La Chronologie des 48 ans de l’orchestre mythique: «Les Bantous de la Capitale» par Clément OSSINONDE

Clément Ossinonde

Clément Ossinonde

Dans cette analyse chronologique des 48 ans du célèbre orchestre congolais les Bantous de la Capitale, l’illustre chroniqueur Clément Ossinonde conte l’histoire de ce groupe né le 15 août 1959. Une datation historique qui marque l’amorce d’un courant musical venu des confluents de deux groupes notoires de l’époque: Les CDJ « Diaboua»(les compagnons de joie) et le NEGRO JAZZ.

C’est dans ce terreau fertile jonché des multiples talents que germinera ce géant arbre africain dénommé les Bantous de la capitale. «Le baobab africain». Cette soudaine naissance du groupe mythique marque le réveil d’un sentiment patriotique des artistes congolais d’alors résidant à Kinshasa et imprime le sceau du retour au bercail de ces enfants prodigues: «Jean Serge ESSOUS, Célestin KOUKA, Daniel LOUBELO, Dieudonné Nino MALAPET».

L’historicité du phénomène

Cette naissance envahissante va bouleverser les normes musicales de l’époque et s’inscrit ainsi dans la pure lignée des chansons, rythmes et sonorités de musique issue du socle traditionnelle congolaise et des autres influences venues d’ailleurs. Mais sous le fond de cette étonnante composite musicale émerge une lueur de changement spontané. Une forme de révolution musicale s’amorce avec ces pionniers d’une danse atypique «rumba». Que ces virtuoses nés vont populariser et vulgariser à l’échelle mondiale. Appelés les «rois de la rumba Africaine», ils deviennent les incontournables fieffés de cette dominante danse en pinacle de la réussite. Une consécration pour ce jeune groupe issu des entrailles africaines ancestrales pour montrer à la face du monde une nouvelle façon de jouer, de chanter, de danser la musicale locale imbibée de modernité.

Avec eux, une genèse de la musique congolaise s’ouvre dans les sillons anciens et se développe dans d’autres champs musicaux au fil de l’âge et du temps. Un renouvellement, une perpétuation et une continuité s’impriment avec cet orchestre. Qui à l’image de l’arbre renaissant «Mbadiatséké» garde toujours cette sève originelle. Malgré des pertes inexorables des feuilles et des branches symbolisées par la disparition des caciques ou monstres sacrés d’hier. Ces ramifications enfouies continuent de féconder de nouveaux artistes pour parfaire le chemin des anciens et faire de la Bantous les «Bakolo Mboka », ce rayonnant orchestre, ce patrimoine au piédestal fascinant. C’est ce parcours historique que l’auteur nous présente dans cet ouvrage spécifique. A ce propos, il souligne: « la chronologie des quarante huit ans d’existence de l’orchestre les Bantous de la capitale retrace essentiellement son parcours à travers les événements qui au fil des années ont marqué son histoire »(page.12).Une épopée, une péripétie des Bantous est relatée par l’excellent Clément Ossinonde dans cet ouvrage où il présente une peinture musicale datant de 1959 à 2007. Il décrit soigneusement la vie des artistes, leur disparition et leur labeur commun. Un cocktail romanesque et scintillant album familial que l’auteur nous ouvre en montrant l’origine de courant musical excentrique jusqu’à la voix qui se tue d’Antonio BRAZ MAOUENE. En passant par l’année brillante de 1996 et celle phare de 2007 marquant le retour triomphal des Bantous sur la scène européenne: « festival musiques métisses d’ANGOULEME, Festival jazz sous les pommiers Coutances (MANCHE), Au centre des cultures du monde ZUIDERPERSHUIS à ANVERS, Au festival music meeting 2007 de NIJMEGEN».

Un développement captivant d’un connaisseur attitré. Celui qui à longtemps piloter ce mouvement et donner une impulsion remarquable à la tête du directoire. En qualité de secrétaire général. Un témoin oculaire qui brosse un portail attrayant et saisissant de cette équipe ingénieuse qu’il connait fort bien. L’auteur, hier encore, fidèle compagnon du groupe, est devenu le continuateur de l’œuvre immense par la promotion et la sauvegarde de l’identité musicale notoire. Par le biais de la plume avec laquelle, il expose le présent, le passé et le futur du courant musical impétueux. Une mémoire vivante de l’histoire de ce mouvement en rupture qui a littéralement changé le cours vivant et ressuscitant de la musique africaine ces 48 dernières années.

