La CPI en Côte d’Ivoire: un coup fatal à la réconciliation

Par Dame Diop- Je dois préciser d’emblée que mon propos est aux antipodes d’un quelconque parti-pris entre les protagonistes du conflit ivoirien, puisque les faits sont parlants : la CPI  est une Institution dévouée à la cause des gendarmes du monde ! Comment concevoir le zèle et l’acharnement d’une telle organisation « secrète » et « mafieuse » contre les ennemis jurés des prédateurs de l’Afrique qui ne cessent de nous diviser pour mieux régner ? En fait, j’ai tenu à faire cette mise au point car j’ai récemment été la cible de violentes attaques de la part d’un « jeune  intellectuel », bardé de diplômes en Lettres et Sciences Po, à cause de la publication d’un article concernant la réélection  de Yaya Jammeh, un dictateur extravagant. En résumé, la CPI a toutes les compétences pour voler au secours de ses alliés qui ont été les premiers à fouler aux pieds le droit, la dignité de l’homme, le respect de la vie et l’intégrité de la personne dans notre pauvre continent, au ban des Nations « civilisées ». N’avait-on pas assisté, bouche bée, aux propos ahurissants d’un ancien président occidental, à la veille du génocide rwandais : « De toute façon, un génocide n’est pas grave dans ces pays ».

Par conséquent, l’intrusion de la CPI en Côte d’Ivoire est la énième forfaiture d’une justice aux mains des plus forts, les pires criminels dans toute l’histoire de l’Humanité. En tout cas, les grandes puissances peuvent compter sur la propagande de leurs médias pour bien masquer leurs forfaitures et crimes contre l’humanité en Afrique, en Afghanistan, en Irak, en Libye, j’en passe et des meilleurs. Mais, grande a été ma surprise face à l’indifférence de l’inutile Union africaine dirigée par des types de mauvaise foi, sans oublier la cécité et le manque de courage d’une partie  de l’Intelligentsia africaine quand il s’agit de fustiger les attaques à répétition contre notre continent entre les serres des néo-colons, de plus en plus insupportables.

Cependant, des « intellectuels » francophiles, opportunistes comme Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, ont osé tourner le dos à leur patrie pour se consacrer aux manigances d’une Métropole qui charrie les étudiants nègres ou maghrébins, pratiquant la politique de la carotte et du bâton. La fameuse circulaire de Claude Guéant en est une preuve irréfutable ! Quant aux petits chefs d’Etat hypocrites et crapuleux qui s’étaient empressés de lâcher des propos lâches et stupides en enfonçant l’un de leurs pairs, alors les bras m’en tombent : « l’arrestation du président Gbagbo par l’armée française est une bonne leçon, car désormais aucun président ne s’avisera  à confisquer des élections en Afrique », affirmait tout de go Sa Majesté Abdoulaye, le doyen des Chefs d’Etat africains.

Une chose est sûre : après la décadence de l’ère des missions civilisatrices à l’égard de nos ancêtres, les « barbares » d’hier, l’on assiste aujourd’hui à l’éclosion de l’ère des soi-disant missions démocratiques, occidentales, visant à sauvegarder des intérêts personnels et stratégiques. D’où le cynisme des exactions perpétrées dans beaucoup de pays africains, où le pouvoir tyrannique et la vengeance  sont monnaie courante ! Le cas de la Côte d’Ivoire est un très bon exemple, en guise d’illustration ! Un président élu, puis déchu, inculpé de crimes contre l’humanité et ensuite déporté à La Haye, grâce à des béni-oui-oui, Alassane Ouattara et Guillaume Soro, impliqués dans des crimes de guerre. Si c’est la fin qui justifie les moyens, où est la logique dans l’attitude de la CPI ?

Peut-il y avoir une Justice dans un Monde silencieux où règne la loi de la Jungle ? C’est pourquoi je suis tombé des nues quand certains médias ont commencé à entonner leur trivial leitmotiv destiné aux vaincus diabolisés et ensevelis: « grandeur et décadence » de l’ancien président ivoirien. J’avoue que son péché mignon a été le fait d’avoir osé dénoncer les turpitudes des redoutables maîtres : « La vérité ne se trouve pas à New-York, à Paris ou à Londres, mais en Côte d’ivoire ». Autre exemple: Charles Taylor a cessé d’avoir la paix, le jour où il lui est venu l’idée de défier les Etats-Unis ! Ne disait-il pas que ce ne sont pas les Etats-Unis qui décident au Libéria, au crépuscule de sa gloire ? Réveillons-nous ! Les droits de l’homme, la justice et la paix n’ont jamais été la moindre préoccupation de ces Grandes puissances qui n’hésitent pas à forcer la main à l’Onu afin de satisfaire leurs caprices.

Enfin, l’Afrique doit-elle toujours adopter profil bas vis-à-vis des décisions de la Cour pénale internationale, à géométrie variable et implacable contre des récalcitrants, avec la complicité de leurs médias ? Le tribunal de La Haye, créé spécialement pour les faibles, vient de s’illustrer à nouveau ce mardi 29 novembre 2011, avec le transfert de Laurent Gbagbo, tout en protégeant les complices d’une sanglante rébellion, Ouattara, Soro et la France de Sarkozy. De fait, l’Afrique n’a jamais été indépendante, au regard des multiples combines adoubées par leurs propres suppôts de présidents, voleurs, éhontés, qui dépouillent impitoyablement leur propre peuple exténué. Ces derniers sont les meilleurs « humanistes » adulés par leurs maîtres de grandes puissances, puisqu’ils  sont loyaux et serviables. Le continent africain a-t-il besoin du tribunal de La Haye pour exiler ses propres enfants vilipendés, culpabilisés et condamnés d’avance sur la base de simples contrevérités, pour ne pas dire jugés de manière inique dans un monde injuste et absurde, avant même leur comparution?

Dame Diop

afriquedemocratie.net


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