de l’ère du gémeau qui se profile à l’horizon dans ce changement de cycle. Sans fin du monde.

Yves Makodia Mantséka
ynkodia.unblog.fr

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