En somme, c’est une forme de voyage musical dans le temps que ce chroniqueur émérite nous invite dans ce livre illustré, bien fourni et fort élaboré. Aux yeux des mélomanes, d’hier et d’aujourd’hui, l’ouvrage est né pour remémorer le passé lointain de cet orchestre. Qui a marqué et marquera encore les pages mirifiques de l’histoire de la musique congolaise et africaine.

Un exemple pour la jeunesse

Toujours au sommet de la pyramide musicale africaine, ce groupe constitue par son tracé reluisant et un curriculum attrayant une source d’inspiration féconde pour les jeunes en quête de renommée. Gardien du temple de la musique et des arcanes des rythmes ancestraux et mélodies traditionnelles, les Bantous restent le mythique groupe habité par une aura mondiale. Un tabernacle étincelant d’une musique dont la génération actuelle a perdu le sens, le devoir… et l’onde de créativité et d’inventivité. Ou comme le souligne à juste titre l’auteur: ils sont «aujourd’hui seul dépositaire d’une musique dont la génération actuelle a perdu la clef» (page.149).

A la lumière de ses prouesses et succès éclatants, le groupe porte un message imprégné de valeurs. Comme il l’étaye allégrement:« les Bantous de la capitale continuent à faire preuve d’une belle sagesse et d’une sûreté parfaite » (page.149) .Ces qualités intrinsèques forgeant leur marque et cimentant leur réussite totale et exemplaire. Une exemplarité qui coule de source et montre la singulière carrière si longue et bien riche de cette équipe historique. Oui il a su se renouveler et se développer au fil des ans malgré les multiples rebuffades et anicroches de chemin. Avec les départs des anciens les jeunes ont intégré le groupe et su tenir la bride haute en continuant à égayer et faire danser les fans avec leur éternel secret de la rumba nationale.

Les Bantous de la capitale regorgent une pléiade des vedettes et des talents immenses sur lesquels reposent le travail, le sérieux et l’expérience. Ces composants que les experts soulignent par l’importance et la qualité indéniable des valeurs héritées des us et coutumes ancestrales. Que l’héroïque mouvement ne cesse de garder et préserver pour le prestige, la gloire et la grandeur de la culture congolaise. Ce faisant, ils sont les héritiers de l’écho du verbe des aïeux. Encore que, les pères fondateurs vantant cette musicalité antérieure enfouie dans l’âme séculaire des ancêtres qui peignaient cet art impérissable: la tradition musicale orale. C’est ce miroir de l’histoire que ce groupe devenu légendaire s’identifie tout en restant dans l’ère du temps. Une symbiose édifiante que ces irréductibles artistes congolais exaltent pour demeurer les fervents bâtisseurs d’une musique qui traverse les âges et les frontières. Un vecteur de construction de l’unité, de la solidarité et de fraternité entre les peuples. Que ces ardents dispensateurs ou messagers du verbe africain ne cessent de déployer pour rester fidèle aux principes sous-tendant leur profession, gouvernant leur destin commun et sublimant leur idéal inchangé. Ces piliers symbolisés par le rosier brillant d’une musique qui s’écoute et se danse. Au bénéfice du repos réparateur de l’âme et de l’esprit.

Sur ce, il me reste à conclure ensemble avec le préfacier François BENSIGNOR:« tous ceux qui souhaiteront se pencher sur l’histoire de la musique congolaise auront dorénavant cet ouvrage pour guide»(page.9).

Yves Makodia Mantseka

http://ynkodia.unblog.fr/

Nota: Pour compléter son œuvre manifeste Clément Ossinonde à publier sur net les événements de deux années suivantes: 2008-2009. Histoire de parachever le travail accompli par les Bantous de la Capitale et de commémorer ainsi les 50 ans de leur existence fabuleuse, historique et phénoménale. A ce propos, il relate le début des festivités en 2008 notamment au Bar dancing la Détente à Bacongo jusqu’à l’arrivée triomphale en terre française où ils excellent au rendez de World music à Marseille en 2009, à l’OLYMPIA la même année avant de boucler la boucle en région parisienne au cœur de Cergy Pontoise au hall St Martin. En somme, le doyen clément Ossinonde écrit en substance »: « En effet, Les Bantous de la capitale ont démontré au grand public amateur, de la Word Music, de purs moments de la Rumba-Soukous, de l’Afro beat et de la Salsa. Dans une salle prête à craquer, ils ont utilisé tous les rouages rythmiques, en mettant en scène un répertoire qui a su synthétiser une approche variée et sensible pour le large public du « Dock des Suds » qui les a porté en triomphe ».

Un ouvrage édité par Cyriaque Bassoka Editions -www.bossoka.fr

Clément OSSINONDE

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